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Insectes du bois · Repères pour reconnaître
Fiche d'identification

Capricorne des maisons

Hylotrupes bajulus

Le capricorne des maisons est un coléoptère xylophage dont la larve se développe pendant plusieurs années à l'intérieur des bois résineux de charpente, de plancher ou de menuiserie. On le rencontre en France sur les bois de pin, sapin, épicéa, mélèze ou Douglas, avec des sorties d'adultes observées de juin à août. L'enjeu n'est pas sanitaire mais structurel : la larve évide le bois sans toucher à la surface, ce qui rend l'inspection visuelle seule insuffisante.

Pic : juin à août Diagnostic préalable et sondage mécanique
Capricorne des maisons
Les repères biologiques · 11 septembre 2026
Taille adulte
10 à 25 mm
Incubation
7 à 20 jours
Ponte
jusqu'à 200 œufs par ponte
Longévité
7 jours
Ce qu'il faut retenir

En France, c'est le seul cérambycide domestique à s'attaquer aux bois résineux, les trois autres espèces rencontrées dans l'habitat se développant toutes sur des feuillus.

Reconnaître une infestation

Classé par gravité
Signe déterminant
Signes d'une infestation de capricorne des maisons : ce qui se voit avant l'insecte
Trou de sortie ovale de 6 à 10 mm, bois sain en surface mais détruit à l'intérieur, bruit de grignotage : ces signes précèdent souvent la vue de l'insecte adulte.
Mise en relation

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Les risques réels

Aucune des sources consultées n'attribue au capricorne des maisons de piqûre, de morsure, de pouvoir urticant ou de transmission d'agent pathogène : le risque sanitaire direct n'est pas documenté.

Le risque réel est matériel. La larve évide l'intérieur du bois résineux sans jamais transpercer la surface, et les galeries peuvent s'étendre jusqu'à la périphérie de la pièce attaquée. Une charpente dont les faces semblent intactes peut donc avoir perdu une partie importante de sa résistance mécanique. La larve est par ailleurs capable de transpercer une plaque de plomb ou de zinc, ce qui signale un pouvoir de perforation qui dépasse le seul bois.

Avant d'appeler quelqu'un

Ce qui dépend de vous

Ce qui est utile

  • Repérer la forme et la taille du trou de sortie : ovale, de 6 à 10 mm selon le FCBA, jusqu'à 8 mm selon le CICRP, pour écarter une vrillette ou un lyctus.
  • Vérifier l'essence du bois attaqué : le capricorne des maisons ne s'attaque qu'aux résineux (pin, sapin, épicéa, mélèze, Douglas).
  • Sonder mécaniquement les pièces suspectes même si la surface paraît intacte, car la vermoulure comble les galeries sans jamais transpercer le bois.
  • Observer le sens des galeries : elles suivent toujours le fil du bois chez cette espèce.
  • Noter la période d'observation d'adultes vivants, les sorties étant documentées de juin à août.
  • Mesurer l'étendue des pièces de bois touchées avant de faire intervenir un professionnel.

Ce qui aggrave

  • Se fier à l'aspect extérieur du bois, parce que la vermoulure comble les galeries sans jamais transpercer la surface et qu'un bois d'apparence saine peut être entièrement évidé à l'intérieur.
  • Confondre le capricorne avec une vrillette sur la seule taille de l'insecte, parce que c'est la forme du trou de sortie qui tranche : ovale chez le capricorne, rond chez les vrillettes et le lyctus.
  • Faire traiter une charpente sans diagnostic préalable, parce que chaque situation exige un diagnostic précis qui conditionne le choix et l'étendue du traitement.
  • Confier le traitement à un opérateur sans certificat biocide, parce que ce certificat est obligatoire depuis juillet 2015 pour toute intervention sur chantier.
  • Recourir à une entreprise ou un produit sans vérifier sa certification, parce qu'il existe une certification des entreprises (CTB-A+) distincte de celle des produits de traitement.
  • Conclure à une infestation active sur la seule vue de trous anciens, parce que les trous de sortie et les galeries persistent dans le bois longtemps après la fin de l'attaque.

Ce que fait un professionnel

Et quand c'est le seul recours

Le professionnel commence par un sondage mécanique de toutes les pièces de bois suspectes, seul moyen de révéler l'étendue réelle des dégâts sous une surface souvent intacte. Il procède ensuite au bûchage des parties vermoulues, puis au brossage et au dépoussiérage des galeries apparentes : ces opérations de préparation sont indissociables du traitement lui-même.

