Où se cachent les martres des pins dans un logement
Vous saurez pourquoi la martre des pins reste rare à l'intérieur d'un logement et quels abords du terrain examiner en priorité. Vous saurez aussi ce qui, dans son régime alimentaire varié, peut l'attirer près d'un bâtiment.
Vous vivez près d'un massif forestier ou en lisière de bois et vous avez repéré des indices qui vous font penser à une martre des pins autour de chez vous : passage nocturne, restes de nourriture déplacés, empreintes sur un sol meuble. La question qui vient immédiatement est de savoir où l'animal se tient dans la journée et s'il peut s'être installé dans le logement lui même.
La martre des pins n'est pas un animal qui recherche naturellement la proximité de l'homme. C'est une espèce forestière, liée aux grandes forêts homogènes de résineux, de feuillus ou de forêts mixtes, qui se tient généralement à l'écart des habitations. Chercher sa cache impose donc de commencer par le terrain et les abords boisés, pas par les combles.
Cela ne veut pas dire qu'un contact est impossible. Son régime alimentaire très varié, carnivore, insectivore et frugivore, et surtout sa consommation de charognes en hiver, peut la conduire à s'approcher d'un bâtiment isolé si la nourriture ou un abri s'y trouvent.
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Les endroits à inspecter, du plus probable au plus rare
Martre des pinsLa forêt et la lisière, premier lieu à inspecter
La martre des pins est une espèce essentiellement forestière. Elle vit dans les espaces boisés de surface importante et homogènes : forêts de résineux, de feuillus ou forêts mixtes. Le premier endroit à examiner n'est donc pas la maison elle même, mais ce qui relie le terrain à un massif boisé : haie continue, bosquet, alignement d'arbres ou lisière de bois. C'est là, dans le couvert végétal, que l'animal circule et se tient le plus souvent.
Elle évite en général les clairières pendant la journée, ce qui signifie qu'elle privilégie les trajets couverts plutôt que les espaces ouverts et dégagés d'un jardin tondu. Si votre terrain jouxte un bois dense, c'est là, et non près de la maison, que ses passages sont les plus probables.
Le bois et les abris qui prolongent la forêt
Un tas de bois, un tas de fagots, un cabanon en limite de propriété ou une remise adossée à un bosquet reproduisent les conditions d'un sous bois dense : obscurité, humidité, recoins étroits. Ce sont des extensions du milieu forestier recherché par l'espèce, et donc des points à vérifier avant de remonter vers le bâtiment principal.
Ce qui la fait s'approcher d'un bâtiment : la nourriture
Le régime alimentaire de la martre des pins est très varié selon les saisons et les régions : elle est à la fois carnivore, insectivore et frugivore. Cette diversité explique pourquoi elle peut s'approcher d'installations habituellement associées à l'homme : un poulailler ou de petits animaux domestiques pour la part carnivore, un verger ou des fruits tombés au sol pour la part frugivore, un tas de compost ou de bois entamé pour les insectes qu'il abrite. Sa formule dentaire, composée de 38 dents, correspond à un régime généraliste, cohérent avec cette alimentation qui associe proies, fruits et charognes selon la saison.
En hiver, les cadavres représentent 30 à 40 % de son alimentation. Un animal mort non retiré, une carcasse de volaille ou des restes alimentaires accessibles peuvent donc attirer l'animal à proximité immédiate d'un bâtiment, alors même que l'espèce reste globalement discrète vis à vis des habitations.
L'intérieur du logement : un cas réservé aux situations isolées
La martre des pins se tient généralement à l'écart des habitations. Une présence effective à l'intérieur d'un logement, dans des combles ou une toiture, reste donc un cas de figure minoritaire par rapport à son comportement habituel. Il concerne surtout des constructions isolées, directement au contact d'un grand massif forestier, où le bâtiment fonctionne comme un simple prolongement du couvert boisé plutôt que comme un habitat recherché pour lui même.
Avec un poids compris entre 500 grammes et 2,2 kilogrammes et une longueur totale de 72 centimètres dont 20 centimètres de queue, la martre des pins reste un animal de petite taille, capable de se glisser par des ouvertures réduites si elle s'approche malgré tout d'une toiture ou d'une charpente.
Son pelage brun dense et ses coussinets plantaires couverts de poils lui permettent des déplacements silencieux, y compris sur une charpente ou une toiture, ce qui peut rendre sa détection tardive dans les rares cas où elle s'installe effectivement dans une construction.
Une espèce présente sur une grande partie du territoire, mais pas partout
La martre des pins est présente dans toute l'Europe à l'exception de l'extrême nord, ainsi que dans une grande partie de l'Asie. En France, elle est absente de Corse et des îles de l'Atlantique. Le nombre d'occurrences relevées sur le territoire français, 54 531 selon le GBIF, reflète l'effort d'observation naturaliste et non une densité de population : la probabilité d'un contact reste avant tout liée à la présence d'un massif forestier homogène à proximité immédiate du logement, plus qu'à la seule localisation géographique.
Efficace, inutile
DépartageCe qui marche
- Inspecter en priorité les haies continues, bosquets et lisières de bois reliant le terrain à un massif forestier.
- Vérifier les tas de bois, cabanons et remises en limite de propriété, qui reproduisent les conditions d'un sous bois dense.
- Sécuriser les poulaillers et les petits animaux domestiques, une source de nourriture carnivore pour l'espèce.
- Retirer rapidement tout animal mort ou toute carcasse, la martre des pins consommant des charognes en hiver.
- Ramasser les fruits tombés au sol dans un verger, qui peuvent attirer l'animal pour sa part d'alimentation frugivore.
- N'examiner combles et toiture que si le logement est isolé et directement au contact d'un grand massif forestier homogène.
Ce qui ne marche pas
- Chercher en priorité dans les combles, alors que l'espèce se tient généralement à l'écart des habitations.
- Négliger l'inspection des haies, bosquets et tas de bois au profit du seul bâtiment.
- Laisser des déchets organiques ou du compost accessibles à proximité de la maison.
- Laisser une carcasse ou un animal mort sans le retirer, une source d'attrait direct en hiver.
- Se fier au seul nombre d'observations GBIF pour évaluer la présence locale : ce chiffre mesure l'effort d'observation naturaliste, pas la densité réelle de population.
Sources. Fiche Martes martes, collections de biologie, classification phylogénétique, carnivores, mustélidés, Université de Bordeaux, collections de biologie, rubriques régime alimentaire et écologie, consulté le 11 septembre 2026
