Blatte américaine
Periplaneta americana
La blatte américaine est l'une des plus grandes blattes rencontrées en France, roux acajou brillant avec un pronotum bordé de jaune pâle. Elle vit dans les égouts, les galeries techniques chauffées et les serres, rarement dans un logement isolé. Sa présence signale le plus souvent un réseau collectif à traiter, pas seulement l'appartement où elle a été vue.
Les repères biologiques · 11 septembre 2026
- Taille adulte
- 34 à 40 mm
- Couleur
- Roux acajou brillant, pronotum bordé de jaune pâle. Adulte ailé, capable de vol plané.
- Cycle complet
- 150 à 450 jours
- Ponte
- environ 18 œufs par oothèque
- Longévité
- 125 à 706 jours
- Activité
- Réseaux d'égouts, galeries techniques de vapeur, parcs zoologiques, serres, tout local combinant chaleur et humidité. C'est l'espèce des réseaux collectifs, pas du logement isolé.
C'est la blatte des réseaux souterrains chauffés, capable de vivre jusqu'à 706 jours et de survivre 90 jours avec de l'eau et sans aucune nourriture, ce qui explique la persistance de ses populations là où un traitement limité au logement ne suffit jamais.
Ne pas confondre
1 espèces proches| Espèce | Ce qui la distingue | Taille | Où on la trouve |
|---|---|---|---|
| Blatte orientale Blatta orientalis |
Elle se reconnaît à sa couleur brun très sombre à noir brillant, uniforme et sans bande, et au fait que la femelle, aux ailes rudimentaires, ne vole jamais et ne grimpe pas sur les surfaces lisses verticales. | 25 à 30 mm |
Comparaison établie sur les caractères visibles à l'oeil nu. Un doute persistant se lève sur photo, auprès d'un professionnel ou d'un service d'hygiène communal.
Reconnaître une infestation
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Les risques réels
Le risque documenté le plus constant est allergique et respiratoire : les déjections et débris de blatte sont une source majeure d'allergènes de l'air intérieur, avec un seuil de 8 unités par gramme de poussière domestique retenu par l'OMS au-delà duquel la sensibilisation est établie. Un nombre même restreint d'individus suffit à produire une quantité significative d'allergène.
Chez l'enfant déjà allergique et fortement exposé, le taux d'hospitalisation pour asthme est 3,4 fois supérieur à celui des autres enfants, avec 78 % de consultations non programmées en plus.
Sur le plan microbiologique, des bactéries pathogènes (dont Salmonella, Staphylococcus aureus, Klebsiella pneumoniae, Shigella dysenteriae) ont été isolées sur des blattes américaines, ainsi que des champignons et des helminthes. Ce portage est documenté, mais l'OMS souligne qu'aucune preuve formelle d'un rôle de vecteur dans la transmission humaine n'a été établie : il s'agit d'une contamination mécanique des aliments et des surfaces, pas d'une transmission directe. Un cas documenté concerne la filière avicole, où des blattes américaines positives à Salmonella ont été retrouvées dans des usines d'aliments du bétail et des couvoirs.
Avant d'appeler quelqu'un
Ce qui dépend de vousCe qui est utile
- Observer la couleur (roux acajou brillant) et la taille (34 à 40 mm) sous une bonne lumière pour écarter la blatte orientale, plus petite et presque noire.
- Rechercher les oothèques brunes de 8 mm collées près d'une source de chaleur, chauffage ou gaine technique.
- Vérifier les canalisations, le vide-ordures et les regards d'égout comme point d'entrée probable.
- Demander au syndic ou aux voisins si l'insecte est observé dans plusieurs logements de l'immeuble : un signe caractéristique de population de réseau.
- Repérer les zones de passage précises (cuisine, salle de bain, gaines techniques) pour orienter le traitement.
Ce qui aggrave
- Utiliser un fumigène ou une bombe à diffusion totale, parce qu'il n'atteint pas les fissures où l'insecte se réfugie, disperse la population et présente un risque d'inflammabilité.
- Traiter uniquement par pulvérisation d'insecticide en surface, parce que la résistance à plusieurs familles d'insecticides est largement documentée chez cette espèce et ne donne pas de contrôle durable.
