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Pyralidae · Repères pour reconnaître
Fiche d'identification

Pyrale indienne des fruits secs

Plodia interpunctella

La pyrale indienne des fruits secs, Plodia interpunctella, est un petit papillon qui se développe dans les denrées sèches stockées : céréales, fruits secs, farines, chocolat ou aliments pour animaux. On la repère d'abord au vol, papillonnant au-dessus d'un placard, puis aux toiles soyeuses qui agglomèrent la surface d'un paquet entamé. L'espèce ne s'attaque ni aux vêtements, ni au bois, ni au cuir : seule la nourriture est en jeu.

Dégâts matériels, pas de risque sanitaire placards et denrées sèches stockées Anoxie statique
Pyrale indienne des fruits secs
Les repères biologiques · 11 septembre 2026
Taille adulte
15 à 20 mm
Incubation
2 à 10 jours
Ponte
60 à 400 œufs par ponte
Longévité
jusqu'à 3 semaines
Activité
Denrées sèches stockées : fruits secs, céréales, graines, farines, chocolat, aliments pour animaux. Les larves ne consomment ni bois, ni papier, ni cuir, ni laine, ni peaux.
Ce qu'il faut retenir

Ses larves matures désertent souvent la denrée infestée pour aller se nymphoser à plusieurs mètres de là, jusqu'au plafond ou dans les angles d'une pièce, sans lien apparent avec le placard contaminé.

Ne pas confondre

2 espèces proches
EspèceCe qui la distingueTailleOù on la trouve
Teigne des vêtements
Tineola bisselliella
Ses ailes antérieures sont uniformément jaune paille satiné, sans le moindre point sombre, et sa chenille se love dans un manchon de soie lâche qu'elle ne transporte jamais, à la différence de la mite à fourreau et de la pyrale indienne. 12 à 16 mm
Vrillette du pain
Stegobium paniceum
Sa massue antennaire de trois articles allongés la distingue à la loupe du lasiodermé du tabac, dont les antennes sont dentées et sans massue. 2 à 3,7 mm placards, réserves alimentaires et bibliothèques

Comparaison établie sur les caractères visibles à l'oeil nu. Un doute persistant se lève sur photo, auprès d'un professionnel ou d'un service d'hygiène communal.

Reconnaître une infestation

Classé par gravité
Signe déterminant
Signes d'une infestation de pyrale indienne des fruits secs : ce qui se voit avant l'insecte
Un papillon qui vole en tourbillonnant, des toiles sur les denrées et des cocons au plafond : ce sont les signes qui précèdent la découverte de la pyrale indienne des fruits secs.
Mise en relation

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Les risques réels

Dégâts matériels, pas de risque sanitaire

Aucune source consultée n'attribue à la pyrale indienne de piqûre, de morsure ni de transmission de maladie à l'humain : le risque sanitaire direct n'est pas documenté pour cette espèce. Le risque réel est celui de la denrée contaminée : les toiles soyeuses et les déjections des larves rendent céréales, farines, fruits secs et chocolat impropres à la consommation, et la larve peut perforer certains emballages pour atteindre un paquet voisin.

Pour l'ensemble des insectes des denrées stockées, dont la pyrale indienne fait partie, une littérature américaine documente aussi un risque indirect : l'introduction de micro-organismes capables de produire des mycotoxines dans un aliment stocké longtemps au chaud et à l'humidité. Cette donnée concerne le groupe des insectes de denrées stockées dans son ensemble et non une mesure isolée sur cette seule espèce.

Avant d'appeler quelqu'un

Ce qui dépend de vous

Ce qui est utile

  • Observer le vol des papillons avant de tout vider : un vol qui papillonne et tourbillonne au-dessus d'un produit signe une infestation de ce produit, un vol en ligne droite indique un adulte de passage.
  • Chercher les toiles soyeuses qui agglomèrent la surface des céréales, farines ou fruits secs.
  • Inspecter l'ensemble du placard, pas seulement le paquet où les papillons ont été vus, ainsi que les fissures des étagères et des tiroirs.
  • Repérer les cocons à distance de la réserve, au plafond ou dans les angles de la pièce : la chenille peut s'y nymphoser à plusieurs mètres de la nourriture.
  • Isoler et jeter tout paquet entamé qui montre des toiles, des grumeaux ou des traces de larves.

