Aller au contenu
Le Guide des nuisiblesReconnaître, comprendre, agir
← Fiche Charançon rouge du palmier Où elle vit

Où se cachent les charançons rouges du palmier dans un logement

Vous saurez quelles parties du palmier examiner en premier et pourquoi certains points du jardin sont plus exposés que d'autres. Vous repartirez avec une méthode d'inspection qui suit la biologie de l'insecte plutôt que le hasard.

Couronne et stipeLieu du cycle
Plus de 40 espècesHôtes possibles
900 m à 50 km/jPortée de vol
>2 si >19 °CGénérations/an

Si vous soupçonnez la présence du charançon rouge du palmier, Rhynchophorus ferrugineus, sur votre propriété, l'insecte lui-même reste presque toujours invisible. La totalité de son cycle de développement, de l'œuf à l'adulte, se déroule à l'intérieur du palmier, dans les palmes ou dans le stipe. Ce que vous observez de l'extérieur n'est jamais l'insecte mais les traces de son passage.

Le réflexe consiste souvent à surveiller uniquement le tronc du palmier le plus visible du jardin. C'est une erreur d'échelle : plus de 40 espèces d'Arecaceae peuvent héberger l'insecte, et un hôte hors de cette famille, Strelitzia nicolai, est également documenté. Un palmier d'ornement moins connu ou un oiseau de paradis géant planté à côté du sujet principal peut donc être concerné avant lui.

En France, l'espèce est recensée par l'OEPP en France continentale et en Corse, avec des mesures réglementaires en vigueur en région Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Occitanie. L'inspection ne se limite donc pas à un seul arbre isolé mais à l'ensemble des palmiers présents sur la parcelle et à proximité.

Mise en relation

Parlez-nous de ce qui se passe chez vous.

Décrivez votre problème et laissez un moyen de vous joindre. STRATINET reçoit votre demande pour vous recontacter. C’est gratuit et sans engagement.

1. La situation2. Vous joindre
Que se passe-t-il chez vous ?
Comment vous joindre ?

Les endroits à inspecter, du plus probable au plus rare

Charançon rouge du palmier

Le cœur du palmier : la couronne et les jeunes palmes

La ponte de la femelle est généralement confinée aux parties les plus tendres du palmier. C'est donc la couronne, le point de croissance central et les jeunes palmes en formation qu'il faut examiner en priorité : c'est le tissu le plus tendre, celui que la femelle recherche pour pondre. L'œuf lui-même est minuscule, blanc crème et oblong, à peine 2,62 mm de long sur 1,12 mm de large, ce qui explique qu'il passe inaperçu au milieu du feuillage. Une fois les œufs éclos, les larves s'enfoncent dans cette zone et s'y nourrissent, ce qui explique pourquoi un affaissement de la couronne ou des palmes centrales qui jaunissent et tombent est souvent le premier signe visible, alors que l'infestation est déjà avancée depuis plusieurs semaines.

La larve elle-même est apode, elle ne se déplace pas activement pour chercher un abri ailleurs : elle reste et grandit sur place, jusqu'à atteindre 50 mm de long et 20 mm de large. C'est également dans cette zone tendre, ou dans le stipe juste en dessous, qu'elle finit par tisser son cocon, une structure fibreuse de 50 à 95 mm sur 25 à 40 mm, avant de se transformer en nymphe puis en adulte.

Le stipe, en particulier autour des blessures et des tailles

Le stipe, c'est-à-dire le tronc du palmier, est le second lieu de développement documenté du cycle complet. Les zones à examiner en priorité sont celles où l'écorce a été blessée : une coupe de palme récente, une plaie de taille, une cicatrice de choc mécanique. Ces ouvertures offrent un accès direct aux tissus internes et facilitent la ponte et la pénétration des larves, qui creusent ensuite des galeries à l'intérieur du stipe pour s'en nourrir. L'adulte qui en ressort mesure environ 35 mm de long sur 10 mm de large, avec un rostre courbe représentant environ un tiers de sa longueur totale, ce qui lui permet de se faufiler par ces mêmes ouvertures pour aller pondre ailleurs.

Toutes les espèces de palmiers du jardin, pas seulement les plus connues

L'inspection ne doit pas se limiter aux espèces les plus emblématiques. Les hôtes préférés recensés sont le cocotier, Cocos nucifera, le palmier dattier, Phoenix dactylifera, et le palmier des Canaries, Phoenix canariensis, mais la liste documentée dépasse 40 espèces d'Arecaceae : Areca catechu, Elaeis guineensis, Roystonea regia, Washingtonia robusta, ainsi que les genres Livistona, Brahea et Caryota. Un hôte hors de cette famille est également documenté, Strelitzia nicolai, l'oiseau de paradis géant. Toute plante de ces genres présente sur la parcelle doit donc être inspectée au même titre que le palmier principal, même si elle semble moins exposée.

Les palmiers voisins, dans un rayon de quelques centaines de mètres

Une fois émergé, l'adulte est un bon voleur : il peut détecter un site d'élevage à au moins 900 mètres et, dans des cas exceptionnels, parcourir jusqu'à 50 km en une journée. Dans la pratique, la majorité des vols se font sur moins de 100 mètres. Cela signifie que les palmiers du voisinage immédiat, dans le jardin d'à côté ou sur l'espace public proche, font partie du périmètre à surveiller, en particulier s'ils sont déjà affaiblis ou récemment taillés. En France, l'espèce est recensée par l'OEPP en France continentale et en Corse, avec des mesures réglementaires en vigueur en Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Occitanie.

Le rythme d'apparition dépend de la température

Le nombre de générations par an varie avec le climat local : moins d'une génération par an lorsque la température moyenne annuelle est inférieure à 15°C, plus de deux générations au-dessus de 19°C. Trois générations par an ont été documentées en Égypte, chacune durant entre 100,5 et 127,8 jours. En zone méditerranéenne, deux à trois générations suffisent pour tuer un palmier dattier ou un palmier des Canaries, ce qui signifie qu'une inspection régulière de la couronne et du stipe, et pas seulement ponctuelle, reste nécessaire tant que le climat local reste favorable au cycle de l'insecte.

Efficace, inutile

Départage

Ce qui marche

  • Inspecter en priorité la couronne et les jeunes palmes, tissu le plus tendre où la ponte est confinée.
  • Examiner le stipe autour de toute blessure ou coupe de taille récente.
  • Recenser tous les palmiers de la propriété, y compris les espèces moins connues comme Livistona, Brahea ou Caryota, et l'oiseau de paradis géant Strelitzia nicolai.
  • Étendre la surveillance aux palmiers du voisinage situés à moins de 100 mètres, la portée de vol la plus fréquente.
  • Répéter l'inspection régulièrement plutôt qu'une seule fois, puisque plus de deux générations par an sont possibles au-dessus de 19°C.

Ce qui ne marche pas

  • Se concentrer uniquement sur le palmier le plus visible du jardin en ignorant les autres Arecaceae de la parcelle.
  • Attendre de voir l'insecte adulte pour agir, alors que tout son cycle se déroule à l'intérieur du palmier, invisible de l'extérieur.
  • Négliger un palmier voisin sous prétexte qu'il appartient à une autre propriété, alors qu'il reste dans le rayon de vol habituel de l'insecte.
  • Considérer qu'un seul contrôle suffit, alors que plusieurs générations peuvent se succéder dans l'année.
  • Ignorer les plaies de taille récentes, qui facilitent justement l'accès aux tissus internes du stipe.
Décrire mon problème · demande gratuite