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Les dégâts matériels causés par les grosses vrillettes

Vous saurez ce que la grosse vrillette attaque réellement, un bois déjà rongé par un champignon lignivore, et pourquoi sa présence signale d'abord un problème d'humidité. Vous saurez aussi ce qui distingue une activité en cours d'un dégât désormais figé dans le temps.

22 %Humidité minimale
22 à 25 °CTempérature seuil
5 à 8 mmTaille adulte
10 à 11 mmTaille larve

Vous avez repéré des trous ou des galeries dans une pièce de bois, une charpente, une poutre, un bois d'ouvrage ancien, et vous cherchez à savoir ce qui est réellement en jeu. La question n'est pas seulement esthétique : c'est la solidité de la pièce qui peut être concernée.

Ce que la grosse vrillette abîme dépend d'une condition précise, un bois déjà dégradé par un champignon lignivore et suffisamment humide. Elle ne s'installe pas dans du bois sain et sec, ce qui change complètement la manière d'évaluer le dégât.

Comprendre ce qui est attaqué, à quel rythme, et si l'activité est toujours en cours permet de distinguer une trace ancienne, sans conséquence immédiate, d'un désordre encore actif qui continue de réduire la section du bois.

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Ce qui est attaqué, et à quelle vitesse

Grosse vrillette

Ce qui est attaqué, et à quelle vitesse

La grosse vrillette, Xestobium rufovillosum, ne s'installe pas dans n'importe quel bois. L'Institut technologique FCBA précise qu'elle s'attaque particulièrement aux bois, feuillus comme résineux, déjà dégradés par un champignon de pourriture cubique ou fibreuse. Le CICRP ajoute une condition précise, une humidité du bois d'au moins 22 % et une température de 22 à 25 °C. Sans ce terrain déjà affaibli, l'espèce ne s'installe pas. Le dégât qu'elle produit n'est donc jamais un dégât isolé, il s'ajoute à une dégradation fongique déjà engagée.

Concrètement, la larve creuse des galeries dans un bois dont la résistance mécanique est déjà entamée par le champignon. Chaque galerie retire de la matière à une section déjà réduite. C'est cette combinaison, pourriture plus galeries, qui transforme une pièce de charpente en élément fragilisé.

À quoi ressemble l'insecte responsable

L'adulte de la grosse vrillette mesure de 5 à 8 mm selon le CICRP, un corps brun roussâtre à l'aspect marbré du fait de touffes de soies dorées. Le FCBA donne une fourchette légèrement différente, 5 à 7 mm, et une couleur brun foncé, les deux valeurs sont publiées côte à côte, sans arbitrage entre les deux sources. La larve, elle, atteint 10 à 11 mm, c'est elle qui est responsable des galeries dans le bois.

Les essences de bois concernées

Les bois cités par le CICRP comme sensibles à cette espèce sont le chêne, le bouleau, l'aulne, l'orme, le saule, le châtaignier et le hêtre. Ce sont des essences que l'on retrouve couramment dans les charpentes et les bois d'ouvrage des bâtiments anciens.

Dommage structurel plutôt qu'esthétique

Parce qu'elle exige un bois déjà attaqué par un champignon lignivore, la grosse vrillette produit d'abord un dommage structurel, une perte de section sur des pièces porteuses, charpentes, poutres, bois d'ouvrage, plutôt qu'un dommage de surface sur du bois sain. Le CICRP note que l'espèce est fréquente dans les édifices anciens et rare dans les constructions modernes, où les bois sont en général plus secs et non contaminés par ce type de champignon.

Le CICRP, le Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine, documente d'ailleurs cette espèce dans le cadre de la préservation des œuvres du patrimoine culturel. C'est dans ce type de bâti, charpentes anciennes, bois d'ouvrage de monuments, que la grosse vrillette est le plus souvent rencontrée, et c'est là que la perte de section qu'elle ajoute à une pourriture déjà en cours pose le plus de conséquences.

Un indicateur d'humidité, pas seulement un insecte

La présence de la grosse vrillette signale un désordre plus large qu'une simple infestation, une humidité du bois d'au moins 22 % et une attaque fongique préalable. Traiter uniquement l'insecte, par un insecticide, ne règle pas cette cause. Tant que l'humidité du bois reste à ce niveau, le champignon continue de dégrader le support et l'insecte peut poursuivre son cycle.

Activité en cours ou dégât ancien

L'activité de la grosse vrillette dépend de deux seuils, une température de 22 à 25 °C et une humidité du bois d'au moins 22 %. Si ces conditions ne sont plus réunies, parce que la source d'humidité a été supprimée et que le bois a séché, l'insecte ne peut plus se développer. Les galeries et les pertes de section restent visibles, mais elles correspondent alors à une activité passée, plus à un chantier en cours. Inversement, si l'humidité du bois est encore proche ou au-dessus de 22 %, le champignon et l'insecte peuvent toujours être actifs.

Un phénomène qui suit les épisodes d'eau

Le CICRP relève une augmentation des infestations après des pluies abondantes, des inondations ou des cyclones, des épisodes qui élèvent justement l'humidité du bois au-delà du seuil nécessaire à l'espèce.

Efficace, inutile

Départage

Ce qui marche

  • Faire mesurer l'humidité du bois, le seuil déterminant pour l'activité de l'espèce est de 22 %
  • Identifier et supprimer la source d'humidité, infiltration, fuite, remontée, avant tout traitement de l'insecte
  • Faire traiter le champignon lignivore en même temps que la grosse vrillette, pas seulement l'insecte
  • Faire contrôler en priorité les pièces en chêne, bouleau, aulne, orme, saule, châtaignier ou hêtre
  • Faire inspecter les charpentes et bois d'ouvrage anciens après des pluies abondantes ou une inondation
  • Faire évaluer la perte de section réelle sur les pièces de charpente touchées avant toute décision

Ce qui ne marche pas

  • Traiter uniquement l'insecte sans supprimer la source d'humidité qui a permis son installation
  • Traiter uniquement l'insecte sans traiter le champignon lignivore déjà présent dans le bois
  • Considérer une construction récente comme aussi exposée qu'un bâtiment ancien
  • Supposer qu'un bois sain et sec peut être attaqué par cette espèce
  • Attendre après un épisode de pluies abondantes ou d'inondation pour faire inspecter le bois
  • Juger l'ampleur du dégât à l'œil sans mesurer l'humidité du bois ni la perte de section

Sources. Fiche Xestobium rufovillosum, rubrique Les insectes de A à Z (site d'origine http://insectes-nuisibles.cicrp.fr en erreur HTTP 500 le 11 septembre 2026, consultation par l'archive Wayback Machine), CICRP, Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine, Marseille, base Insectes nuisibles et dangereux pour les oeuvres du patrimoine culturel, constituée avec l'INRA, fréquence dans les édifices anciens, consulté le 11 septembre 2026

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