- Déposer une poudre insecticide en couche épaisse, parce qu'un dépôt épais devient répulsif et l'insecte le contourne au lieu de le traverser.
- Traiter le seul logement sans signaler le réseau au syndic ou au gestionnaire, parce que le point d'entrée de cette espèce est le réseau collectif : une intervention limitée au logement n'en traite pas la source.
- Laisser de la nourriture ou de la vaisselle accessible la nuit, parce que les appâts insecticides mettent beaucoup plus de temps à agir en présence d'une source de nourriture concurrente.
Ce que fait un professionnel
Et quand c'est le seul recoursUn professionnel commence par un diagnostic du point d'entrée (réseau d'égouts, gaines techniques, galeries de chauffage collectif) avant tout traitement limité au seul logement. Il pose ensuite des appâts en gel en gouttelettes multiples et discrètes dans les zones de passage et les caches, complétés par un traitement des fissures et interstices là où l'insecte se réfugie. Des régulateurs de croissance bloquent le passage au stade adulte et stérilisent la descendance, en complément d'un traitement adulticide, jamais seuls. Dans les vides techniques, des poudres minérales inertes complètent le dispositif. Face à une population installée dans un réseau collectif, ce traitement doit être coordonné avec le syndic ou le gestionnaire du réseau : c'est le seul recours quand l'infestation dépasse le logement, car la réglementation sanitaire fait porter l'entretien des canalisations et vide-ordures sur le propriétaire ou le gestionnaire du réseau, pas sur l'occupant.
En détail
Cafards et blattesIdentification et morphologie
La blatte américaine (Periplaneta americana) mesure de 34 à 40 mm, ce qui en fait l'une des plus grandes blattes rencontrées en France, nettement devant les 25 à 30 mm de la blatte orientale. Sa couleur est un roux acajou brillant, avec un pronotum (le bouclier situé derrière la tête) nettement bordé de jaune pâle. C'est un adulte ailé, capable d'un vol plané sur de courtes distances, ce qu'aucune autre blatte domiciliaire commune ne fait avec la même aisance.
Cycle de vie et reproduction
Sa longévité adulte s'étend de 125 à 706 jours selon le sexe, ce qui correspond à la plus longue durée de vie connue parmi les blattes domiciliaires. La femelle dépose des oothèques (capsules d'œufs) d'environ 8 mm, contenant chacune environ 18 œufs, collées près d'une source de chaleur. L'intervalle entre générations s'étend de 150 à 450 jours. Une particularité propre à cette espèce explique la persistance de ses populations dans les réseaux souterrains : la femelle survit 90 jours avec de l'eau et sans aucune nourriture, une résistance qui, combinée à un développement nymphal très long, permet aux populations de traverser des périodes sans ressources.
Où et quand la rencontrer en France
Cette blatte recherche une température comprise entre 24 et 31 °C et une forte humidité. Elle occupe les réseaux d'égouts, les galeries techniques de vapeur et de chauffage collectif, les parcs zoologiques et les serres, c'est-à-dire des milieux thermiquement tamponnés toute l'année. Dans ces conditions, aucune saisonnalité n'est documentée : son activité reste constante douze mois sur douze, contrairement à des espèces liées à un habitat extérieur saisonnier. En France, les populations se concentrent autour des réseaux souterrains chauffés des grandes agglomérations et des serres ; la base GBIF recense 135 occurrences géolocalisées dans le pays, un chiffre qui mesure l'effort d'observation naturaliste plutôt que la densité réelle de population. Sa présence dans un logement isolé, loin de tout réseau collectif chauffé, reste l'exception plutôt que la règle : c'est une espèce des réseaux, pas du logement isolé.
Signes d'infestation
- De très grands individus roux acajou qui remontent par les canalisations ou le vide-ordures : le point d'entrée est le réseau, pas le logement lui-même.
- Une présence simultanée dans plusieurs logements du même immeuble, signe caractéristique d'une population de réseau plutôt que d'une infestation domestique isolée.
- Des oothèques brunes de 8 mm collées près des sources de chaleur, chauffage ou gaines techniques.
- Une présence répétée dans les galeries de chauffage collectif ou les gaines techniques d'un grand bâtiment.
