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Cafards et blattes · Repères pour reconnaître
Fiche d'identification

Blatte germanique

Blattella germanica

La blatte germanique (Blattella germanica) est le cafard le plus commun dans les cuisines et salles de bains chauffées, en France comme dans le reste du monde. Elle mesure entre 10 et 15 mm et se reconnaît à deux bandes sombres parallèles sur le pronotum. Sa présence signale une zone chaude et humide, et sa vitesse de reproduction en fait l'espèce la plus difficile à éliminer sans méthode adaptée.

Appâts en gel insecticide
Blatte germanique
Les repères biologiques · 11 septembre 2026
Taille adulte
10 à 15 mm
Couleur
Brun clair à fauve, deux bandes longitudinales sombres parallèles sur le pronotum. Ce marquage est le critère d'identification de terrain.
Cycle complet
40 à 41 jours
Ponte
environ 36 œufs par oothèque
Longévité
128 à 153 jours
Activité
Strictement intérieur. Zones de préparation et de stockage des aliments, cuisines, salles de bains, tout local combinant chaleur et humidité.
Ce qu'il faut retenir

Chez la blatte germanique, la femelle porte l'oothèque accrochée à son abdomen jusqu'à l'éclosion, alors que les autres blattes domiciliaires la déposent tôt, ce qui explique la rapidité d'installation d'une population.

Ne pas confondre

2 espèces proches
EspèceCe qui la distingueTailleOù on la trouve
Blatte américaine
Periplaneta americana
Sa couleur roux acajou brillante et son pronotum nettement bordé de jaune pâle la distinguent au premier regard de la blatte orientale, presque noire et plus petite (25 à 30 mm contre 34 à 40 mm). 34 à 40 mm
Blatte orientale
Blatta orientalis
Elle se reconnaît à sa couleur brun très sombre à noir brillant, uniforme et sans bande, et au fait que la femelle, aux ailes rudimentaires, ne vole jamais et ne grimpe pas sur les surfaces lisses verticales. 25 à 30 mm

Comparaison établie sur les caractères visibles à l'oeil nu. Un doute persistant se lève sur photo, auprès d'un professionnel ou d'un service d'hygiène communal.

Reconnaître une infestation

Classé par gravité
Signe déterminant
Signes d'une infestation de blatte germanique : ce qui se voit avant l'insecte
Une infestation de blatte germanique se repère aux déjections en points noirs, aux oothèques vides et aux nymphes avant même de voir l'insecte adulte en plein jour.
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Les risques réels

Le risque documenté par l'Organisation mondiale de la santé porte d'abord sur les allergènes respiratoires : les déjections et débris de blattes contaminent la poussière domestique, avec un seuil de sensibilisation établi à partir de 8 unités par gramme. Même une population réduite produit une quantité d'allergène suffisante pour franchir ce seuil.

Chez l'enfant déjà sensibilisé et fortement exposé, le taux d'hospitalisation pour asthme est 3,4 fois supérieur à celui des autres enfants, avec 78 % de consultations non programmées en plus.

Des bactéries pathogènes (dont Salmonella, Staphylococcus aureus et Klebsiella pneumoniae), des champignons et des helminthes ont été isolés sur des blattes germaniques. Ce portage est documenté, mais aucune preuve formelle n'établit un rôle de vecteur dans la transmission de maladies à l'homme : il s'agit d'une contamination mécanique des aliments et des surfaces, pas d'une piqûre ou d'une morsure infectante. L'espèce a en revanche été identifiée comme vecteur mécanique possible d'Escherichia coli en élevage porcin.

Avant d'appeler quelqu'un

Ce qui dépend de vous

Ce qui est utile

  • Observer les lieux la nuit avec une lampe, l'espèce étant nocturne et se cachant le jour dans les fissures.
  • Repérer les oothèques vides dispersées autour des points chauds et humides (derrière le réfrigérateur, sous l'évier, près du lave-vaisselle).
  • Chercher les dépôts de déjections en semis de points noirs le long des plinthes et dans les charnières de meubles.
  • Poser plusieurs pièges collants contre les murs pendant une semaine pour mesurer l'étendue réelle de la population.
  • Vérifier la taille et la couleur (10 à 15 mm, bandes longitudinales sur le pronotum) pour écarter une confusion avec une autre espèce.
  • Assainir immédiatement : ranger les aliments dans des contenants hermétiques et vider la poubelle chaque soir.

