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Les dégâts matériels causés par les charançons rouges du palmier

Cette page détaille ce que le charançon rouge abîme réellement dans un palmier, le stipe, le bourgeon terminal et les palmes, et à quelle vitesse ces dégâts progressent. Vous saurez aussi distinguer un dommage esthétique sans conséquence d'un dommage structurel qui engage la survie de l'arbre.

2 à 3Générations nécessaires
20 000Palmiers tués
50 mmLongueur larve max
50 km/jourVol journalier max

Un palmier qui perd des palmes ou dont la couronne s'affaisse pose une question simple : est-ce un dégât de surface qui repoussera, ou une atteinte plus profonde qui touche déjà le coeur de l'arbre. Avec le charançon rouge du palmier, Rhynchophorus ferrugineus, la réponse ne se lit pas toujours à l'oeil nu.

La totalité du cycle de cet insecte se déroule à l'intérieur du palmier, dans les palmes ou dans le stipe. La ponte se concentre sur les parties les plus tendres de l'arbre, ce qui veut dire que les larves travaillent en profondeur avant que le feuillage ne montre quoi que ce soit.

Comprendre ce qui est réellement attaqué, et à quel rythme, permet de faire la différence entre un simple entretien et une urgence qui engage la vie du palmier.

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Ce qui est attaqué, et à quelle vitesse

Charançon rouge du palmier

Un insecte qui travaille entièrement à l'intérieur du palmier

Le charançon rouge du palmier ne mord pas les palmes en surface comme le ferait une chenille défoliatrice. La totalité de son cycle, de l'oeuf à l'adulte, se déroule à l'intérieur de l'arbre, dans les palmes ou dans le stipe. La ponte est confinée aux parties les plus tendres du palmier, là où les tissus offrent le moins de résistance.

L'oeuf mesure 2,62 mm sur 1,12 mm, blanc crème, oblong et brillant. La larve qui en sort est apode, sans pattes, et peut atteindre 50 mm de long sur 20 mm de large en fin de développement. C'est cette larve qui se nourrit en profondeur pendant que l'extérieur du palmier reste apparemment intact. Avant la nymphose, elle tisse un cocon de fibres de 50 à 95 mm sur 25 à 40 mm, toujours dissimulé dans l'arbre, d'où sort une nymphe d'environ 35 mm sur 15 mm.

Cette biologie explique pourquoi un dégât récent est souvent invisible depuis l'extérieur, alors qu'un dégât ancien s'est déjà propagé dans le stipe ou jusqu'au bourgeon terminal.

Le bourgeon terminal et la mort du palmier

La cible la plus grave est le bourgeon terminal, le point de croissance du palmier. Une fois atteint, l'arbre ne peut plus produire de nouvelles palmes. En zone méditerranéenne, deux à trois générations de charançons suffisent à tuer un palmier dattier, Phoenix dactylifera, ou un palmier des Canaries, Phoenix canariensis.

Le rythme de reproduction dépend directement de la température. Il faut moins d'une génération par an lorsque la température moyenne annuelle descend sous 15 °C, mais plus de deux générations par an au-dessus de 19 °C. En Égypte, trois générations par an ont été documentées, chacune durant entre 100,5 et 127,8 jours selon la génération. Plus le climat est chaud, plus le nombre de cycles s'accumule dans l'année.

L'ampleur que peut prendre cette destruction a été mesurée à Valence, en Espagne : environ 20 000 palmiers, principalement des Phoenix canariensis, y ont été tués entre 2004 et 2009, pour une perte estimée à 16 millions d'euros.

Les palmiers exposés et la propagation entre arbres

Plus de 40 espèces d'Arecaceae peuvent héberger le charançon rouge. Les hôtes préférés sont le cocotier, Cocos nucifera, le palmier dattier, Phoenix dactylifera, et le palmier des Canaries, Phoenix canariensis. L'insecte s'installe aussi sur Areca catechu, Elaeis guineensis, Roystonea regia, Washingtonia robusta, ainsi que sur les genres Livistona, Brahea et Caryota. Un hôte hors Arecaceae est documenté, Strelitzia nicolai.

Les adultes volent bien : jusqu'à 50 km par jour, avec une capacité à détecter un site favorable à au moins 900 m de distance. Dans les faits, la majorité des vols observés restent sous 100 m. Un palmier voisin d'un arbre infesté n'est donc jamais réellement à l'abri par la seule distance.

Chute de palmes ou de couronne, un risque non chiffré

La mort du bourgeon terminal est documentée, mais aucune source consultée ne quantifie le risque de chute de palmes ou de couronne pour les personnes qui se trouvent à proximité. Ce point est mentionné parce que l'atteinte du point de croissance est établie, pas parce qu'un chiffre existe sur la fréquence ou la gravité des chutes.

Efficace, inutile

Départage

Ce qui marche

  • Faire inspecter le stipe et la base des palmes, les parties tendres où la ponte se concentre, pas seulement l'aspect des feuilles.
  • Considérer une atteinte du bourgeon terminal comme critique : deux à trois générations suffisent à tuer un palmier dattier ou un palmier des Canaries.
  • Surveiller plus fréquemment en climat chaud, au-dessus de 19 °C la reproduction dépasse deux générations par an.
  • Étendre la surveillance aux palmiers situés à plusieurs centaines de mètres, la détection d'un site favorable est possible dès 900 m.
  • Vérifier aussi les autres Arecaceae du jardin, cocotier, Areca catechu, Elaeis guineensis, Washingtonia robusta, Livistona, Brahea, Caryota, pas seulement le dattier ou le palmier des Canaries.
  • Tenir compte du risque de chute de palmes ou de couronne autour d'un palmier atteint au bourgeon terminal, même si ce risque n'est pas chiffré.

Ce qui ne marche pas

  • Se rassurer parce que les palmes semblent normales : tout le cycle se déroule à l'intérieur du stipe ou des palmes, invisible depuis l'extérieur.
  • Croire qu'un palmier isolé est protégé par la distance, les adultes volent jusqu'à 50 km par jour.
  • Limiter la surveillance au seul palmier dattier ou palmier des Canaries alors que plus de 40 espèces d'Arecaceae peuvent être touchées, y compris Strelitzia nicolai hors Arecaceae.
  • Attendre l'apparition de dégâts visibles sur la couronne avant d'agir, à ce stade le bourgeon terminal peut déjà être atteint.
  • Sous-estimer la vitesse de reproduction en climat chaud, au-dessus de 19 °C le nombre de générations annuelles dépasse deux.
  • Présenter la chute de palmes ou de couronne comme un phénomène chiffré, aucune source ne publie de statistique sur ce risque.

Sources. EPPO Datasheet: Rhynchophorus ferrugineus, fiche de la base EPPO Global Database, section mise à jour le 9 juin 2020, OEPP, Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes, organisation intergouvernementale dont le siège est à Paris, impact économique, 20 000 palmiers tués à Valence entre 2004 et 2009, consulté le 11 septembre 2026

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