Blatte orientale
Blatta orientalis
La blatte orientale, aussi appelée cafard noir ou blatte des caves, est un insecte brun très sombre à noir brillant qui mesure de 25 à 30 mm. On la trouve dans les caves, les vides sanitaires, les regards de compteurs d'eau et les chaufferies, en général dans des environnements humides et frais. Sa présence dans un logement loué engage la responsabilité du bailleur au titre de la loi sur les logements décents.
Les repères biologiques · 11 septembre 2026
- Taille adulte
- 25 à 30 mm
- Couleur
- Brun très sombre à noir brillant, uniforme, sans bande. La femelle a des ailes rudimentaires et ne vole pas.
- Cycle complet
- 185 à 216 jours
- Ponte
- environ 16 œufs par oothèque
- Longévité
- 34 à 181 jours
- Activité
- Intérieur et extérieur. Végétation dense, regards de compteurs d'eau, vides sanitaires, sous-sols, caves, chaufferies et gaines de chauffage. Recherche les conditions humides et fr
Contrairement aux autres blattes domestiques qui colonisent les pièces chauffées, la blatte orientale recherche le froid et l'humidité, avec un cycle de reproduction environ cinq fois plus long que celui de la blatte germanique, ce qui la rend lente à s'installer mais difficile à éliminer d'un seul traitement.
Ne pas confondre
2 espèces proches| Espèce | Ce qui la distingue | Taille | Où on la trouve |
|---|---|---|---|
| Blatte américaine Periplaneta americana |
Sa couleur roux acajou brillante et son pronotum nettement bordé de jaune pâle la distinguent au premier regard de la blatte orientale, presque noire et plus petite (25 à 30 mm contre 34 à 40 mm). | 34 à 40 mm | |
| Blatte germanique Blattella germanica |
Deux bandes sombres parallèles orientées dans le sens de la longueur sur le pronotum, associées à une taille de 10 à 15 mm, forment le critère qui permet de distinguer la blatte germanique à l'œil nu. | 10 à 15 mm |
Comparaison établie sur les caractères visibles à l'oeil nu. Un doute persistant se lève sur photo, auprès d'un professionnel ou d'un service d'hygiène communal.
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Les risques réels
Les allergènes présents dans les déjections et débris de blattes sont un facteur documenté de dégradation de l'air intérieur : l'Organisation mondiale de la santé retient un seuil de 8 unités par gramme de poussière domestique au-delà duquel le risque de sensibilisation est établi, et même un petit nombre d'individus en produit une quantité significative. Chez les enfants déjà allergiques et fortement exposés, le taux d'hospitalisation pour asthme est 3,4 fois supérieur à celui des autres enfants, avec 78 % de consultations non programmées en plus.
Des bactéries pathogènes, dont des salmonelles et d'autres germes d'origine fécale, ainsi que des champignons et des helminthes, ont été isolés sur des blattes, ce qui documente un portage mécanique possible vers les aliments et les surfaces. L'OMS souligne toutefois qu'aucune preuve formelle n'établit un rôle de vecteur actif dans la transmission à l'homme : il s'agit d'une contamination indirecte, pas d'une piqûre ou d'une morsure. Des nymphes de blatte orientale ont par ailleurs été décrites comme porteuses passives de mycobactéries responsables de la tuberculose aviaire.
Avant d'appeler quelqu'un
Ce qui dépend de vousCe qui est utile
- Localiser les points d'entrée : siphons, regards de compteurs d'eau, fissures de canalisations.
- Placer quelques pièges collants au sol le long des murs pour mesurer l'étendue de la présence.
- Repérer les oothèques (capsules brunes à noires d'environ 10 mm) et noter leur emplacement.
- Assécher les zones humides accessibles (caves, vides sanitaires) et supprimer les eaux stagnantes.
- Ranger les aliments dans des contenants hermétiques et vider les poubelles chaque soir.
- Vérifier en priorité le rez-de-chaussée et les niveaux inférieurs, la blatte orientale restant proche du sol.
