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19 cas de chikungunya dans le Lot, 2 près de Dijon : les gestes qui privent le moustique-tigre d'eau chez vous

19 cas autochtones de chikungunya dans le Lot, 2 cas importés près de Dijon : les gestes pour priver le moustique-tigre d'eau stagnante chez vous.

Par la rédaction du Guide des nuisibles · publié le

Un adulte, cadré aux mains, vide une coupelle d'eau stagnante sous un pot sur une terrasse en pierre

Chez vous, une simple coupelle remplie d'eau peut devenir un lieu de ponte pour le moustique-tigre. Dans le Lot, 19 personnes ont attrapé le chikungunya sans avoir voyagé. Près de Dijon, 2 cas venus du sud ont déclenché une démoustication. Vider ces eaux stagnantes chez vous reste le geste qui compte.

En bref

  • Le Lot compte 19 cas autochtones de chikungunya confirmés à Prayssac et alentour, chez des personnes qui n'avaient pas voyagé.
  • Près de Dijon, deux cas importés du sud ont entraîné une démoustication à Longvic et Perrigny-lès-Dijon.
  • La pulvérisation ne suffit pas : supprimer les petites réserves d'eau stagnante limite le nombre de moustiques adultes.

Le chiffre clé : 19, cas autochtones de chikungunya confirmés à Prayssac et alentour, dans le Lot.

Le Lot compte 19 cas autochtones de chikungunya, sans voyage à l'origine

Depuis début septembre, Prayssac et ses environs, dans la basse vallée du Lot, vivent un épisode inédit : 19 cas de chikungunya confirmés. Tous sont autochtones. Autrement dit, les malades n'avaient pas voyagé dans une zone où le virus circule. Un premier foyer local s'est donc formé.

Comment le virus est-il arrivé là ? L'ARS privilégie une piste : une personne infectée lors d'un séjour dans une région touchée, revenue dans le Lot, puis piquée par un moustique-tigre du coin, qui aurait ensuite transmis le virus à d'autres. Ce premier malade n'a pas été identifié. L'agence ne fait pas de sa recherche une priorité : l'urgence est de casser la chaîne de transmission.

La maladie se traduit par une forte fièvre, des maux de tête et surtout des douleurs articulaires importantes. Certains patients sont très touchés, d'autres beaucoup moins. Selon l'ARS, aucune situation préoccupante n'est signalée et la plupart des malades sont rétablis ou en passe de l'être, même si certains ont dû être hospitalisés.

Près de Dijon, deux cas importés du sud déclenchent une démoustication

Le 29 septembre 2026, l'ARS Bourgogne-Franche-Comté a confirmé deux cas de chikungunya dans la métropole dijonnaise, importés du sud de la France. Les secteurs de Longvic et de Perrigny-lès-Dijon, en Côte-d'Or, sont traités pour éliminer les moustiques qui auraient pu piquer les malades.

L'insecte n'a rien d'un inconnu dans la région. Il est aujourd'hui implanté dans les quatre départements bourguignons :

DépartementMoustique-tigre implanté
Saône-et-Loiredepuis 2014
Côte-d'Ordepuis 2018
Nièvredepuis 2018
Yonnedepuis 2023

À Longvic, l'opération a eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi, dans un rayon de 150 mètres autour du stade Bourillot, a annoncé la maire Céline Tonot. À Perrigny-lès-Dijon, elle doit suivre cette semaine, si la météo le permet. Ce n'est pas une première en Côte-d'Or : des épandages avaient déjà visé des secteurs de Dijon en août 2025, après la confirmation d'un cas autochtone.

L'Hexagone n'est pas pour autant en situation épidémique, à la différence de la Réunion en ce moment.