Ce qui aggrave

  • Utiliser une bombe insecticide à diffusion totale, parce qu'elle ne pénètre pas dans les fissures où se réfugient les blattes et disperse la population dans les pièces voisines.
  • Traiter uniquement par pulvérisation de surface, parce que la résistance aux insecticides est largement documentée chez cette espèce et qu'une pulvérisation seule n'assure pas un contrôle durable.
  • Étaler la poudre insecticide en couche épaisse, parce qu'un dépôt trop visible devient répulsif et les blattes le contournent au lieu de le traverser.
  • Poser des appâts sans supprimer les autres sources de nourriture, parce que les blattes délaissent alors l'appât toxique pour les restes accessibles.
  • Laisser filer sans agir dans un logement loué, parce que le bailleur a l'obligation légale de livrer et maintenir un logement exempt d'infestation.

Ce que fait un professionnel

Et quand c'est le seul recours

Le professionnel commence par un traitement en fissures et interstices, qui réduit rapidement les individus en déplacement, avant de poser des appâts en gel insecticide en gouttelettes multiples plutôt qu'en gros dépôts : l'ingestion, suivie de la coprophagie et du cannibalisme, propage la mortalité aux individus non exposés directement. Un régulateur de croissance des insectes est ajouté en complément pour stériliser la descendance et bloquer le passage au stade adulte, jamais utilisé seul.

Face à la résistance croisée documentée entre plusieurs familles d'insecticides et à l'aversion comportementale de certaines populations pour les appâts sucrés, le protocole professionnel alterne les matières actives et les formats d'appât. Dans un logement loué, cette intervention n'est pas seulement recommandée : la loi impose au bailleur de livrer et de maintenir un logement exempt d'infestation, ce qui rend le recours à un professionnel obligatoire en cas d'échec des mesures du locataire.

En détail

Cafards et blattes

Identification et morphologie

La blatte germanique (Blattella germanica) mesure entre 10 et 15 mm à l'âge adulte. Sa couleur va du brun clair au fauve, et elle porte sur le pronotum deux bandes longitudinales sombres et parallèles, un marquage retenu comme critère d'identification de terrain par l'Organisation mondiale de la santé. C'est ce détail, plus que la couleur générale, qui permet de la reconnaître sans confusion avec les autres cafards rencontrés en France.

Cycle de vie et reproduction

L'adulte vit entre 128 et 153 jours. La femelle produit des oothèques contenant environ 36 œufs chacune, mesurant environ 8 mm, et un nouveau cycle démarre tous les 40 à 41 jours. La particularité de l'espèce, absente chez les autres blattes domiciliaires, est que la femelle porte l'oothèque accrochée à son abdomen jusqu'à l'éclosion au lieu de la déposer tôt dans l'environnement. Cette protection prolongée augmente le taux d'éclosion effectif et explique pourquoi une population de blatte germanique s'installe et grossit plus vite que celle d'une espèce voisine.

L'espèce est par ailleurs omnivore et charognarde, avec une préférence pour les amidons, les sucres, les graisses et les produits carnés ; les ordures ménagères non évacuées constituent une source de nourriture majeure.

Où et quand la rencontre-t-on en France

La blatte germanique est une espèce strictement intérieure. Elle recherche les zones combinant chaleur et humidité, entre 20 et 26,7 degrés : cuisines, abords du lave-vaisselle et de la cuisinière, éviers, salles de bains, et toutes les fissures chaudes à proximité. N'ayant aucune diapause ni saisonnalité extérieure, son activité est continue toute l'année dès qu'un intérieur chauffé lui offre ces conditions.

Sa répartition en France est liée au bâti chauffé et non au climat local : l'espèce est cosmopolite et présente sur tout le territoire. La base d'occurrences GBIF recense 259 signalements géolocalisés en France, un chiffre qui mesure surtout l'effort d'observation naturaliste : une espèce d'intérieur comme celle-ci est massivement sous-observée dans ce type de base. Longtemps supposée originaire d'Afrique, elle est aujourd'hui plutôt rattachée à l'Asie de l'Est et du Sud-Est.

