Blatte orientale : à quelle période de l'année elle est active
Vous saurez à quels mois l'activité de la blatte orientale grimpe et retombe en France, et pourquoi cette courbe suit directement sa tolérance au froid. Vous saurez aussi où elle se réfugie quand les températures extérieures deviennent défavorables.
Vous avez repéré une blatte orientale chez vous ou dans votre jardin, et vous vous demandez si c'est un épisode ponctuel ou le signe d'une population installée. La période de l'année à laquelle vous l'avez vue change beaucoup l'interprétation.
Une observation en plein été, quand l'activité est à son maximum, n'a pas la même portée qu'une observation en janvier, quand l'espèce reste normalement discrète et repliée à l'intérieur. Dans ce second cas, la présence signale souvent un foyer déjà installé dans une cave, une chaufferie ou une gaine technique.
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Le calendrier d'activité, mois par mois
Blatte orientaleLe calendrier d'activité, mois par mois
Sur une échelle de 0 à 3, où 3 correspond à l'activité maximale, la blatte orientale reste au niveau 1 en janvier et en février. Elle passe au niveau 2 en mars et en avril, puis atteint son maximum, le niveau 3, de mai à septembre. Elle redescend au niveau 2 en octobre avant de retomber au niveau 1 en novembre et en décembre.
Ce n'est donc pas une espèce active toute l'année de façon uniforme. La courbe dessine un plateau haut sur cinq mois, encadré par une montée progressive au printemps et une chute nette à l'automne. Le contraste entre le creux hivernal, niveau 1, et le pic estival, niveau 3, est net, mais il n'existe aucun mois d'arrêt total : l'espèce reste présente à un niveau minimal même en plein hiver.
Pourquoi le froid arrête l'espèce en hiver
La blatte orientale se distingue par sa préférence pour des températures comprises entre 20 et 29 degrés. En dessous de ce seuil, sa tolérance au froid est faible. Une acclimatation de deux semaines à 10 degrés ne permet à aucune nymphe de survivre. Cette donnée explique directement la forme de la courbe annuelle : dès que les températures extérieures descendent durablement sous ce seuil, la population qui vit dehors s'effondre, et l'activité observée par les occupants d'un logement chute avec elle.
Ce repli n'est pas une disparition. L'espèce se maintient dans les zones où la température reste stable toute l'année : caves, sous-sols, chaufferies et gaines de chauffage. Ces volumes conservent une chaleur suffisante pour que quelques individus subsistent même quand l'extérieur est hostile, ce qui explique le niveau 1 maintenu de novembre à février plutôt qu'une absence totale.
Où la trouver selon la saison
La blatte orientale est à la fois une espèce d'intérieur et d'extérieur. Elle occupe la végétation dense, les regards de compteurs d'eau, les vides sanitaires et les sous-sols. Contrairement à la blatte germanique, elle recherche des conditions humides et fraîches plutôt que chaudes et sèches, ce qui la rend plus fréquente dans les parties basses d'un bâtiment, dans un jardin ou près d'un point d'eau extérieur.
De mai à septembre, période de plateau haut, elle circule aussi bien dehors, dans la végétation et les regards, qu'à l'intérieur, dans les caves et les vides sanitaires. C'est la période où les occupants d'un logement ont le plus de chances de croiser un individu adulte, en particulier près d'une entrée de cave, d'un regard extérieur ou d'une gaine technique. Un adulte mesure de 25 à 30 millimètres, avec une couleur brun très sombre à noir brillant, uniforme et sans bande, ce qui le rend facile à repérer au sol. La femelle, dotée d'ailes rudimentaires, ne vole pas et se déplace uniquement au sol.
Du redémarrage de mars au reflux d'octobre
En octobre, la baisse des températures fait retomber l'activité au niveau 2 : les individus présents à l'extérieur se raréfient et le mouvement vers l'intérieur commence. De novembre à février, l'activité extérieure devient marginale et les seuls foyers actifs se trouvent dans les volumes chauffés ou tempérés du bâtiment. Le redémarrage a lieu en mars, quand le niveau remonte à 2, avant la nouvelle montée vers le plateau de mai.
Cette logique n'a rien de spécifique à un climat particulier : elle découle directement du seuil de tolérance au froid documenté pour l'espèce. Partout où les températures extérieures repassent durablement au dessus de ce seuil au printemps, l'activité remonte selon le même schéma.
Efficace, inutile
DépartageCe qui marche
- Vérifier les caves, sous-sols, chaufferies et gaines de chauffage en hiver, car c'est là que l'espèce se maintient quand l'extérieur devient défavorable.
- Surveiller les regards de compteurs d'eau et la végétation dense autour du bâtiment de mai à septembre, période de plateau haut.
- Traiter les points d'humidité et les zones fraîches, puisque l'espèce recherche des conditions humides et fraîches plutôt que chaudes et sèches.
- Profiter du pic d'activité, de mai à septembre, pour repérer les zones de passage extérieures avant le repli hivernal.
- Prendre au sérieux un signalement en plein hiver: à cette période l'activité extérieure est quasi nulle, un individu vu à l'intérieur indique un foyer déjà installé dans les parties chauffées du bâtiment.
Ce qui ne marche pas
- Conclure à une disparition du problème parce que l'activité extérieure baisse en octobre et novembre: l'espèce se replie, elle ne part pas.
- Chercher l'espèce dans des pièces sèches et très chauffées: elle privilégie les conditions humides et fraîches, à l'inverse de la blatte germanique.
- Négliger les caves et vides sanitaires en hiver sous prétexte qu'aucune activité n'est visible en surface.
- Attendre le printemps pour agir sur un foyer repéré en hiver, alors que le niveau d'activité remonte dès mars.
- Sous-estimer un individu vu en décembre ou janvier en le prenant pour un cas isolé venu de l'extérieur, alors que le froid empêche la survie des nymphes dehors à cette période.
Sources. Public Health Significance of Urban Pests (Bonnefoy X., Kampen H., Sweeney K.), Organisation mondiale de la santé, Bureau régional de l'Europe, 2008, ISBN 978-92-890-7188-8, chapitre 2, sections 2.1.3 et tableau 2.1, tolérance au froid des nymphes, consulté le 11 septembre 2026