Sur les bois résineux équarris, le traitement de fond se fait par forage de puits d'injection tous les 33 cm environ, aux deux tiers de l'épaisseur, complété par une application de surface sur toutes les faces accessibles. En traitement préventif, sur bois encore sain, l'injection se limite aux ancrages et aux bois en contact avec les maçonneries. L'intervention d'un professionnel certifié est le seul recours pour une charpente porteuse déjà attaquée : le diagnostic conditionne l'étendue du traitement, et l'opérateur doit être titulaire d'un certificat biocide, obligatoire depuis juillet 2015.

En détail

Insectes du bois

Identification et morphologie

L'adulte du capricorne des maisons (Hylotrupes bajulus) mesure 10 à 20 mm, avec des individus atteignant 25 mm selon le CICRP ; les femelles sont plus grandes que les mâles. Sa coloration va du jaune brun pâle au brun très sombre ou noir (le FCBA le décrit comme noir). Le prothorax, en forme de cœur, porte deux excroissances plates et luisantes qui aident à le reconnaître.

La larve naît à 3 mm et atteint 20 à 25 mm en fin de développement, parfois jusqu'à 30 mm. L'œuf mesure environ 0,2 mm.

Aucune autre espèce de cérambycide rencontrée dans l'habitat français ne s'attaque aux résineux : les trois autres capricornes domiciles, du genre Trichoferus, se développent sur bois feuillus. Ce trait écologique suffit, à lui seul, à orienter le diagnostic vers le capricorne des maisons dès que l'essence attaquée est identifiée.

Cycle de vie et reproduction

L'accouplement a lieu de juin à septembre, dure environ trois minutes, et la ponte intervient au plus tard trois jours après. Une femelle dépose en moyenne une trentaine d'œufs, parfois jusqu'à 200 selon le CICRP (le FCBA donne une fourchette de 20 à 100 œufs), par groupes de 4 à 7 dans les fentes du bois. L'incubation dure de 7 à 20 jours, la nymphose environ 15 jours.

Le développement larvaire s'étend sur 3 à 5 ans, et peut atteindre dix ans. Il ralentit en dessous de 15 °C. Les adultes, eux, ne s'alimentent pas : le CICRP leur donne une longévité d'une quinzaine de jours pour le mâle et d'une semaine en moyenne pour la femelle, tandis que le FCBA indique de son côté 3 à 4 semaines, les deux valeurs étant publiées sans arbitrage entre les sources.

Où et quand le rencontrer en France

Le capricorne des maisons s'attaque exclusivement aux bois résineux. Les pins sont particulièrement touchés ; le sapin, l'épicéa, le mélèze et le Douglas le sont moins. Il se développe dans les charpentes, planchers, menuiseries et le bois mis en œuvre.

La base GBIF comptabilise 2 318 observations géolocalisées en France sur 10 489 dans le monde (relevé du 11 septembre 2026) : ce chiffre mesure un effort d'observation naturaliste, pas une densité d'infestation. Le CICRP signale que les côtes méditerranéenne et atlantique offrent des conditions favorables à l'espèce. Les sorties d'adultes sont documentées de juin à août, avec une période d'accouplement qui se prolonge jusqu'en septembre.

Signes d'infestation

  • Trou de sortie ovale, jusqu'à 8 mm selon le CICRP, de 6 à 10 mm selon le FCBA : c'est le critère qui sépare d'emblée le capricorne de toutes les vrillettes et du lyctus, dont les trous sont ronds.
  • Surface saine, intérieur détruit : la vermoulure forme des tronçons cylindriques d'environ 0,8 sur 0,5 mm qui comblent les galeries sans jamais transpercer la surface du bois. Les galeries peuvent s'étendre jusqu'à la périphérie de la pièce.
  • Galeries orientées dans le sens du fil du bois.
  • Un bruit de mastication peut se percevoir dans le silence, la galerie progressant d'environ un centimètre par jour.

Le sondage mécanique des bois reste indispensable, puisqu'une surface d'apparence intacte peut dissimuler un bois entièrement évidé.

Confusions possibles

Le capricorne des maisons se confond surtout avec les vrillettes et le lyctus. Le critère qui tranche est presque toujours la forme du trou de sortie et l'essence de bois attaquée : les vrillettes et le lyctus laissent des trous ronds de 1 à 4 mm, contre des trous ovales de 6 à 10 mm pour le capricorne, qui est par ailleurs la seule de ces espèces domiciles à s'attaquer aux résineux.

Réglementation française

Dans le neuf, les bois et matériaux à base de bois participant à la solidité de l'ouvrage doivent être protégés contre les insectes à larves xylophages, sur tout le territoire, pour les permis de construire déposés après le 1er novembre 2006 (articles L. 112-17 et R. 112-2 à R. 112-4 du code de la construction et de l'habitation, arrêté du 27 juin 2006). Cette protection peut être naturelle, conférée par traitement, ou assurée par un système constructif permettant la surveillance et le remplacement des bois contaminés.