Les pulvérisations se multiplient dans le Lot, mais elles ne suffisent pas

Dans le Lot, l'ARS a fait pulvériser à plusieurs reprises, avec l'aide d'un prestataire spécialisé. Voici le calendrier des opérations :

CommuneDates
Prayssac23 et 30 août, autour du premier cas confirmé
Prayssac17 et 22 septembre, dans une zone élargie
Pomarède21 septembre
Albas24 septembre

Une nouvelle opération est prévue à Prayssac pour tenir compte de nouveaux signalements. Les habitants sont prévenus avant les pulvérisations et peuvent être sollicités en porte-à-porte. Côté mairie, c'est une situation subie : l'ARS décide et coordonne, et la commune « est mise devant les faits », dit Gilles Bousquet, conseiller municipal et référent moustique-tigre.

Reste que la pulvérisation est une réponse ponctuelle. Elle n'empêche pas le moustique de se développer. L'adjointe au maire, Josy Laur, rappelle où il se reproduit :

« La fameuse petite coupelle avec de l'eau qui s'est accumulée »

Josy Laur, adjointe au maire de Prayssac, citée par La Dépêche

Le moustique-tigre pond dans de petites quantités d'eau : c'est à vous de les supprimer

C'est là que se joue la prévention. Le moustique-tigre pond dans de petites quantités d'eau stagnante. Retirer ces gîtes larvaires réduit le nombre de moustiques adultes susceptibles de transmettre ensuite le virus. Faites le tour de vos extérieurs et repérez :

  • les coupelles où l'eau s'accumule ;
  • la piscine gonflable laissée avec de l'eau stagnante ;
  • le récupérateur d'eau ;
  • tout autre récipient exposé aux intempéries.

Pour savoir à qui vous avez affaire : le moustique-tigre mesure moins d'un centimètre d'envergure. Il est noir avec des taches blanches sur le corps et les pattes, et porte une ligne blanche sur le thorax. Il pique en journée, et sa piqûre peut être douloureuse.

L'enjeu dépasse cet automne. Gilles Bousquet redoute un retour du moustique en nombre dès le printemps si la météo s'y prête, et souhaite une campagne anti-moustique lancée le plus tôt possible. L'ARS estime que ce type d'épisode pourrait se reproduire dans les prochaines années, en raison de l'implantation durable du moustique-tigre et de la circulation croissante de ces virus.

Quand votre quartier est traité, huit précautions à appliquer

En Côte-d'Or, les traitements sont réalisés par l'EIRAD, missionnée par l'ARS. Le jour de l'opération, voici ce qu'il faut faire :

  • Restez à l'intérieur de votre logement ou de votre véhicule pendant l'opération et jusqu'à une demi-heure après le passage du véhicule de traitement.
  • Fermez les fenêtres.
  • Mettez vos animaux à l'abri.
  • Ne laissez pas de linge sécher dehors.
  • Rentrez les jouets des enfants, qui portent volontiers les objets à la bouche.
  • Rincez le mobilier de jardin à l'eau.
  • Ne mangez pas les fruits et légumes du jardin dans les 2 jours qui suivent, et rincez-les avant de les consommer.
  • En cas de brûlure, toux, vertige, maux de tête ou nausées, appelez votre médecin traitant.

Ces précautions restent valables même si les doses employées sont plus faibles que pour les traitements des cultures.

Vos questions

Le chikungunya est-il grave ?

La maladie provoque une fièvre brutale, des maux de tête et des douleurs articulaires parfois intenses, surtout aux poignets, chevilles et phalanges. L'évolution est souvent favorable, sans séquelle, mais elle peut passer à une phase chronique avec des douleurs persistantes. Elle est rarement mortelle, et il n'existe ni traitement antiviral ni vaccin : seuls les symptômes sont soignés.

Quel moustique transmet le chikungunya ?

C'est le moustique-tigre, Aedes albopictus, qui transmet le virus par sa piqûre. Il est aussi vecteur des virus de la dengue, de la fièvre jaune et du Zika.

Peut-on manger les légumes du jardin après une démoustication ?

Attendez 2 jours après le traitement, puis rincez fruits et légumes à l'eau avant de les consommer. En cas de brûlure, toux, vertige, maux de tête ou nausées, contactez votre médecin traitant.

Sources : La Dépêche, france3-regions.francetvinfo.fr.

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