Grosse vrillette
Xestobium rufovillosum
La grosse vrillette est un petit coléoptère xylophage qui ne s'attaque qu'au bois déjà dégradé par un champignon lignivore, dans les charpentes et boiseries des bâtiments anciens. Sa présence se repère à des trous de sortie ronds de 2 à 4 mm et à une vermoulure en petites lentilles brunes, jamais en poudre. Elle n'est pas dangereuse pour l'homme, mais elle signale toujours un désordre d'humidité à traiter en même temps que l'insecte.
Les repères biologiques · 11 septembre 2026
- Taille adulte
- 5 à 8 mm
- Incubation
- 15 jours
- Ponte
- 60 à 100 œufs par ponte
- Longévité
- 8 à 10 semaines
- Activité
- Rare dans les constructions modernes, fréquente dans les édifices anciens. Le CICRP note une augmentation des infestations après des pluies abondantes, des inondations ou des cyclo
La grosse vrillette ne colonise jamais un bois sain : sa présence prouve à elle seule qu'un champignon de pourriture et un excès d'humidité l'ont précédée.
Ne pas confondre
2 espèces proches| Espèce | Ce qui la distingue | Taille | Où on la trouve |
|---|---|---|---|
| Capricorne des maisons Hylotrupes bajulus |
Son trou de sortie ovale, de 6 à 10 mm selon le FCBA (jusqu'à 8 mm selon le CICRP), le distingue d'un coup d'œil des trous ronds et bien plus petits laissés par les vrillettes et le lyctus. | 10 à 25 mm | |
| Petite vrillette Anobium punctatum |
Sa tête est entièrement dissimulée sous le pronotum et ses trous d'envol dans le bois mesurent de 1 à 3 mm de diamètre, nettement plus petits que les trous de 2 à 4 mm de la grosse vrillette. | 2 à 5 mm | charpentes, planchers et meubles |
Comparaison établie sur les caractères visibles à l'oeil nu. Un doute persistant se lève sur photo, auprès d'un professionnel ou d'un service d'hygiène communal.
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Les risques réels
Aucune source consultée n'attribue à la grosse vrillette de piqûre, de morsure ni de transmission d'agent pathogène : le risque sanitaire direct n'est pas documenté.
Le risque est avant tout matériel. L'insecte s'attaque à des bois déjà affaiblis par une pourriture, ce qui aggrave une perte de section déjà engagée dans les charpentes et boiseries anciennes. Sa présence est aussi un indicateur d'un désordre d'humidité : elle suppose un bois humide à plus de 22 % et une attaque fongique préalable, que le seul traitement insecticide ne résout pas.
Avant d'appeler quelqu'un
Ce qui dépend de vousCe qui est utile
- Observer la forme et le diamètre des trous de sortie : ronds et de 2 à 4 mm chez la grosse vrillette.
- Examiner la vermoulure au sol ou sur un rebord : des granules en forme de lentille d'environ 1 mm signent l'espèce.
- Chercher la source d'humidité ou la fuite qui a permis l'installation du champignon, condition indispensable à la présence de l'insecte.
- Repérer une éventuelle dégradation fongique du bois à proximité des trous.
- Faire sonder mécaniquement les bois de charpente par un professionnel pour évaluer l'étendue réelle sous une surface parfois intacte.
Ce qui aggrave
- Conclure à une infestation active sur la seule vue de trous anciens, parce que les trous et les galeries persistent dans le bois longtemps après la fin de l'attaque.
- Traiter l'insecte sans identifier l'espèce, parce que les cycles larvaires diffèrent fortement selon les xylophages et conditionnent le traitement.
- Ignorer l'humidité du bois, parce que la grosse vrillette n'attaque que des bois déjà dégradés par un champignon : traiter l'insecte sans traiter l'eau laisse la cause en place.
- Utiliser un produit de traitement sans vérifier sa certification, parce qu'il existe une certification des produits (CTB-P+) distincte de celle des entreprises (CTB-A+).
Ce que fait un professionnel
Et quand c'est le seul recoursLe professionnel commence par un diagnostic complet et un sondage mécanique de tous les bois, seul moyen de révéler l'étendue réelle de la dégradation sous une surface parfois intacte. Il buche ensuite les parties vermoulues, puis brosse et dépoussière les galeries et l'ensemble des surfaces : ces opérations de préparation conditionnent l'efficacité du traitement.