Dans l'ancien, il n'existe pas de réglementation imposant un traitement, préventif ou curatif, contre ces insectes. Les opérateurs intervenant sur chantier doivent en revanche être titulaires d'un certificat biocide depuis juillet 2015.

Méthodes de traitement professionnelles

Le traitement commence toujours par un diagnostic et un sondage mécanique de l'ensemble des bois, puis par le bûchage des parties vermoulues, le brossage et le dépoussiérage. Sur les bois résineux équarris d'un demi-périmètre d'au moins 200 mm et d'une section d'au moins 70 mm, ainsi que sur tous les bois bûchés, le traitement se fait par injection : des puits sont forés tous les 33 cm environ, aux deux tiers de l'épaisseur. Des puits sont également forés dans les bois en contact avec les maçonneries et au niveau des encastrements. Une application de surface complète le traitement sur toutes les faces accessibles.

En traitement préventif, sur bois encore sain, l'injection se limite aux ancrages et aux bois en contact avec les maçonneries, une application de surface suffisant à protéger le reste de l'ouvrage.

Où on la trouve en France

Le CICRP indique que les côtes méditerranéenne et atlantique offrent des conditions favorables à l'espèce.

Le nombre d'occurrences GBIF mesure un effort d'observation naturaliste, pas une densité de population ni une fréquence d'infestation. Il n'est publié ici que comme indicateur de présence documentée sur le territoire.

Ce que dit la réglementation

Protection obligatoire des bois dans la construction neuve. Articles L. 112-17 et R. 112-2 à R. 112-4 du code de la construction et de l'habitation, et leur arrêté d'application du 27 juin 2006. Les bois et matériaux à base de bois participant à la solidité de l'ouvrage doivent être protégés contre les insectes à larves xylophages, sur l'ensemble du territoire national.

Absence de réglementation dans le bâti existant. Il n'existe pas de réglementation particulière concernant les traitements préventifs ou curatifs contre les insectes à larves xylophages dans le bâti existant. Aucune obligation de traitement ne pèse sur le propriétaire d'un bâtiment ancien infesté par ces insectes, à la différence du régime applicable aux termites.

Certificat biocide obligatoire pour les opérateurs. Le certificat biocide est obligatoire pour les opérateurs intervenant sur le chantier depuis juillet 2015, en application de l'arrêté du 9 octobre 2013.

Certification de services de l'entreprise. Le cahier des clauses techniques particulières du FCBA exige que l'entreprise en charge du marché soit titulaire de la certification de services CTB-A+ délivrée par FCBA, ou de toute autre certification de services équivalente.

Anoxie à l'azote généré sur place, statut européen. Le règlement (UE) n° 528/2012 interdit l'emploi d'azote auto-généré à des fins insecticides. Une décision d'exécution de la Commission européenne du 15 juillet 2020 (Bruxelles, C(2020) 4715, article 1) autorise la France à y recourir pour la protection du patrimoine culturel. Les bouteilles d'azote, elles, sont restées autorisées.

Sources. GBIF Backbone Taxonomy, fiche Hylotrupes bajulus, Global Biodiversity Information Facility, consulté le 11 septembre 2026 Fiche Hylotrupes bajulus, rubrique Les insectes de A à Z (site d'origine http://insectes-nuisibles.cicrp.fr en erreur HTTP 500 le 11 septembre 2026, consultation par l'archive Wayback Machine), CICRP, Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine, Marseille, base Insectes nuisibles et dangereux pour les oeuvres du patrimoine culturel, constituée avec l'INRA, consulté le 11 septembre 2026 Insectes à larves xylophages : réglementation, diagnostic et traitement, fiche technique, mars 2015, Institut technologique FCBA, marque de certification de services CTB-A+, organisme certificateur reconnu par le COFRAC, consulté le 11 septembre 2026 Cahier des clauses techniques particulières (CCTP), traitement curatif des bois contre les insectes à larves xylophages, Institut technologique FCBA, marque de certification de services CTB-A+, organisme certificateur reconnu par le COFRAC, consulté le 11 septembre 2026 Tableau comparatif des traitements de désinsectisation, fiche méthodologique de conservation préventive, rubrique Infestation, C2RMF, Centre de recherche et de restauration des musées de France, ministère de la Culture, consulté le 11 septembre 2026 GBIF Occurrence Search, filtre country=FR, taxonKey=7576840, Global Biodiversity Information Facility, consulté le 11 septembre 2026

Traiter, méthode par méthode

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