Ce qui aggrave

  • Jeter uniquement le paquet où les papillons ont été aperçus, parce que les larves matures se déplacent loin de la source pour se nymphoser et qu'une partie de l'infestation peut rester ailleurs dans le placard.
  • Pulvériser un insecticide dans le placard alimentaire, parce que cette méthode n'est recommandée pour aucun insecte des denrées stockées dans les références consultées.
  • Confondre les papillons avec des mites de vêtements, parce que le traitement adapté n'est pas le même et qu'un traitement textile ne fait rien contre une infestation de placard.
  • Compter sur un piège à phéromone pour éliminer l'infestation, parce qu'il ne sert qu'à détecter les mâles et ne remplace pas la suppression de la source.
  • Laisser les denrées sèches dans des sacs en papier ouverts après achat, parce que cela facilite l'accès des larves et leur permet de perforer l'emballage.

Ce que fait un professionnel

Et quand c'est le seul recours

Sur une infestation qui persiste malgré le nettoyage et l'élimination des paquets contaminés, un professionnel peut recourir à des méthodes physiques précises : un traitement par le froid (température très négative pendant plusieurs jours, avec un refroidissement rapide pour éviter que les insectes n'entrent en diapause), un traitement par la chaleur (température modérée maintenue plusieurs heures, avec contrôle de l'humidité pour ne pas assécher les objets), ou une mise en atmosphère sans oxygène, statique ou dynamique, pendant plusieurs semaines. Ces protocoles, documentés pour la conservation des collections patrimoniales (herbiers, graines, denrées de réserve), demandent un matériel et un contrôle de paramètres que l'habitat ordinaire ne réunit pas : ils ne constituent pas un protocole domestique standard. Un professionnel peut aussi appliquer un traitement ciblé sur les zones de stockage, sous forme liquide ou en gel, lorsque le nettoyage et le froid domestique ne suffisent pas. Le recours à un professionnel devient le passage obligé quand l'infestation touche plusieurs pièces, revient après plusieurs cycles de nettoyage, ou concerne une réserve ou une collection de grande valeur.

En détail

Pyralidae

Identification et morphologie

L'adulte de la pyrale indienne des fruits secs (Plodia interpunctella) est un petit papillon de la famille des Pyralidae, dont l'envergure, ailes déployées, va de 15 à 20 mm, pour une longueur de 8 à 10 mm ailes repliées. Le critère d'identification qui la distingue des autres teignes de denrées est la couleur de ses ailes antérieures : gris jaunâtre sur la moitié basale et brun rougeâtre cuivré sur l'autre moitié, les deux zones étant séparées par une bande noirâtre bien visible. Chez un individu âgé dont les ailes sont frottées, ce contraste s'efface et la confusion avec les teignes du genre Ephestia devient possible.

La larve mesure de 12 à 14 mm à maturité. L'œuf, ovale, mesure de 0,3 à 0,5 mm et n'est pas fixé au support. La nymphe mesure de 6 à 11 mm. Plodia interpunctella est la seule espèce française de son genre.

Cycle de vie et reproduction

Une femelle pond de 60 à près de 400 œufs, isolément ou par paquets de 10 à 30. L'incubation dure de 2 jours à 32 °C à 10 jours à 18 °C, et jusqu'à deux ou trois semaines en conditions défavorables. La larve traverse en général cinq stades, rarement six ou sept, pour un développement larvaire moyen d'un mois, pouvant aller de 16 jours à plusieurs mois. La nymphose dure de 6 jours à 30 °C jusqu'à 30 jours. Fait propre à cette espèce : la chenille quitte souvent la nourriture pour se nymphoser à plusieurs mètres de là, ce qui explique que des cocons se retrouvent au plafond ou dans les angles d'une pièce, loin du placard infesté.

L'adulte ne vit guère plus de trois semaines. Le cycle complet dure de 27 jours en conditions optimales à plus de 300 jours. Le développement larvaire est impossible en dessous de 17 °C et au-dessus de 37 °C avec moins de 40 % d'humidité relative, et une variation de température peut déclencher une diapause.

Où et quand la rencontrer en France

Le CICRP dénombre deux à trois générations par an dans le nord de la France, et jusqu'à cinq dans le Midi, ce qui traduit une présence sur tout le territoire avec une pression croissante vers le sud. L'espèce se développe dans des locaux chauffés, indépendamment de la saison : aucune source consultée ne publie de fenêtre mensuelle de vol propre à la France. Les milieux éclairés réduisent fortement son activité et sa ponte, un levier à garder en tête pour les zones de stockage.

Signes d'infestation

  • Vol qui papillonne et tourbillonne au-dessus d'un produit : ce comportement signe une infestation de ce produit, à la différence d'un vol en ligne droite qui indique un adulte de passage.
  • Toiles soyeuses en surface des denrées, qui agglomèrent les particules alimentaires.
  • Cocons trouvés loin du foyer d'infestation, au plafond ou dans les angles d'une pièce.
  • Papillons aux ailes nettement bicolores, séparées par une bande noirâtre.