Le traitement en profondeur se fait par injection dans des puits forés selon l'essence et la section des bois, ou par gel, complété par une application de surface sur toutes les faces accessibles. Sur un bois déjà attaqué, le traitement doit s'accompagner de la suppression de la source d'humidité et du traitement de l'attaque fongique, faute de quoi l'infestation se rétablit. Dans les constructions neuves, la protection des bois porteurs contre ces insectes est une obligation réglementaire sur tout le territoire depuis l'arrêté du 27 juin 2006 ; dans le bâti existant, aucune réglementation n'impose de traitement, mais les opérateurs qui interviennent doivent être titulaires d'un certificat biocide depuis juillet 2015.
En détail
Insectes du boisIdentification et morphologie
L'adulte de la grosse vrillette (Xestobium rufovillosum) mesure de 5 à 8 mm, un corps brun roussâtre à l'aspect marbré, formé de touffes de soies dorées (une autre source, le FCBA, situe la taille entre 5 et 7 mm et la couleur en brun foncé, sans que les deux valeurs soient arbitrées entre elles). La larve, blanche et arquée, atteint 10 à 11 mm, et l'œuf ovoïde ne mesure que 0,6 à 0,7 mm.
Le nom vernaculaire d'horloge de la mort vient du bruit de tapotement que produit l'insecte, sans que les sources consultées n'en précisent le mécanisme ni la fonction.
Cycle de vie et reproduction
La femelle pond en moyenne 60 à une centaine d'œufs, qui éclosent après une incubation d'une quinzaine de jours. L'adulte ne vit que 8 à 10 semaines, mais le cycle complet, de l'œuf à l'émergence, dure au minimum deux ans, en moyenne trois ans, et exceptionnellement jusqu'à dix ans (le FCBA écrit de son côté que l'adulte vit de 1 à 10 ans, une formulation différente publiée sans arbitrage entre les deux sources). Une fois sa métamorphose achevée, l'imago peut rester dans sa cavité nymphale jusqu'à la fin de l'hiver avant de sortir du bois.
Où et quand la rencontrer en France
L'espèce s'attaque au chêne, au bouleau, à l'aulne, à l'orme, au saule, au châtaignier et au hêtre, mais uniquement lorsque ce bois a déjà été dégradé par un champignon lignivore de pourriture cubique ou fibreuse, à une humidité d'au moins 22 % et une température de 22 à 25 °C. Elle est rare dans les constructions modernes et fréquente dans les édifices anciens ; les infestations augmentent après des épisodes de pluies abondantes, d'inondations ou de cyclones. Les adultes s'envolent à partir d'avril, avec un pic documenté en avril et mai. La base d'occurrences GBIF recense 1495 signalements de l'espèce en France, un indicateur de présence documentée et non une mesure de densité de population.
Signes d'infestation
- Trous de sortie ronds de 2 à 4 mm à la surface du bois.
- Vermoulure en petites lentilles brunes d'environ 1 mm, un granulé aplati et non une poudre : c'est le signe le plus discriminant à l'œil nu.
- Présence conjointe d'un champignon lignivore et d'une source d'humidité, puisque l'espèce n'attaque jamais un bois sain.
- Un bruit de tapotement dans la charpente, à l'origine du nom d'horloge de la mort.
Grosse vrillette ou espèce voisine ?
La confusion la plus fréquente est la petite vrillette (Anobium punctatum) : elle mesure 2 à 5 mm et laisse des trous de 1 à 3 mm, contre 5 à 8 mm et des trous de 2 à 4 mm pour la grosse vrillette. La vermoulure tranche aussi : en lentilles d'environ 1 mm chez la grosse vrillette, en amas granuleux chez la petite, qui n'exige pas de bois préalablement attaqué par un champignon.
Avec le capricorne des maisons (Hylotrupes bajulus), c'est la forme du trou qui tranche : ovale chez le capricorne, parfaitement circulaire chez la grosse vrillette. Le capricorne est aussi le seul des deux à s'attaquer aux résineux, la grosse vrillette visant surtout des feuillus déjà altérés.
Ce que dit la réglementation française
Dans le neuf, les articles L. 112-17 et R. 112-2 à R. 112-4 du code de la construction et de l'habitation, avec leur arrêté d'application du 27 juin 2006, imposent la protection des bois porteurs contre les insectes à larves xylophages sur tout le territoire, pour les permis de construire déposés après le 1er novembre 2006. Dans le bâti existant, il n'existe en revanche aucune réglementation imposant un traitement préventif ou curatif. Les opérateurs qui interviennent sur un chantier doivent cependant détenir un certificat biocide depuis juillet 2015, et les cahiers des charges professionnels exigent souvent que l'entreprise soit certifiée CTB-A+.
