Aller au contenu
Le Guide des nuisiblesReconnaître, comprendre, agir
Tineidae · Repères pour reconnaître
Fiche d'identification

Teigne des vêtements

Tineola bisselliella

La teigne des vêtements, Tineola bisselliella, est un petit papillon jaune paille dont la chenille se nourrit de laine, de fourrure, de plumes et de soie. On la rencontre dans les penderies, les coffres de rangement et les tissus stockés à l'abri de la lumière, où elle laisse des trous irréguliers et des manchons de soie sur les fibres attaquées. Les fibres synthétiques ne l'intéressent pas, ce qui explique que seuls certains vêtements d'une même armoire soient touchés.

Pic : mai à août Anoxie statique
Teigne des vêtements
Les repères biologiques · 11 septembre 2026
Taille adulte
12 à 16 mm
Couleur
Le mâle vole, la femelle marche ou saute.
Incubation
7 à 21 jours
Ponte
30 à 200 œufs par ponte
Longévité
15 à 20 jours
Activité
La chenille consomme la kératine des matières animales, laine, fourrure, plumes, soie. Elle ne consomme pas les fibres synthétiques et ne peut pas se contenter de kératine seule :
Ce qu'il faut retenir

La teigne des vêtements ne s'attaque pas au hasard : elle recherche la kératine des fibres animales et laisse intacts les synthétiques, ce qui explique que seuls certains vêtements d'une même penderie soient rongés.

Ne pas confondre

2 espèces proches
EspèceCe qui la distingueTailleOù on la trouve
Mite à fourreau
Tinea pellionella
Un petit fourreau tubulaire, aplati, ouvert à ses deux extrémités et traîné sur le tissu abîmé, alors que la teigne des vêtements ne laisse qu'un simple manchon de soie non transportable. 12 à 17 mm
Pyrale indienne des fruits secs
Plodia interpunctella
Les ailes antérieures de l'adulte sont nettement bicolores, gris jaunâtre à la base et brun rougeâtre cuivré à l'extrémité, séparées par une bande noirâtre visible à l'œil nu ou à la loupe. 15 à 20 mm placards et denrées sèches stockées

Comparaison établie sur les caractères visibles à l'oeil nu. Un doute persistant se lève sur photo, auprès d'un professionnel ou d'un service d'hygiène communal.

Reconnaître une infestation

Classé par gravité
Signe déterminant
Signes d'une infestation de teigne des vêtements : ce qui se voit avant l'insecte
Trous dans la laine, manchons soyeux sur les tissus et petits papillons jaune paille : les signes qui trahissent la teigne des vêtements avant qu'on la voie.
Mise en relation

Parlez-nous de ce qui se passe chez vous.

Décrivez votre problème et laissez un moyen de vous joindre. STRATINET reçoit votre demande pour vous recontacter. C’est gratuit et sans engagement.

1. La situation2. Vous joindre
Que se passe-t-il chez vous ?
Comment vous joindre ?

Les risques réels

Aucune des sources consultées n'attribue à la teigne des vêtements de piqûre, de morsure, de pouvoir urticant ou de transmission d'agent pathogène : le risque sanitaire direct documenté est nul. L'hypothèse d'une allergie respiratoire aux débris de mites circule parfois, mais aucune source primaire ne l'établit pour cette espèce, elle n'est donc pas retenue ici.

Le risque réel est matériel : les lainages, fourrures, feutres, tapis, tapisseries et costumes en matières animales sont dégradés par la chenille, qui laisse des trous irréguliers et des manchons de soie. Les fibres synthétiques ne sont pas concernées.

Avant d'appeler quelqu'un

Ce qui dépend de vous

Ce qui est utile

  • Examiner les textiles en laine, fourrure, plumes ou soie, matière par matière, en laissant de côté les synthétiques.
  • Repérer les manchons de soie lâches et les trous irréguliers sur les vêtements suspects.
  • Isoler les pièces atteintes du reste de la penderie ou du coffre de rangement.
  • Aspirer les recoins sombres : plinthes, dessous de meubles, fissures, avant de vider le sac aussitôt.
  • Laver à haute température ou faire nettoyer à sec les textiles atteints qui le supportent.
  • Fermer hermétiquement les contenants de stockage des textiles propres.

Ce qui aggrave

  • Ranger des vêtements salis ou tachés, parce que la nourriture, la transpiration ou l'urine résiduelle rendent le tissu plus attractif pour la chenille.
  • Se fier à un contenant simplement rabattu, parce que les jeunes chenilles pénètrent par des interstices de plus de 0,04 mm.
  • Compter uniquement sur un coffre ou une penderie en cèdre, parce que l'effet du bois s'amenuise avec les années et ne tue pas les grandes larves.
  • Retraiter un placard sans en sortir ni nettoyer les vêtements qui y étaient rangés, parce que les œufs et les larves restent sur les textiles non traités.
  • Confondre ces dégâts avec ceux d'une mite alimentaire et appliquer un traitement textile sur un placard de denrées sèches, parce que les deux groupes n'ont ni le même régime ni le même traitement.

