Chenilles processionnaires
Les chenilles processionnaires du pin et du chêne sont deux espèces de lépidoptères dont les poils urticants provoquent des réactions cutanées, oculaires, respiratoires ou digestives chez l'homme et les animaux domestiques. Classées nuisibles à la santé humaine depuis avril 2022, elles ont généré 1 274 cas symptomatiques recensés par les centres antipoison entre 2012 et 2019, dont l'Anses détaille les circonstances d'exposition.
Les repères biologiques ·
Une exposition n'exige pas d'avoir vu ou touché une chenille : les poils urticants voyagent dans l'air, se déposent sur le linge et provoquent les mêmes symptômes à distance.
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Avant d'appeler quelqu'un
Ce qui dépend de vousCe qui est utile
- Faites intervenir des professionnels équipés pour retirer un nid, sans jamais le toucher vous-même.
- Douchez-vous et changez de vêtements rapidement après un contact suspecté, sans frotter les lésions.
- Rentrez le linge séché dehors dès qu'une infestation est signalée dans le quartier.
- Lavez soigneusement les fruits et légumes du jardin en zone infestée avant de les consommer.
- Installez des nichoirs à mésanges ou des perchoirs pour favoriser les prédateurs naturels des chenilles.
Ce qui aggrave
- Ne décrochez ni ne brûlez jamais un nid vous-même, même s'il paraît vide.
- N'attendez pas d'avoir vu une chenille pour agir : la moitié des personnes exposées n'en avaient vu aucune.
- Ne tondez pas sous des arbres infestés sans précaution, la tonte remet les poils en suspension.
- Ne laissez pas sécher le linge dehors pendant les périodes de descente ou de procession.
En détail
Chenilles processionnairesComment le reconnaître
Les deux espèces se ressemblent et sont difficiles à différencier en dehors de leur habitat, selon l'Anses. Le critère pratique reste l'essence de l'arbre porteur : pins et cèdres pour la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa), chênes pour la processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea). La couleur diffère aussi : brun orange chez la chenille du pin, gris argenté chez celle du chêne. Les deux atteignent une longueur d'environ 4 cm en fin de croissance.
Le signe le plus visible reste le nid : un amas de soie tissé dans le houppier des pins ou des cèdres pendant l'hiver pour la première espèce, plaqué sur le tronc ou une branche maîtresse du chêne du printemps à l'été pour la seconde. Un nid abandonné reste dangereux, car il concentre des poils urticants que le vent disperse.
La procession qui donne son nom au groupe se manifeste par un cordon de chenilles se déplaçant en file indienne, pouvant compter jusqu'à 300 individus chez la processionnaire du pin lors de la descente du tronc. La processionnaire du chêne, elle, suit un fil de soie tendu depuis le nid. Des démangeaisons ou une urticaire inexpliquées chez les occupants ou les animaux, sans qu'aucune chenille n'ait été vue, sont aussi un signe : dans un cas sur deux, les personnes exposées n'avaient pas vu de chenille.
Où et quand on le trouve
Les deux espèces sont présentes sur toute la France métropolitaine, aucun département n'étant épargné. La processionnaire du pin colonise pins sylvestres, pins noirs et cèdres de l'Atlas, dans les forêts de résineux comme dans les jardins et parcs plantés de pins ; elle a étendu son aire vers le nord-est depuis les années soixante puis vers l'Île-de-France depuis 2010, avec les taux d'incidence les plus élevés dans le sud et l'ouest. La processionnaire du chêne s'installe sur les chênes sessiles et pédonculés, en forêt comme en alignement ou en ornement, avec des pullulations périodiques dans le nord-ouest, en Île-de-France et dans l'est, et une incidence plus marquée dans la moitié nord et les Alpes du sud.
Les périodes à risque diffèrent nettement. Pour la processionnaire du pin, les expositions symptomatiques recensées par les centres antipoison se concentrent de janvier à avril (85 % des dossiers), avec un pic en mars, au moment de la descente du tronc et de l'enfouissement dans le sol. Pour la processionnaire du chêne, elles se concentrent d'avril à juillet (90,7 % des dossiers), avec un pic en juin, pendant les sorties nocturnes en procession.
Ce qui aggrave une infestation
Toucher, décrocher ou brûler un nid soi-même libère massivement les poils urticants ; l'Anses recommande de faire appel à des professionnels équipés. Un nid vide n'est pas inoffensif : il concentre encore des poils que le vent disperse sur les alentours.
La tonte sous ou à proximité d'arbres infestés remet en suspension les poils déposés au sol, et le linge séché dehors en période à risque récupère les mêmes poils portés par l'air, avec les mêmes symptômes qu'un contact direct. Frotter une lésion après un contact aggrave également la réaction, alors que l'Anses recommande une douche, un rinçage et un changement de vêtements.
Selon l'Anses, aucune méthode de lutte (éco-piégeage, piège à phéromones, pulvérisation de Bacillus thuringiensis ou destruction des nids) n'est unique ni définitive, et l'éradication est impossible. Combiner plusieurs méthodes et intervenir tôt dans la saison limite l'ampleur de la procession suivante, sans jamais la supprimer.
Les espèces du groupe
- Chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) : jusqu'à 40 mm
- Chenille processionnaire du chene (Thaumetopoea processionea) : jusqu'à 40 mm