Signes d'infestation

  • Oothèques vides dispersées autour des caches, signe fort et facilement identifiable.
  • Dépôts de déjections en semis de points noirs en périphérie des zones de repos ; ces dépôts portent la phéromone d'agrégation qui recrute d'autres individus et concentrent les allergènes.
  • Individus visibles en plein jour, alors que l'espèce est nocturne : ce signe indique que les caches habituelles sont saturées.
  • Odeur caractéristique perceptible quand la population est importante, provenant des sécrétions qui altèrent aussi le goût des aliments.
  • Nymphes de petite taille regroupées près des points d'eau et des appareils chauds.
  • Captures sur des pièges collants posés une semaine contre les murs, une méthode de diagnostic simple pour cartographier l'étendue de la population.

Ce que dit la réglementation française

La loi du 6 juillet 1989 (article 6, modifié par la loi ELAN de 2018) impose au bailleur de délivrer un logement exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites, obligation qui s'applique à la remise des clés et pendant toute la durée du bail. La blatte germanique n'est par ailleurs listée dans aucun arrêté de protection des espèces animales non domestiques : elle peut être détruite librement par un particulier ou un professionnel, dans le respect de la réglementation applicable aux produits utilisés.

Méthodes de traitement professionnelles

Le traitement de référence repose sur des appâts en gel insecticide déposés en gouttelettes multiples et discrètes dans les zones de circulation, plus efficaces qu'un gros dépôt unique car ils exploitent la coprophagie et le cannibalisme pour atteindre les individus non exposés directement. Il s'accompagne d'un traitement des fissures et interstices, qui réduit rapidement les individus en quête de nourriture sans éliminer les populations logées dans les vides techniques, et peut être complété par un régulateur de croissance des insectes, qui bloque la mue vers le stade adulte et stérilise la descendance, toujours en complément d'un autre moyen. Des poudres inertes et minérales appliquées dans les vides complètent le dispositif, leur efficacité n'étant pas fortement affectée par l'humidité ambiante.

La résistance aux insecticides est largement documentée chez cette espèce, avec des résistances croisées entre plusieurs familles chimiques et une résistance comportementale par aversion à certains appâts sucrés décrite depuis les années 1990. Un traitement professionnel efficace alterne donc les matières actives et les formats d'appât plutôt que de répéter la même application.

Où on la trouve en France

Espèce cosmopolite, présente sur tout le territoire, liée au bâti chauffé et non au climat. Probablement originaire d'Asie de l'Est et du Sud-Est et non d'Afrique comme longtemps admis.

Le nombre d'occurrences GBIF mesure l'effort d'observation naturaliste, pas la densité de population. Une espèce d'intérieur est massivement sous-observée dans ces bases.

Ce que dit la réglementation

Le logement loué doit être exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites. Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 6, modifié par l'article 142 de la loi ELAN du 23 novembre 2018 Obligation du bailleur, applicable à la remise des clés et pendant toute la durée du bail. Les blattes entrent dans le champ de la notion d'espèces nuisibles et parasites.

Aucune protection : l'espèce peut être détruite sans autorisation. Espèce non listée dans les arrêtés de protection des espèces animales non domestiques pris en application de l'article L. 411-1 du code de l'environnement Destruction libre par le particulier comme par le professionnel, sous réserve du respect de la réglementation sur les produits biocides.

Sources. GBIF Backbone Taxonomy, fiche Blattella germanica, Global Biodiversity Information Facility, consulté le 11 septembre 2026 Public Health Significance of Urban Pests (Bonnefoy X., Kampen H., Sweeney K.), Organisation mondiale de la santé, Bureau régional de l'Europe, 2008, ISBN 978-92-890-7188-8, consulté le 11 septembre 2026 Article 142 de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique (loi ELAN), modifiant l'article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Journal officiel de la République française, consulté le 11 septembre 2026 Code de l'environnement, article L. 411-1 (liste des espèces protégées) et articles L. 411-2 et suivants, Légifrance, consulté le 11 septembre 2026 GBIF Occurrence Search, filtre country=FR, taxonKey=1997215, Global Biodiversity Information Facility, consulté le 11 septembre 2026

Traiter, méthode par méthode

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