Ce qui aggrave
- Utiliser des fumigènes ou des bombes à diffusion totale, parce qu'ils n'atteignent pas les caves et vides sanitaires où elle se réfugie et dispersent la population au lieu de la réduire.
- Se limiter à une pulvérisation d'insecticide en surface, parce que les blattes présentent des résistances documentées à plusieurs familles d'insecticides et qu'un traitement de surface ne touche pas les individus cachés.
- Étaler une poudre insecticide en couche épaisse, parce qu'un dépôt trop visible devient répulsif et l'insecte le contourne.
- Traiter sans supprimer l'eau ni la nourriture disponibles, parce que l'espèce survit environ un mois sans manger tant qu'elle a de l'eau, ce qui prolonge l'échec du traitement.
- Négliger les regards de compteurs d'eau et les abords extérieurs, parce que la population qui y vit peut migrer vers le bâtiment et relancer l'infestation après traitement.
Ce que fait un professionnel
Et quand c'est le seul recoursUn professionnel commence par un diagnostic de l'étendue de la présence, par exemple à l'aide de pièges collants disposés le long des murs et dans les angles pendant plusieurs jours. Il traite ensuite les caches identifiées par des appâts en gel déposés en points multiples, complétés par un traitement des fissures, interstices et vides techniques, et si besoin par des régulateurs de croissance et des poudres inertes dans les zones inaccessibles. Une rotation des méthodes est appliquée pour tenir compte des résistances documentées chez les blattes. Le recours à un professionnel est le seul recours pratique quand la population occupe des vides de construction, des gaines ou des regards extérieurs inaccessibles, et il correspond à une obligation pour le bailleur d'un logement loué au titre de la loi sur les logements décents.
En détail
Cafards et blattesIdentification et morphologie
La blatte orientale (Blatta orientalis) mesure de 25 à 30 mm à l'âge adulte, ce qui en fait une blatte de grande taille. Sa couleur est brun très sombre à noir brillant, uniforme et sans bande, ce qui la distingue au premier coup d'œil des espèces à motifs. Chez la femelle, les ailes sont rudimentaires : elle ne vole jamais, contrairement à la blatte américaine. Les deux sexes sont par ailleurs incapables de grimper sur une surface lisse verticale, ce qui explique qu'on les retrouve souvent immobilisés au fond d'un évier ou d'une baignoire après être remontés par une canalisation.
Cycle de vie et reproduction
La femelle dépose une oothèque d'environ 10 mm contenant environ 16 œufs, une capsule grande comparée à celle des autres blattes domestiques. L'intervalle entre deux générations s'étend de 185 à 216 jours, soit un cycle environ cinq fois plus long que celui de la blatte germanique. La durée de vie adulte va de 34 à 181 jours selon les individus. Cette lenteur de développement a une conséquence pratique : une infestation de blatte orientale met du temps à s'installer, mais elle est aussi plus longue à faire disparaître complètement, car un traitement ponctuel ne suffit pas à interrompre un cycle aussi étalé dans le temps.
Où et quand la rencontrer en France
L'espèce vit aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur des bâtiments. Elle affectionne :
- les caves, sous-sols et chaufferies ;
- les vides sanitaires et les gaines de chauffage ;
- les regards de compteurs d'eau et la végétation dense en extérieur.
Elle recherche des températures comprises entre 20 et 29 °C et privilégie les milieux humides et frais, à l'inverse de la blatte germanique qui préfère la chaleur des cuisines. Aucune nymphe ne survit à une acclimatation de deux semaines à 10 °C, ce qui explique le repli hivernal vers les caves et les chaufferies et une activité extérieure nettement réduite en dehors des mois les plus chauds. L'espèce est présente sur l'ensemble du territoire français ; l'Organisation mondiale de la santé signale par ailleurs un recul de sa prévalence dans plusieurs pays d'Europe centrale, au profit de la blatte germanique.
