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Ne pas confondre la blatte américaine avec une autre espèce

Vous saurez repérer en un coup d'œil les trois espèces les plus souvent confondues avec la blatte américaine. Vous saurez aussi ce que change une mauvaise identification sur le traitement à mettre en place.

34 à 40 mmTaille adulte
Bordure jauneCouleur pronotum
25 à 30 mmTaille orientale
Vol planéVol adulte

Vous venez de voir une grosse blatte rousse traverser la cuisine ou surgir d'une bouche d'égout et vous cherchez à savoir si c'est bien une blatte américaine. La confusion est fréquente avec d'autres espèces qui partagent la même couleur générale ou une taille voisine.

Le problème n'est pas seulement esthétique. Le traitement, les zones à cibler et le comportement de l'insecte changent selon l'espèce réelle. Une blatte orientale ne fréquente pas exactement les mêmes points d'eau qu'une blatte américaine, et une blatte fuligineuse installée sur un arbre du jardin ne répond pas au même protocole qu'une infestation intérieure.

Avant de traiter quoi que ce soit, il faut donc regarder l'insecte de près, ou une photo nette, et vérifier trois critères simples : la couleur exacte, la taille et les marques sur le pronotum et les élytres.

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Les critères qui tranchent, un par un

Blatte américaine

La blatte américaine se reconnaît d'abord à sa taille : entre 34 et 40 millimètres à l'âge adulte, une couleur roux acajou brillant, et un pronotum bordé de jaune pâle. L'adulte est ailé et capable d'un vol plané, contrairement à ce qu'on imagine souvent pour une blatte. Ces quatre points de repère suffisent à écarter les principales confusions rencontrées en France : la blatte orientale, la blatte fuligineuse et la blatte australienne partagent chacune une partie de ces traits, mais jamais l'ensemble.

Blatte orientale (Blatta orientalis)

C'est la confusion la plus fréquente parce que les deux espèces vivent dans les mêmes milieux humides, caves, sous-sols, canalisations. Le critère qui tranche est double. D'abord la couleur : la blatte orientale est noire uniforme, sans la bordure jaune pâle qui caractérise le pronotum de l'américaine. Ensuite la taille : la blatte orientale mesure de 25 à 30 millimètres, nettement moins que les 34 à 40 millimètres de l'américaine. Il suffit de regarder le pronotum à la lumière : une bande jaune nette signe l'américaine, une teinte noire mate sans reflet signe l'orientale. Se tromper entre les deux ne change pas radicalement le principe du traitement, les deux espèces recherchant l'humidité et les points d'eau, mais cela change les zones à prioriser dans la recherche des nids et des pontes. Dans les deux cas, l'humidité reste le facteur commun à traiter, mais l'espèce présente oriente la recherche vers les points d'eau les plus probables du logement.

Blatte fuligineuse (Periplaneta fuliginosa)

Cette espèce appartient au même genre que la blatte américaine, Periplaneta, et partage une taille voisine, de 25 à 38 millimètres. La confusion vient de là. Le critère qui tranche est la teinte : la fuligineuse affiche un brun sombre acajou uniforme, sans la bordure jaune claire visible sur le pronotum de l'américaine. Le deuxième repère est le lieu de la découverte. La blatte fuligineuse est associée aux arbres, aux souches et aux pots de fleurs, un milieu extérieur, alors que la blatte américaine s'installe plutôt dans les réseaux d'eaux usées, les caves et les sous-sols chauffés. Confondre les deux conduit à traiter l'intérieur d'un logement alors que le foyer réel de l'infestation se trouve dans le jardin, ou inversement, ce qui rend l'intervention inefficace.

Blatte australienne (Periplaneta australasiae)

Là encore, même genre, même allure générale, mais un détail visuel tranche sans ambiguïté : une bande jaune vif court sur le bord antérieur de chaque élytre chez la blatte australienne, une marque totalement absente chez la blatte américaine. Cette espèce est signalée par l'Organisation mondiale de la santé comme localement problématique en conditions tropicales ou sous serre, un contexte différent de celui de la blatte américaine qui colonise plutôt les réseaux d'assainissement et les bâtiments chauffés en climat tempéré. Un site chauffé et humide toute l'année, comme une jardinerie ou une serre commerciale, augmente la probabilité de croiser cette espèce plutôt que la blatte américaine classique des réseaux urbains. Une confusion ici oriente à tort la recherche vers des locaux chauds et humides type serre ou jardinerie, alors que la blatte américaine, elle, remonte le plus souvent par les canalisations et les regards d'égout.

Dans les trois cas, le réflexe est le même : ne pas se fier à l'impression générale de grosse blatte rousse mais regarder précisément le pronotum et les élytres, et mesurer si possible l'insecte. Une photo nette prise de dessus, avec un objet pour l'échelle, permet de trancher sans avoir à manipuler l'insecte. Le bon diagnostic conditionne le choix des zones à traiter et la méthode retenue, intérieure ou extérieure, canalisations ou espaces verts.

Efficace, inutile

Départage

Ce qui marche

  • Vérifier la taille exacte de l'insecte : 34 à 40 mm signent la blatte américaine, 25 à 30 mm la blatte orientale.
  • Observer le pronotum à la lumière : une bordure jaune pâle nette indique l'américaine, une teinte noire uniforme l'orientale.
  • Regarder les élytres : une bande jaune vif sur le bord antérieur signale une blatte australienne, jamais présente chez l'américaine.
  • Repérer le lieu de la découverte : un environnement extérieur avec arbres, souches ou pots de fleurs oriente vers la blatte fuligineuse.
  • Vérifier la présence d'ailes complètes et la capacité de vol plané, propres à l'adulte de la blatte américaine.
  • Comparer la teinte générale : brun sombre acajou uniforme pour la fuligineuse, roux acajou brillant pour l'américaine.

Ce qui ne marche pas

  • Se fier à la seule impression de grosse blatte rousse sans vérifier le pronotum.
  • Confondre orientale et américaine sur la seule couleur générale sans mesurer la taille.
  • Traiter un foyer extérieur sur un arbre ou une souche comme une infestation domestique de blatte américaine.
  • Ignorer la bande jaune vif des élytres, seul critère fiable pour écarter la blatte australienne.
  • Se baser sur une seule blatte aperçue de loin pour engager un traitement complet.
  • Négliger la capacité de vol plané de l'adulte, qui distingue l'américaine de plusieurs espèces voisines.

Sources. Public Health Significance of Urban Pests (Bonnefoy X., Kampen H., Sweeney K.), Organisation mondiale de la santé, Bureau régional de l'Europe, 2008, ISBN 978-92-890-7188-8, tableau 2.1 « Life history and biological parameters of important domiciliary cockroaches », page 56, consulté le 11 septembre 2026

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