Ne pas confondre la blatte orientale avec une autre espèce
À la fin de cette page, vous saurez repérer en quelques secondes les critères qui distinguent la blatte orientale de ses proches parentes. Vous saurez aussi pourquoi confondre les espèces peut fausser la recherche de l'infestation.
Vous avez vu un insecte noir, luisant, filant vite dans la cuisine ou la salle de bain, souvent la nuit. Sans autre repère, il est difficile de savoir s'il s'agit d'une blatte orientale ou d'une espèce voisine qui lui ressemble de loin.
Cette incertitude n'est pas seulement une question de vocabulaire. Chaque espèce a sa propre taille, sa propre couleur et son propre comportement, et ces différences orientent la façon dont l'infestation doit être recherchée et traitée.
Cette page compare la blatte orientale, Blatta orientalis, aux trois espèces avec lesquelles elle est le plus souvent confondue, en indiquant à chaque fois le critère qui tranche et l'endroit précis où le regarder.
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Les critères qui tranchent, un par un
Blatte orientaleFace à une blatte trouvée dans une cuisine, une cave ou une salle de bain, il est tentant de conclure trop vite. Trois espèces sont couramment confondues avec la blatte orientale : la blatte germanique, la blatte américaine et la blatte du Turkestan. Chacune se distingue par un critère qui suffit, seul, à trancher, à condition de savoir où regarder.
La blatte orientale (Blatta orientalis) s'identifie par trois éléments : la taille, entre 25 et 30 mm à l'âge adulte, la couleur, brun très sombre à noir brillant et uniforme, sans bande, et le comportement de vol, la femelle porte des ailes rudimentaires et ne vole jamais. Ces trois éléments servent de référence pour comparer chaque espèce voisine, présentées ci-dessous de la plus facile à distinguer à la plus délicate.
Blatte germanique (Blattella germanica)
Le critère qui tranche seul est la taille. Mesurez l'insecte de la tête à l'extrémité de l'abdomen : la blatte germanique atteint 10 à 15 mm, l'orientale 25 à 30 mm, soit près du double. En cas de doute, regardez le pronotum, la plaque juste derrière la tête : la germanique porte deux bandes longitudinales sombres bien visibles sur fond brun clair, l'orientale reste uniformément noire, sans aucune bande.
Une blatte de 10 à 15 mm passe par des fissures et des joints inaccessibles à un insecte de 25 à 30 mm. Traiter une infestation de germanique en ne colmatant que les passages assez larges pour l'orientale laisse intacts la plupart des accès réels, et l'infestation repart des mêmes points. Le colmatage doit donc être pensé pour la plus petite des deux espèces, pas pour la plus grande.
Blatte américaine (Periplaneta americana)
Le critère qui tranche est la combinaison taille et couleur. L'américaine mesure 34 à 40 mm, contre 25 à 30 mm pour l'orientale, et sa couleur est roux acajou, alors que l'orientale reste brun très sombre à noir brillant. Regardez aussi le vol : l'américaine vole, la femelle orientale ne vole jamais, ses ailes étant rudimentaires.
Cette différence change l'inspection. Une américaine volante peut entrer par les étages supérieurs et les ouvertures en hauteur, un chemin que l'orientale, incapable de voler, n'emprunte pas. Se tromper d'espèce revient à ignorer une voie d'entrée réelle et à limiter l'inspection aux seuls points bas du logement. Ignorer cette voie d'entrée revient à traiter une partie seulement du problème, l'autre partie continuant d'alimenter l'infestation depuis l'extérieur.
Blatte du Turkestan (Blatta lateralis)
Cette espèce appartient au même genre que l'orientale, Blatta, et lui ressemble davantage que les deux précédentes. L'Organisation mondiale de la santé la signale comme localement problématique. Le critère qui tranche est fin : une bordure claire visible sur les ailes du mâle. Ce détail demande un examen rapproché et n'est pas utilisable sur les femelles.
Cette proximité rend la distinction difficile à l'œil nu. Se tromper entre orientale et Turkestan n'a pas de conséquence majeure sur l'approche immédiate du traitement, les deux espèces partageant le même genre, mais la détermination correcte reste nécessaire pour le suivi et doit être confiée à un entomologiste ou à un professionnel formé à la reconnaissance des espèces.
Dans les trois cas, la méthode reste la même : mesurer la taille, observer la couleur et l'uniformité, puis vérifier la capacité de vol. Ces trois observations, croisées avec les repères donnés pour la blatte orientale, 25 à 30 mm, brun très sombre à noir brillant, sans bande, femelle sans vol, suffisent à lever le doute dans la grande majorité des cas. Seule la confusion avec la blatte du Turkestan justifie de faire confirmer l'identification par un professionnel, les deux espèces étant trop proches pour une distinction fiable à l'œil nu par un non-spécialiste.
Efficace, inutile
DépartageCe qui marche
- Mesurer l'insecte de la tête à l'extrémité de l'abdomen pour comparer aux tailles de référence, 25 à 30 mm pour l'orientale, 10 à 15 mm pour la germanique, 34 à 40 mm pour l'américaine.
- Observer la couleur et l'uniformité : noir brillant uniforme pour l'orientale, brun clair à bandes pour la germanique, roux acajou pour l'américaine.
- Vérifier si l'insecte vole ou reste au sol, la femelle orientale ayant des ailes rudimentaires.
- Regarder le pronotum pour repérer la présence ou l'absence de bandes longitudinales.
- Chercher la bordure claire des ailes du mâle en cas de doute avec la blatte du Turkestan.
- Faire confirmer l'identification par un professionnel en cas de ressemblance avec la blatte du Turkestan.
Ce qui ne marche pas
- Se fier uniquement à la couleur sans vérifier la taille, une orientale sombre pouvant prêter à confusion visuelle rapide.
- Conclure à une blatte orientale devant un insecte volant, la femelle orientale ne vole jamais.
- Traiter tout le logement de la même façon sans identifier l'espèce, chaque espèce ayant ses propres repères de taille et de comportement.
- Se contenter d'une photo floue pour trancher entre orientale et Turkestan, la différence se joue sur un détail fin des ailes du mâle.
- Ignorer la présence de bandes sur le pronotum, signe caractéristique de la blatte germanique et absent chez l'orientale.
- Négliger la taille sous prétexte que l'insecte est noir, la couleur seule ne suffit pas à distinguer les espèces du même genre.
Sources. Public Health Significance of Urban Pests (Bonnefoy X., Kampen H., Sweeney K.), Organisation mondiale de la santé, Bureau régional de l'Europe, 2008, ISBN 978-92-890-7188-8, tableau 2.1 « Life history and biological parameters of important domiciliary cockroaches », page 56, consulté le 11 septembre 2026