Ce que fait un professionnel

Et quand c'est le seul recours

Un professionnel du nettoyage à sec ou de la désinsectisation textile intervient sur les pièces que le lavage domestique à haute température ou la congélation ne peuvent pas traiter : fourrures, tapisseries, meubles rembourrés, pièces anciennes ou fragiles. C'est aussi le seul recours quand l'infestation touche un rembourrage interne, où une pulvérisation de surface ne suffit pas.

Sur des pièces patrimoniales, les protocoles de conservation documentés par le C2RMF (anoxie, froid, chaleur ou rayonnement gamma) sont mis en œuvre en atelier avec un contrôle précis de la température et de l'hygrométrie, à des paramètres qui excèdent ce qu'un équipement domestique permet.

En détail

Tineidae

Identification et morphologie

L'adulte de la teigne des vêtements est un petit papillon dont l'envergure, ailes déployées, mesure de 12 à 16 mm. Ses ailes antérieures sont jaune paille satiné à gris argenté, sans le moindre point foncé, avec une touffe de poils brun roux sur la tête. C'est ce jaune paille uniforme, sans points, qui la distingue des autres teignes domestiques.

La chenille, blanc crème, mesure de 10 à 12 mm à son plein développement. Elle vit dans un manchon de soie lâche tissé sur le support, qu'elle ne transporte jamais avec elle, contrairement à la larve de la mite à fourreau qui se déplace dans un étui fermé aux deux extrémités.

Particularité du couple adulte : seul le mâle vole, la femelle se déplace en marchant ou en sautant.

Régime alimentaire et conditions de développement

La chenille consomme la kératine des matières d'origine animale : laine, fourrure, plumes, soie. Elle ne consomme pas les fibres synthétiques et ne peut pas se développer sur de la kératine seule : elle doit aussi ingérer d'autres matières animales ou végétales, ce qui explique certains dégâts sur des mélanges de tissus ou des zones tachées.

Son développement est optimal entre 25 et 28 °C, et l'espèce tolère une humidité relative proche de 0 %, ce qui lui permet de coloniser des rangements très secs. Les jeunes chenilles pénètrent par des interstices de plus de 0,04 mm : un contenant simplement rabattu ne les arrête pas. Les chenilles hivernent, ce qui permet à l'infestation de traverser l'hiver dans un logement non chauffé.

Cycle de vie et reproduction

La femelle pond de 30 à plus de 200 œufs, en moyenne 40 à 50, répartis sur deux à trois semaines. Elle meurt une fois la ponte achevée, après 15 à 20 jours ; le mâle vit environ un mois. L'incubation dure de 7 à 21 jours, le développement larvaire d'un mois à plus de deux ans, et la nymphose de 7 à 9 jours en conditions optimales jusqu'à un mois et demi sinon.

Le cycle complet, de l'œuf à l'œuf, s'étend ainsi d'à peine plus d'un mois à deux ou trois ans, exceptionnellement quatre, avec une moyenne d'environ deux mois à température ambiante. Dans un logement chauffé, l'espèce peut boucler jusqu'à quatre générations par an.

Où et quand la rencontrer en France

Le CICRP situe l'activité des papillons adultes principalement entre avril et fin août. Dans un local chauffé toutefois, le cycle continu de l'espèce atténue cette saisonnalité et le risque ne disparaît pas en hiver.

La famille des Tineidae, à laquelle appartient la teigne des vêtements, compte environ 90 espèces en France réparties en 28 genres, dont moins d'une dizaine présentent un intérêt économique. Le CICRP relève une nette régression de l'espèce sur le territoire français, attribuée à la généralisation des aspirateurs et des produits de nettoyage, à la part croissante des fibres synthétiques dans les textiles, et aux traitements antimites.

Signes d'infestation

  • Trous irréguliers dans la laine, la fourrure ou le feutre, jamais dans les fibres synthétiques.
  • Manchons de soie lâches posés sur le textile, signe qui distingue cette espèce de la mite à fourreau.
  • Petits papillons jaune paille volant ou marchant dans les pièces sombres, penderies et coffres de rangement.

Confusions possibles

Deux critères suffisent à écarter les espèces voisines : l'absence de points sur les ailes antérieures écarte la mite à fourreau, dont les ailes portent des points bruns réguliers, et la couleur uniforme jaune paille écarte la teigne des tapisseries, aux ailes bicolores. La taille, 12 à 16 mm d'envergure contre 15 à 20 mm, et le lieu de vie, textile plutôt que denrée sèche, écartent la pyrale indienne des fruits secs.