Signes d'infestation
- Blattes noires remontant des siphons, des caves et des vides sanitaires : c'est le signe le plus net, les caches typiques étant la cave, la chaufferie et les gaines de chauffage.
- Oothèques de 10 mm déposées peu après leur formation, dans des recoins protégés.
- Individus lents, incapables de grimper sur une surface lisse verticale, souvent retrouvés bloqués dans une baignoire ou un évier.
Ce que dit la réglementation française
Dans un logement loué, l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989, modifié par la loi ELAN du 23 novembre 2018, impose au bailleur de livrer et maintenir un logement exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites. La blatte orientale entre dans ce champ, et sa présence engage la responsabilité du propriétaire pendant toute la durée du bail. Par ailleurs, l'espèce ne figure sur aucune liste de protection prise au titre de l'article L. 411-1 du code de l'environnement : elle peut être détruite librement par un particulier ou un professionnel, dans le respect de la réglementation applicable aux méthodes utilisées.
Méthodes de traitement professionnelles
Un professionnel combine plusieurs approches complémentaires plutôt qu'un traitement unique :
- des appâts en gel déposés en gouttelettes multiples dans les zones de circulation et les caches, dont l'ingestion se propage aux individus non exposés directement par coprophagie et cannibalisme ;
- un traitement des fissures et interstices, qui réduit rapidement les individus en quête de nourriture sans éliminer à lui seul les populations reproductrices logées dans les vides et à l'extérieur ;
- des régulateurs de croissance, utilisés en complément d'un adulticide pour empêcher la mue vers le stade adulte et stériliser la descendance ;
- des poudres inertes et minérales appliquées dans les vides techniques, dont l'efficacité n'est pas fortement affectée par l'humidité relative.
La résistance à plusieurs familles d'insecticides est largement documentée chez les blattes, avec des résistances croisées entre familles chimiques et une aversion comportementale à certains appâts. Un protocole professionnel prévoit donc une rotation des méthodes utilisées et un diagnostic préalable, par exemple par piégeage collant pendant une semaine, avant de cibler les points de traitement. Le recours à un professionnel devient le seul recours pratique lorsque la population est installée dans des vides de construction ou des gaines inaccessibles au particulier, ou lorsque le logement est loué et que l'obligation légale de mise en conformité s'applique au bailleur.
Où on la trouve en France
Présente sur tout le territoire. L'OMS signale un recul de la prévalence de l'espèce dans plusieurs pays d'Europe centrale, au profit de la blatte germanique.
Le nombre d'occurrences GBIF mesure l'effort d'observation naturaliste, pas la densité de population.
Ce que dit la réglementation
Le logement loué doit être exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites. Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 6, modifié par l'article 142 de la loi ELAN du 23 novembre 2018 Obligation du bailleur, applicable à la remise des clés et pendant toute la durée du bail. Les blattes entrent dans le champ de la notion d'espèces nuisibles et parasites.
Aucune protection : l'espèce peut être détruite sans autorisation. Espèce non listée dans les arrêtés de protection des espèces animales non domestiques pris en application de l'article L. 411-1 du code de l'environnement Destruction libre par le particulier comme par le professionnel, sous réserve du respect de la réglementation sur les produits biocides.
Sources. GBIF Backbone Taxonomy, fiche Blatta orientalis, Global Biodiversity Information Facility, consulté le 11 septembre 2026 Public Health Significance of Urban Pests (Bonnefoy X., Kampen H., Sweeney K.), Organisation mondiale de la santé, Bureau régional de l'Europe, 2008, ISBN 978-92-890-7188-8, consulté le 11 septembre 2026 Article 142 de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique (loi ELAN), modifiant l'article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Journal officiel de la République française, consulté le 11 septembre 2026 Code de l'environnement, article L. 411-1 (liste des espèces protégées) et articles L. 411-2 et suivants, Légifrance, consulté le 11 septembre 2026 GBIF Occurrence Search, filtre country=FR, taxonKey=5151589, Global Biodiversity Information Facility, consulté le 11 septembre 2026
