Cafards et blattes
En français, cafard et blatte désignent le même insecte : quatre espèces se partagent la quasi-totalité des infestations domestiques, de la petite blatte germanique de cuisine à la grande blatte américaine des sous-sols et des égouts. Chacune a sa taille, sa couleur, son habitat et son cycle de reproduction propres, et confondre l'une avec l'autre conduit à choisir la mauvaise méthode de traitement.
Les repères biologiques · 11 septembre 2026
L'identification de l'espèce conditionne le traitement : une stratégie efficace sur la blatte germanique échoue totalement sur la blatte rayée, qui vit en hauteur et loin de l'eau.
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Ce qui dépend de vousCe qui est utile
- Posez dix pièges collants contre les murs pendant une semaine pour identifier l'espèce et mesurer la population.
- Rangez les aliments dans des boîtes hermétiques et videz la poubelle chaque soir.
- Calfeutrez les fissures et les passages de canalisations qui servent de refuge et de point d'entrée.
- Privilégiez les appâts en gel ou les stations d'appâts plutôt que la pulvérisation.
- Nettoyez à l'aspirateur équipé d'un filtre HEPA pour limiter la dispersion des allergènes.
- Renouvelez les appâts en gel qui durcissent avec le temps et rechargez les stations régulièrement.
Ce qui aggrave
- Ne pas utiliser de fumigène ou de bombe à libération totale, qui disperse la population sans atteindre les fissures.
- Ne pas se contenter d'une pulvérisation d'insecticide, à laquelle de nombreuses blattes sont devenues résistantes.
- Ne pas étaler la poudre insecticide en couche épaisse, qui devient répulsive et fait contourner les blattes.
- Ne pas traiter sans avoir supprimé les sources de nourriture et d'eau accessibles.
- Ne pas appliquer à la blatte rayée le traitement prévu pour la germanique, une erreur d'identification qui fait échouer le traitement.
En détail
Cafards et blattesComment les reconnaître
En français, cafard et blatte désignent le même insecte, mais quatre espèces se partagent l'essentiel des infestations domestiques. La blatte germanique mesure de 13 à 16 mm, brun clair à fauve, avec deux bandes sombres qui courent en longueur sur le pronotum, de l'arrière de la tête jusqu'aux ailes. La blatte rayée, de taille comparable (jusqu'à 13 mm), porte au contraire deux larges bandes brunes en travers de l'abdomen, l'une à la base, l'autre au milieu : c'est ce sens des bandes, longitudinal contre transversal, qui distingue les deux espèces à taille égale.
La blatte orientale change de catégorie : 25 à 32 mm, presque noire et luisante, elle se tient au niveau du sol et ne grimpe pas sur une surface verticale lisse, ce qui explique qu'on la retrouve souvent prisonnière d'un évier ou d'une baignoire après être remontée par une canalisation. La blatte américaine est la plus grande du groupe, 38 à 51 mm, brun rougeâtre avec un liseré jaune pâle sur les bords du pronotum. Dans les quatre cas, une odeur caractéristique, des excréments et des mues accumulés dans les fissures, ou une oothèque abandonnée signalent une population déjà installée.
Où et quand on les trouve
Chaque espèce a son terrain de chasse. La blatte germanique reste en cuisine et en salle de bains, près du lave-vaisselle, de la cuisinière ou de l'évier, dans les fissures chaudes et humides ; elle est active toute l'année en intérieur chauffé. La blatte orientale préfère les caves humides, les sous-sols sombres, les siphons de sol et les canalisations, avec un pic d'activité en juin puis un net recul en fin d'été et au début de l'automne.
La blatte américaine circule dans les sous-sols, les vides sanitaires, les égouts et les gaines techniques, et se rencontre surtout dans les grands bâtiments collectifs ou institutionnels. La blatte rayée, à l'inverse des trois autres, se tient en hauteur et loin de l'eau : carter du moteur de réfrigérateur, haut des placards, garde-manger, penderie, derrière un cadre ou dans une plaque d'interrupteur. Elle s'attaque aussi aux colles et à l'amidon, avec des dégâts possibles sur les timbres, les reliures anciennes ou les rideaux.
Un piégeage de diagnostic, avec dix pièges collants ou plus posés une semaine contre les murs et sous les équipements, suffit généralement à confirmer l'espèce et l'ampleur de la population avant de choisir un traitement.
Ce qui aggrave une infestation
Les appâts en gel placés en fissures et anfractuosités restent l'outil principal de lutte, plus efficace que la pulvérisation : une baisse visible de la population demande au moins sept jours. La poudre d'acide borique, appliquée en couche fine dans les vides de cloison et sous les appareils, agit par contact et par ingestion lors du toilettage des blattes, avec un contrôle de très longue durée si elle reste sèche et non dérangée.
Ces traitements échouent pourtant souvent pour les mêmes raisons : un fumigène ou une bombe à libération totale disperse la population sans atteindre les fissures où elle se réfugie, une pulvérisation seule se heurte à une résistance déjà installée chez les blattes, et une poudre déposée trop épais devient répulsive au lieu d'être ingérée. Sans suppression de la nourriture et de l'eau accessibles, même le meilleur appât met beaucoup plus longtemps à agir. Enfin, appliquer à la blatte rayée la stratégie prévue pour la germanique ne fonctionne pas : elle se réfugie en hauteur, loin de l'eau, et refuse plus souvent les appâts classiques.
Les espèces du groupe
- Blatte germanique (Blattella germanica) : 13 à 16 mm
- Blatte orientale (Blatta orientalis) : 25 à 32 mm
- Blatte americaine (Periplaneta americana) : 38 à 51 mm
- Blatte rayee (Supella longipalpa) : jusqu'à 13 mm