Le développement larvaire dans les fruits secs, céréales, graines, farines, chocolat et aliments pour animaux ne s'étend ni au bois, ni au papier, ni au cuir, ni à la laine, ni aux peaux : c'est ce qui distingue le dégât de la pyrale indienne de celui d'une teigne de vêtements.

Réglementation française

Aucune des sources consultées n'attache à cette espèce de statut de protection, d'arrêté de lutte obligatoire ni d'obligation particulière pesant sur le propriétaire ou le locataire ; une vérification nominative exhaustive sur Légifrance n'a pas pu être menée, ce site renvoyant une erreur à l'interrogation automatisée. Un texte encadre en revanche une méthode de traitement des collections patrimoniales : le règlement européen n° 528/2012 interdit en principe l'emploi d'azote auto-généré à des fins insecticides, mais une décision d'exécution de la Commission européenne du 15 juillet 2020 a autorisé la France à y recourir pour la protection du patrimoine culturel, une dérogation accordée jusqu'au 31 décembre 2024 et à réévaluer à cette échéance. La source disponible, rédigée en 2022, ne précise pas la suite donnée à cette dérogation après cette date.

Méthodes de traitement professionnelles

Les protocoles documentés proviennent d'un référentiel de conservation préventive destiné aux collections patrimoniales (herbiers, graines, denrées de réserve) et non d'un protocole domestique standard. Ils reposent sur cinq principes : l'anoxie statique ou dynamique (moins de 1000 ppm d'oxygène, 22 à 25 °C, 21 jours), le froid (entre -25 °C et -30 °C, 3 à 7 jours à -25 °C minimum, avec un refroidissement rapide pour éviter la diapause), la chaleur (50 à 55 °C, 3 heures de traitement effectif avec maîtrise de l'humidité), le rayonnement gamma (dose de 500 Gy minimum, sans rémanence) et l'application d'un traitement ciblé en solution ou en gel sur les zones concernées. Un professionnel choisit la méthode en fonction du matériau à traiter et des objets présents, et reste le recours pertinent lorsque l'infestation persiste après le nettoyage, revient à plusieurs reprises ou concerne une réserve étendue.

Où on la trouve en France

Le CICRP indique deux à trois générations annuelles dans le nord de la France et jusqu'à cinq dans le Midi, ce qui traduit une présence sur tout le territoire avec une pression croissante vers le sud.

Le nombre d'occurrences GBIF mesure un effort d'observation naturaliste, pas une densité de population ni une fréquence d'infestation. Il n'est publié ici que comme indicateur de présence documentée sur le territoire.

Ce que dit la réglementation

Aucun statut réglementaire propre à l'espèce. Aucune des sources consultées n'attache à cette espèce de statut de protection, d'arrêté de lutte obligatoire, de classement en espèce susceptible d'occasionner des dégâts ni d'obligation pesant sur le propriétaire ou le locataire. Espèce des denrées stockées, sans texte spécifique identifié

Anoxie à l'azote généré sur place, statut européen. Le règlement (UE) n° 528/2012 interdit l'emploi d'azote auto-généré à des fins insecticides. Une décision d'exécution de la Commission européenne du 15 juillet 2020 (Bruxelles, C(2020) 4715, article 1) autorise la France à y recourir pour la protection du patrimoine culturel. Les bouteilles d'azote sont restées autorisées pour l'anoxie dynamique.

Sources. GBIF Backbone Taxonomy, fiche Plodia interpunctella, Global Biodiversity Information Facility, consulté le 11 septembre 2026 Fiche Plodia interpunctella, rubrique Les insectes de A à Z (site d'origine http://insectes-nuisibles.cicrp.fr en erreur HTTP 500 le 11 septembre 2026, consultation par l'archive Wayback Machine), CICRP, Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine, Marseille, base Insectes nuisibles et dangereux pour les oeuvres du patrimoine culturel, constituée avec l'INRA, consulté le 11 septembre 2026 Fiche Stegobium paniceum, rubrique Les insectes de A à Z (site d'origine http://insectes-nuisibles.cicrp.fr en erreur HTTP 500 le 11 septembre 2026, consultation par l'archive Wayback Machine), CICRP, Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine, Marseille, base Insectes nuisibles et dangereux pour les oeuvres du patrimoine culturel, constituée avec l'INRA, consulté le 11 septembre 2026 Tableau comparatif des traitements de désinsectisation, fiche méthodologique de conservation préventive, rubrique Infestation, C2RMF, Centre de recherche et de restauration des musées de France, ministère de la Culture, consulté le 11 septembre 2026 GBIF Occurrence Search, filtre country=FR, taxonKey=1873079, Global Biodiversity Information Facility, consulté le 11 septembre 2026

Traiter, méthode par méthode

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Aller plus loin sur cette espèce

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