Réglementation

Aucune des sources consultées n'attache à la teigne des vêtements de statut de protection, d'obligation de lutte ou de texte réglementaire propre à l'espèce en France. Une dérogation européenne encadre en revanche l'anoxie à l'azote généré sur place : le règlement (UE) n° 528/2012 interdit en principe cet usage insecticide, mais une décision d'exécution de la Commission européenne du 15 juillet 2020 a autorisé la France à y recourir pour la protection du patrimoine culturel, dérogation accordée jusqu'au 31 décembre 2024 et destinée à être réévaluée à cette échéance.

Méthodes de traitement professionnelles

Les protocoles documentés par le C2RMF, le Centre de recherche et de restauration des musées de France, visent la conservation des collections patrimoniales (textiles, lainages, fourrures, tapisseries, costumes) et non un protocole domestique ordinaire. Ils donnent néanmoins la mesure des techniques disponibles : l'anoxie, statique ou dynamique, prive l'insecte d'oxygène pendant 21 jours à 22-25 °C ; le froid descend la pièce entre -25 et -30 °C sur 3 à 7 jours ; la chaleur monte entre 50 et 55 °C pendant 3 heures de traitement effectif ; le rayonnement gamma délivre une dose minimale de 500 Gy sans laisser de résidu ; et l'application d'un produit insecticide, en solution ou en gel, complète ces méthodes physiques sur les objets qui ne les supportent pas.

Où on la trouve en France

Le CICRP signale une nette régression de l'espèce sur le territoire français, attribuée à l'usage des aspirateurs et des produits de nettoyage, à la place croissante des fibres synthétiques et aux traitements antimites.

Le nombre d'occurrences GBIF mesure un effort d'observation naturaliste, pas une densité de population ni une fréquence d'infestation. Il n'est publié ici que comme indicateur de présence documentée sur le territoire.

Ce que dit la réglementation

Aucun statut réglementaire propre à l'espèce. Aucune des sources consultées n'attache à cette espèce de statut de protection, d'arrêté de lutte obligatoire, de classement en espèce susceptible d'occasionner des dégâts ni d'obligation pesant sur le propriétaire ou le locataire. Espèce des textiles, sans texte spécifique identifié

Anoxie à l'azote généré sur place, statut européen. Le règlement (UE) n° 528/2012 interdit l'emploi d'azote auto-généré à des fins insecticides. Une décision d'exécution de la Commission européenne du 15 juillet 2020 (Bruxelles, C(2020) 4715, article 1) autorise la France à y recourir pour la protection du patrimoine culturel. Les bouteilles d'azote sont restées autorisées pour l'anoxie dynamique.

Sources. GBIF Backbone Taxonomy, fiche Tineola bisselliella, Global Biodiversity Information Facility, consulté le 11 septembre 2026 Fiche Tineola bisselliella, rubrique Les insectes de A à Z (site d'origine http://insectes-nuisibles.cicrp.fr en erreur HTTP 500 le 11 septembre 2026, consultation par l'archive Wayback Machine), CICRP, Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine, Marseille, base Insectes nuisibles et dangereux pour les oeuvres du patrimoine culturel, constituée avec l'INRA, consulté le 11 septembre 2026 Fiche Tinea pellionella, rubrique Les insectes de A à Z (site d'origine http://insectes-nuisibles.cicrp.fr en erreur HTTP 500 le 11 septembre 2026, consultation par l'archive Wayback Machine), CICRP, Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine, Marseille, base Insectes nuisibles et dangereux pour les oeuvres du patrimoine culturel, constituée avec l'INRA, consulté le 11 septembre 2026 Fiche Plodia interpunctella, rubrique Les insectes de A à Z (site d'origine http://insectes-nuisibles.cicrp.fr en erreur HTTP 500 le 11 septembre 2026, consultation par l'archive Wayback Machine), CICRP, Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine, Marseille, base Insectes nuisibles et dangereux pour les oeuvres du patrimoine culturel, constituée avec l'INRA, consulté le 11 septembre 2026 Tableau comparatif des traitements de désinsectisation, fiche méthodologique de conservation préventive, rubrique Infestation, C2RMF, Centre de recherche et de restauration des musées de France, ministère de la Culture, consulté le 11 septembre 2026 GBIF Occurrence Search, filtre country=FR, taxonKey=1857626, Global Biodiversity Information Facility, consulté le 11 septembre 2026

Traiter, méthode par méthode

1 pages

Aller plus loin sur cette espèce

4 pages

À lire ensuite

Guides
Décrire mon problème · demande gratuite