Araignées
En France, les araignées trouvées dans les maisons appartiennent le plus souvent à quelques espèces cosmopolites bien connues : tégénaire domestique, pholque, théridion domestique et, plus rarement, recluse méditerranéenne. On en parle surtout parce que leur présence inquiète disproportionnellement au regard du risque réel, hormis la vigilance particulière que mérite la recluse.
Les repères biologiques ·
Ce qui compte avant tout : la plupart des araignées croisées dans une maison sont inoffensives, et seule une identification précise permet d'écarter un doute sur une recluse.
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Avant d'appeler quelqu'un
Ce qui dépend de vousCe qui est utile
- Aspirez régulièrement les toiles dans les angles de pièces, caves et zones de stockage peu fréquentées.
- Supprimez le désordre au sol et surélevez les cartons de stockage pour limiter les caches disponibles.
- Portez des gants avant de déplacer des cartons stockés depuis longtemps dans une cave ou un garage.
- Capturez et conservez l'araignée responsable d'une morsure pour permettre son identification par un professionnel.
- Lavez toute morsure et appliquez du froid pour réduire le gonflement, puis consultez en cas de réaction inhabituelle.
Ce qui aggrave
- Ne traitez pas systématiquement à l'insecticide : le ménage régulier est aussi efficace et bien moins toxique.
- Ne diagnostiquez pas une morsure de recluse sur la seule apparence d'une plaie cutanée.
- Ne grattez pas une piqûre : le grattage ouvre la peau et favorise une infection bactérienne.
- Ne jetez pas l'araignée après une morsure suspecte, elle facilite l'identification de l'espèce en cause.
En détail
AraignéesComment le reconnaître
La tégénaire domestique tisse une toile en nappe prolongée par un entonnoir, avec sa retraite placée à l'intérieur même de la nappe et non sur le côté comme chez les tégénaires des herbes. Elle fuit très rapidement dès qu'on l'approche.
Le pholque se distingue par des pattes très longues et fines et une toile irrégulière, sans structure géométrique, tendue dans un angle de cave ou de plafond. La femelle porte souvent un paquet de soie contenant ses œufs dans ses chélicères.
Le théridion domestique mesure de 3,8 à 6 mm selon le sexe. Son céphalothorax est brun jaunâtre, son abdomen blanc sale à brun porte des chevrons gris et parfois une tache noire triangulaire, et ses pattes jaunes présentent des anneaux plus sombres au bout de chaque segment. Ses cocons bruns et ovoïdes, à enveloppe coriace, mesurent 6 à 9 mm de diamètre.
La recluse méditerranéenne se reconnaît d'abord au nombre de ses yeux : six, disposés en trois paires, alors que la plupart des araignées domestiques en ont huit. Une marque en forme de violon sur le céphalothorax est parfois citée, mais ce critère n'a pas été vérifié spécifiquement pour cette espèce sur une source française et doit être pris avec prudence.
Où et quand on les trouve
- Tégénaire domestique : remises, granges, encadrements et fissures de porte, sous les pierres et les planches, présente toute l'année dans les bâtiments et surtout visible avec les mâles entre mai et juillet.
- Pholque : caves, vides sanitaires, angles de plafond, locaux sombres peu dérangés, avec un pic de reproduction entre juin et septembre.
- Théridion domestique : angles de murs et de fenêtres, solives de plancher, granges, caves, vides sanitaires, sous une pierre ou une planche à l'extérieur, rencontré à n'importe quel moment de l'année, sans saisonnalité marquée.
- Recluse méditerranéenne : fissures de mur, derrière et sous les objets stockés, sous les pierres et l'écorce d'arbres morts, dans des endroits frais et humides, accouplement en juin ou juillet.
Penn State Extension précise à propos de la recluse méditerranéenne qu'elle est établie depuis longtemps dans certains bâtiments sans qu'aucune morsure n'y ait jamais été recensée, malgré sa présence continue.
Ce qui aggrave une infestation
Le désordre entretient les araignées bien plus que leur simple présence dans une maison. UC IPM rappelle qu'une toile couverte de poussière est une toile abandonnée, alors qu'une toile occupée reste entretenue par l'araignée : le passage régulier de l'aspirateur sur les fenêtres, les angles de pièces et les zones de stockage reste, selon cette même source, aussi efficace que l'écrasement et bien moins toxique qu'une pulvérisation.
Traiter systématiquement à l'insecticide sans reprendre le ménage ne produit qu'un contrôle temporaire, d'après UC IPM. À l'inverse, supprimer les caches (cartons au sol, désordre le long des fondations) est présenté par cette source comme l'action prioritaire.
Sur la recluse, l'erreur la plus fréquente consiste à diagnostiquer une morsure sur la seule apparence d'une plaie. Penn State Extension souligne que plusieurs études montrent une nette surestimation de ces morsures, la majorité des cas suspectés correspondant en réalité à une dermite de contact, une brûlure chimique ou un ulcère diabétique. Gratter une piqûre aggrave la confusion en ouvrant la peau à une infection bactérienne que l'on prend parfois, à tort, pour une morsure d'araignée.
Conserver l'animal responsable d'une morsure suspecte, plutôt que de le jeter, reste le moyen le plus fiable d'obtenir une identification correcte, particulièrement utile quand une recluse est suspectée.
Les espèces du groupe
- Tegenaire domestique (araignee des maisons) (Tegenaria domestica)
- Recluse mediterraneenne (araignee violon brune) (Loxosceles rufescens)
- Pholque (araignee des caves) (Pholcus phalangioides) : 6 à 8 mm
- Theridion domestique (araignee commune des maisons) (Parasteatoda tepidariorum) : 3,8 à 6 mm
