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Pigeon biset : quels risques réels pour la santé

Cette page distingue les risques sanitaires du pigeon biset confirmés par des études scientifiques de ceux qui relèvent de la rumeur. Vous saurez qui est exposé en priorité et à quel moment le contact devient réellement à risque.

29 %Pigeons séropositifs
18 %Pigeons excréteurs
500 casCas mondiaux
FaibleRisque sanitaire global

Un pigeon biset (Columba livia) qui niche sous une toiture ou sur un balcon inquiète souvent plus par sa réputation que par les faits. Entre les affirmations alarmistes et les messages se voulant rassurants, il est difficile de savoir ce qui est réellement établi.

Les données disponibles distinguent deux situations très différentes : le contact occasionnel avec un pigeon dans la rue ou sur un balcon, et l'exposition répétée à des fientes accumulées dans un espace confiné, comme un comble, un clocher ou un grenier non aéré. Le niveau de risque n'est pas le même dans les deux cas.

Cette page reprend les études publiées par Natureparif et par l'Organisation mondiale de la santé pour préciser ce qui est mesuré, ce qui reste incertain, et ce qui relève d'une peur ancienne sans fondement actuel.

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Pigeon biset

Ornithose : ce que montre l'étude sur les pigeons franciliens

Une étude portant sur plus de 700 pigeons d'Île de France a mesuré la présence de bactéries du genre Chlamydia responsables de l'ornithose, aussi appelée psittacose. Résultat : 29 % des oiseaux testés étaient séropositifs et 18 % excrétaient la bactérie dans leurs fèces. Chez l'homme, la maladie provoque des symptômes grippaux, se soigne par antibiotique et n'est fatale que dans de rares cas. Les souches identifiées en Île de France sont peu virulentes, et l'écart entre les pigeons vivant en pigeonnier et les autres n'est pas significatif. Le contact occasionnel avec un pigeon en ville, sans manipulation de fientes, ne correspond pas au contexte dans lequel cette étude a mesuré la bactérie.

Ornithose : les chiffres mondiaux

À l'échelle mondiale, la prévalence moyenne de la bactérie Chlamydophila psittaci chez le pigeon féral est de 13 % par isolement et de 30 % par sérologie. Au moins 500 cas humains d'ornithose acquis auprès de pigeons féraux ou d'autres oiseaux vivant près de l'homme ont été rapportés dans le monde. Ce chiffre confirme que la transmission de l'ornithose par le pigeon reste un événement rare, rapporté au nombre de personnes en contact régulier avec ces oiseaux dans les villes.

Les parasites qui peuvent gagner un logement

Certains ectoparasites du pigeon quittent le nid pour envahir les logements voisins. La tique molle du pigeon, Argas reflexus, peut coloniser des appartements proches de combles occupés et provoquer des réactions allergiques chez leurs habitants. Le pou rouge des volailles, Dermanyssus gallinae, la punaise du pigeon, Cimex columbarius, et la puce du pigeon, Ceratophyllus columbae, peuvent eux aussi piquer l'homme. Ces parasites deviennent un problème concret lorsque le nid qui les hébergeait est délogé ou abandonné : privés de leur hôte aviaire, ils cherchent une nouvelle source de sang, ce qui explique leur passage dans les logements voisins des combles.

Cryptococcose : un risque lié au nettoyage, pas au contact

Les fientes de pigeon constituent une source naturelle importante de la levure Cryptococcus neoformans, isolée dans les nids et les fientes accumulées, notamment dans les clochers, les greniers et les autres lieux de rassemblement des oiseaux. Ce risque concerne en priorité les personnes qui nettoient des fientes accumulées en milieu confiné, sans protection, ainsi que les personnes immunodéprimées. Il devient concret au moment du nettoyage d'une accumulation ancienne dans un espace peu aéré, pas au simple passage d'un pigeon sur un rebord de fenêtre.

Ce que concluent les études sur le niveau de risque global

Le chapitre santé du guide publié par Natureparif conclut que les risques sanitaires liés aux pigeons sont extrêmement faibles. Les pigeons franciliens testés dans le cadre de cette étude n'avaient jamais été exposés au virus de la grippe aviaire et ne constituent pas un risque de contamination pour les habitants des villes. Cette conclusion s'appuie sur les mêmes données que celles détaillées plus haut, pas sur une estimation séparée.

L'histoire des 70 % de pigeons parisiens contaminés

Ce chiffre, encore cité aujourd'hui, provient d'un article publié par le professeur Lépine en 1951. Le guide Natureparif le replace dans la construction d'un discours de salubrité publique qui visait à faire changer le statut social du pigeon en ville, et précise que la transmission à l'homme en était en réalité extrêmement limitée. Les mesures actuelles sur les pigeons franciliens donnent des résultats très différents : 29 % de séropositifs et 18 % d'excréteurs. Ce chiffre ancien ne doit pas être repris comme une donnée sanitaire actuelle.

Efficace, inutile

Départage

Ce qui marche

  • Porter un masque et des gants pour tout nettoyage de fientes accumulées en espace confiné
  • Humidifier les fientes avant de les enlever pour éviter la mise en suspension de poussières
  • Consulter un médecin en cas de symptômes grippaux après une exposition à des fientes de pigeon, un traitement antibiotique existe
  • Faire intervenir un professionnel pour le nettoyage de nids et de fientes accumulés dans un comble ou un clocher
  • Traiter la présence de tiques molles (Argas reflexus) en cas de piqûres ou de réactions allergiques dans un logement voisin de combles occupés
  • Nettoyer régulièrement les zones de nidification accessibles pour éviter l'accumulation de fientes

Ce qui ne marche pas

  • Paniquer au simple contact visuel avec un pigeon dans la rue, le risque documenté concerne l'exposition répétée aux fientes accumulées, pas la présence de l'oiseau
  • Nettoyer des fientes accumulées à sec, sans protection, dans un espace confiné
  • Reprendre le chiffre de 70 % de pigeons parisiens contaminés par l'ornithose, il date d'un article de 1951 et ne reflète pas les mesures actuelles
  • Croire que tous les pigeons transmettent la grippe aviaire, les pigeons franciliens testés n'y avaient jamais été exposés
  • Négliger une piqûre d'ectoparasite (punaise, pou rouge, puce) en pensant qu'il ne pique que les oiseaux

Sources. Le pigeon en ville, écologie de la réconciliation et gestion de la nature, Natureparif, agence régionale pour la nature et la biodiversité en Île-de-France (devenue ARB Île-de-France), 2011, chapitre santé, section « Ornithose », étude sur plus de 700 pigeons franciliens, consulté le 11 septembre 2026 Public Health Significance of Urban Pests (Bonnefoy X., Kampen H., Sweeney K.), Organisation mondiale de la santé, Bureau régional de l'Europe, 2008, ISBN 978-92-890-7188-8, chapitre 8, section sur Chlamydophila psittaci, consulté le 11 septembre 2026

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