Pigeons et oiseaux
Sous ce terme se regroupent quatre espèces qui colonisent les bâtiments et leurs abords : le pigeon biset, le pigeon ramier, l'étourneau sansonnet et le goéland leucophée. On en parle car leurs fientes concentrent un risque sanitaire documenté (l'ornithose-psittacose) et leurs nids obstruent corniches, toitures et gouttières.
Les repères biologiques · 11 septembre 2026
Avant de traiter, il faut savoir quelle espèce est en cause, car son statut réglementaire et ses habitudes de nidification changent radicalement la méthode à employer.
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Avant d'appeler quelqu'un
Ce qui dépend de vousCe qui est utile
- Faites identifier l'espèce en cause avant toute intervention, car son statut et ses habitudes diffèrent nettement.
- Portez un masque et des gants avant tout nettoyage de fientes séchées, même en petite quantité.
- Faites poser des filets ou des pics sur l'ensemble d'un bâtiment plutôt que sur une seule façade.
- Signalez rapidement un nid dans une cavité, une corniche ou une planche de rive trouée à un professionnel.
- Renseignez-vous sur le pigeonnier contraceptif comme solution durable avant d'envisager une méthode létale.
Ce qui aggrave
- Ne nettoyez jamais des fientes sèches sans protection respiratoire, à cause du risque d'inhalation de poussières infectantes.
- Ne nourrissez pas les pigeons en ville, ce qui ne fait que concentrer et entretenir les populations.
- N'installez pas de filets ou de pics sur un seul bâtiment isolé sans traiter les façades voisines.
- Ne confondez pas pigeon biset et pigeon ramier avant de choisir une méthode, leurs sites de nidification diffèrent totalement.
En détail
Pigeons et oiseauxComment le reconnaître
Quatre profils bien distincts se cachent derrière ce terme générique. Le pigeon biset (Columba livia) mesure de 31 à 34 cm pour 300 à 354 g et se pose presque toujours au sol ou sur une saillie, jamais dans le feuillage. Le pigeon ramier (Columba palumbus) est nettement plus imposant, 41 à 45 cm pour 450 à 520 g, envergure de 75 à 80 cm, et il niche dans les arbres sur un nid plat de brindilles de 17 à 23 cm de diamètre.
L'étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) est plus petit, 21 cm pour 78 à 96 g. Après la mue de fin d'été, son plumage noir se couvre de pointes pâles qui donnent un aspect moucheté, avant que l'usure des plumes ne le fasse redevenir noir brillant à reflets verts ou violacés en hiver. Le goéland leucophée (Larus michahellis) est le plus grand du groupe, 58 à 68 cm pour 1,1 à 1,25 kg, avec une envergure de 130 à 158 cm.
Signe commun le plus fiable : une accumulation de fientes sous les corniches et les rebords, qui accompagne presque toujours une nidification en cours à proximité.
Où et quand on le trouve
Le pigeon biset occupe les corniches, trous de façade, toits, terrasses, combles et bâtiments en ruine ou abandonnés, aussi bien que les falaises et les ponts. Sa reproduction s'étend de février ou mars jusqu'en octobre, avec généralement trois couvées dans la saison et une ponte habituelle de 2 œufs. Le pigeon ramier préfère les arbres, le lierre le long d'un tronc, les jardins arborés et les parcs urbains : nicher sur un balcon ou un rebord de fenêtre reste un phénomène récent mais en développement. Sa saison de reproduction va de fin février à début septembre, avec une deuxième ponte fréquente et une troisième possible.
L'étourneau sansonnet occupe les cavités de murs ou de toitures délabrés, les avant-toits, les planches de rive trouées, et même l'arrière des lampadaires modernes. Il forme des dortoirs communautaires pratiquement toute l'année. Le goéland leucophée, de plus en plus présent sur les toits en milieu urbain, se reproduit de mi-mars à juillet, en couvée unique, avec une incubation de 26 à 30 jours et un envol des jeunes entre 42 et 49 jours.
Ce qui aggrave une infestation
Nourrir les pigeons en ville entretient artificiellement des concentrations d'oiseaux, alors que le biset se nourrit naturellement au sol de graines et d'invertébrés, souvent dans les champs alentour. Laisser les fientes s'accumuler et sécher avant de les nettoyer expose à un risque réel : l'INRS rappelle, dans sa fiche Ornithose-psittacose, que la contamination par Chlamydia psittaci se fait le plus souvent par inhalation de poussières infectantes mises en suspension lors du nettoyage. Cette maladie se traduit par un syndrome pseudo-grippal avec une fièvre de 39 à 40 degrés, une incubation de 5 à 19 jours, et une radiographie pulmonaire anormale dans 75 pour cent des cas. Sa létalité descend sous 1 pour cent avec un traitement par cyclines de 14 jours, contre 10 à 20 pour cent en l'absence de traitement.
Pour le pigeon biset comme pour l'étourneau, une seule cavité de bâtiment occupée attire rapidement les congénères, l'étourneau se reproduisant de façon quasi coloniale dans les secteurs favorables. Côté méthodes, l'enquête de PAZ menée en 2022 auprès des 89 communes ayant répondu montre que 44 recourent à la capture puis au gazage ou à des campagnes de tir, contre seulement 5 à l'effarouchement, ces choix n'empêchant pas certaines villes d'installer en parallèle un pigeonnier contraceptif. Les filets et les pics posés sur une seule façade ne font, eux, que déplacer le problème vers les bâtiments voisins s'ils ne sont pas généralisés au quartier.
Les espèces du groupe
- Pigeon biset (Columba livia) : 310 à 340 mm
- Pigeon ramier (Columba palumbus) : 410 à 450 mm
- Etourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) : 210 mm
- Goeland leucophee (Larus michahellis) : 580 à 680 mm