Méthodes de traitement professionnelles
Le traitement commence par un diagnostic et un sondage mécanique de tous les bois, puis un bûchage des parties vermoulues, un brossage et un dépoussiérage des galeries et des surfaces. Vient ensuite un traitement en profondeur, par injection dans des puits forés selon l'essence et la section du bois ou par gel, complété par une application de surface sur les faces accessibles. En traitement préventif, sur bois sain, seuls les ancrages et les bois en contact avec la maçonnerie sont injectés. Dans tous les cas, la suppression de la source d'humidité et le traitement du champignon lignivore conditionnent la durabilité de l'intervention, puisque l'insecte ne peut se réinstaller sur un bois assaini.
Pour les objets et boiseries patrimoniaux, un référentiel de conservation préventive décrit aussi l'anoxie (privation d'oxygène en poche statique ou dynamique, 21 jours à 22-25 °C), la congélation entre -25 °C et -30 °C, un traitement par la chaleur entre 50 et 55 °C, et l'irradiation par rayonnement gamma. Ces protocoles visent les collections des musées et ne sont pas transposés par les sources consultées à un traitement domestique courant.
Où on la trouve en France
Le CICRP ne publie pas de répartition française détaillée pour cette espèce. Il indique qu'elle est rare dans les constructions modernes et fréquente dans les édifices anciens.
Le nombre d'occurrences GBIF mesure un effort d'observation naturaliste, pas une densité de population ni une fréquence d'infestation. Il n'est publié ici que comme indicateur de présence documentée sur le territoire.
Ce que dit la réglementation
Protection obligatoire des bois dans la construction neuve. Articles L. 112-17 et R. 112-2 à R. 112-4 du code de la construction et de l'habitation, et leur arrêté d'application du 27 juin 2006. Les bois et matériaux à base de bois participant à la solidité de l'ouvrage doivent être protégés contre les insectes à larves xylophages, sur l'ensemble du territoire national.
Absence de réglementation dans le bâti existant. Il n'existe pas de réglementation particulière concernant les traitements préventifs ou curatifs contre les insectes à larves xylophages dans le bâti existant. Aucune obligation de traitement ne pèse sur le propriétaire d'un bâtiment ancien infesté par ces insectes, à la différence du régime applicable aux termites.
Certificat biocide obligatoire pour les opérateurs. Le certificat biocide est obligatoire pour les opérateurs intervenant sur le chantier depuis juillet 2015, en application de l'arrêté du 9 octobre 2013.
Certification de services de l'entreprise. Le cahier des clauses techniques particulières du FCBA exige que l'entreprise en charge du marché soit titulaire de la certification de services CTB-A+ délivrée par FCBA, ou de toute autre certification de services équivalente.
Anoxie à l'azote généré sur place, statut européen. Le règlement (UE) n° 528/2012 interdit l'emploi d'azote auto-généré à des fins insecticides. Une décision d'exécution de la Commission européenne du 15 juillet 2020 (Bruxelles, C(2020) 4715, article 1) autorise la France à y recourir pour la protection du patrimoine culturel. Les bouteilles d'azote, elles, sont restées autorisées.
Sources. GBIF Backbone Taxonomy, fiche Xestobium rufovillosum, Global Biodiversity Information Facility, consulté le 11 septembre 2026 Fiche Xestobium rufovillosum, rubrique Les insectes de A à Z (site d'origine http://insectes-nuisibles.cicrp.fr en erreur HTTP 500 le 11 septembre 2026, consultation par l'archive Wayback Machine), CICRP, Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine, Marseille, base Insectes nuisibles et dangereux pour les oeuvres du patrimoine culturel, constituée avec l'INRA, consulté le 11 septembre 2026 Insectes à larves xylophages : réglementation, diagnostic et traitement, fiche technique, mars 2015, Institut technologique FCBA, marque de certification de services CTB-A+, organisme certificateur reconnu par le COFRAC, consulté le 11 septembre 2026 Fiche Hylotrupes bajulus, rubrique Les insectes de A à Z (site d'origine http://insectes-nuisibles.cicrp.fr en erreur HTTP 500 le 11 septembre 2026, consultation par l'archive Wayback Machine), CICRP, Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine, Marseille, base Insectes nuisibles et dangereux pour les oeuvres du patrimoine culturel, constituée avec l'INRA, consulté le 11 septembre 2026 Cahier des clauses techniques particulières (CCTP), traitement curatif des bois contre les insectes à larves xylophages, Institut technologique FCBA, marque de certification de services CTB-A+, organisme certificateur reconnu par le COFRAC, consulté le 11 septembre 2026 Tableau comparatif des traitements de désinsectisation, fiche méthodologique de conservation préventive, rubrique Infestation, C2RMF, Centre de recherche et de restauration des musées de France, ministère de la Culture, consulté le 11 septembre 2026 GBIF Occurrence Search, filtre country=FR, taxonKey=1095669, Global Biodiversity Information Facility, consulté le 11 septembre 2026