Ce que dit la réglementation française
La loi du 6 juillet 1989 sur les baux d'habitation, modifiée par la loi ELAN de 2018, impose au bailleur de délivrer et de maintenir un logement exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites, dont les blattes relèvent. Cette espèce n'est protégée par aucun arrêté pris en application du code de l'environnement : elle peut être détruite librement par le particulier comme par le professionnel, sous réserve de la réglementation applicable aux produits utilisés. Le règlement sanitaire départemental type impose par ailleurs l'entretien des canalisations, locaux et vide-ordures dans des conditions empêchant la prolifération des insectes. Pour cette espèce en particulier, cette responsabilité pèse d'abord sur le gestionnaire du réseau ou le syndic, et non sur le seul occupant du logement.
Méthodes de traitement professionnelles
Le traitement de référence repose sur des appâts en gel déposés en gouttelettes multiples et discrètes dans les zones de passage et les caches : l'ingestion, puis la mortalité en cascade par coprophagie et cannibalisme, touchent aussi les individus non exposés directement, avec une efficacité supérieure aux dépôts uniques et massifs. Un traitement des fissures et interstices vise les refuges où l'insecte se loge, avec un effet rapide sur les individus en quête de nourriture, sans éliminer les populations reproductrices logées dans les vides techniques. Des régulateurs de croissance bloquent le passage au stade adulte et stérilisent la descendance, toujours en complément d'un traitement adulticide. Dans les vides et gaines, des poudres minérales inertes complètent le dispositif, leur toxicité restant peu affectée par l'humidité. La résistance aux insecticides est largement documentée chez cette espèce, avec des résistances croisées entre familles chimiques et une résistance comportementale d'évitement de certains appâts : un protocole professionnel alterne les familles de traitement plutôt que de répéter systématiquement le même. Enfin, parce que cette blatte vit d'abord dans le réseau, un traitement coordonné des égouts, gaines et vide-ordures en amont des logements reste l'approche qui traite la source plutôt que les seuls individus de passage.
Où on la trouve en France
Cosmopolite, d'origine probablement tropicale africaine. En France, populations principalement liées aux réseaux souterrains chauffés des grandes agglomérations et aux serres.
Le nombre d'occurrences GBIF mesure l'effort d'observation naturaliste, pas la densité de population.
Ce que dit la réglementation
Le logement loué doit être exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites. Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 6, modifié par l'article 142 de la loi ELAN du 23 novembre 2018 Obligation du bailleur, applicable à la remise des clés et pendant toute la durée du bail. Les blattes entrent dans le champ de la notion d'espèces nuisibles et parasites.
Aucune protection : l'espèce peut être détruite sans autorisation. Espèce non listée dans les arrêtés de protection des espèces animales non domestiques pris en application de l'article L. 411-1 du code de l'environnement Destruction libre par le particulier comme par le professionnel, sous réserve du respect de la réglementation sur les produits biocides.
Entretien des réseaux d'assainissement collectifs. Le règlement sanitaire départemental type impose au propriétaire l'entretien des locaux, canalisations et vide-ordures dans des conditions ne permettant pas la prolifération des insectes et rongeurs. Sur cette espèce, la responsabilité opérationnelle relève du gestionnaire de réseau ou du syndic, pas de l'occupant du logement.
Sources. GBIF Backbone Taxonomy, fiche Periplaneta americana, Global Biodiversity Information Facility, consulté le 11 septembre 2026 Public Health Significance of Urban Pests (Bonnefoy X., Kampen H., Sweeney K.), Organisation mondiale de la santé, Bureau régional de l'Europe, 2008, ISBN 978-92-890-7188-8, consulté le 11 septembre 2026 Article 142 de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique (loi ELAN), modifiant l'article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Journal officiel de la République française, consulté le 11 septembre 2026 Code de l'environnement, article L. 411-1 (liste des espèces protégées) et articles L. 411-2 et suivants, Légifrance, consulté le 11 septembre 2026 Règlement sanitaire départemental type, articles relatifs à la lutte contre les insectes et rongeurs dans les habitations, Circulaire du 9 août 1978 relative à la révision du règlement sanitaire départemental type, ministère de la Santé, consulté le 11 septembre 2026 GBIF Occurrence Search, filtre country=FR, taxonKey=2000152, Global Biodiversity Information Facility, consulté le 11 septembre 2026
