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Identification

Blatte germanique, orientale, américaine : les reconnaître

Trois cafards se confondent facilement : la germanique mesure 10 à 15 mm et raye le pronotum, l'orientale est noire et vit en cave, l'américaine dépasse 34 mm et vient des égouts.

12 septembre 2026 · 6 min de lecture

Trois espèces, trois comportements

Vous avez vu un insecte brun clair filer sous le meuble de cuisine, ou une forme noire et brillante remonter d'une bouche d'égout, ou un grand cafard roux traverser la cave. Ces trois observations ne décrivent pas le même animal, et la suite du traitement ne sera pas la même selon le cas.

Trois espèces se partagent l'essentiel des signalements en France : la blatte germanique (Blattella germanica), la blatte orientale (Blatta orientalis) et la blatte américaine (Periplaneta americana). Elles se distinguent par leur taille, leur couleur, leur température de prédilection et surtout par l'endroit où elles s'installent.

  • Blatte germanique : 10 à 15 mm, brun clair à fauve avec deux bandes sombres sur le pronotum, strictement intérieure, cuisines et salles de bains.
  • Blatte orientale : 25 à 30 mm, noir brillant uniforme, intérieure et extérieure, caves, sous-sols et vides sanitaires.
  • Blatte américaine : 34 à 40 mm, roux acajou avec pronotum bordé de jaune pâle, réseaux d'égouts et galeries techniques.

Confondre ces trois espèces conduit à traiter le mauvais endroit ou à sous-estimer le temps nécessaire pour assécher la population. L'identification n'est pas un exercice académique, c'est la première étape du diagnostic.

La germanique

Aussi appelée cafard, cancrelat, blatte allemande ou petit cafard, la blatte germanique (Blattella germanica) mesure 10 à 15 mm. Sa couleur brun clair à fauve et surtout les deux bandes longitudinales sombres et parallèles sur son pronotum sont le critère d'identification de terrain le plus fiable.

Elle vit strictement à l'intérieur, dans les zones qui combinent chaleur et humidité : cuisines, salles de bains, zones de préparation et de stockage des aliments. Elle préfère une température de 20 à 26,7 °C, celle d'un logement chauffé toute l'année.

Sa reproduction explique la vitesse à laquelle une population s'installe. La femelle porte son oothèque, environ 36 œufs, accrochée à son abdomen jusqu'à l'éclosion, contrairement aux autres espèces domiciliaires qui la déposent tôt. Le cycle de génération ne dure que 40 à 41 jours.

  • Oothèques vides dispersées autour des caches : signe fort, l'espèce s'en sert pour se repérer.
  • Déjections en semis de points noirs en périphérie des zones de repos : elles portent la phéromone d'agrégation et concentrent les allergènes.
  • Individus visibles en plein jour : l'espèce est nocturne, les voir en journée signale des caches saturées.
  • Nymphes de petite taille près des points d'eau et des appareils chauds, qui se nourrissent en partie des déjections des adultes.

À ne pas confondre

Face à une blatte orientale, la taille et la couleur suffisent à trancher : 10 à 15 mm brun clair rayé contre 25 à 30 mm brun très sombre à noir uniforme. Face à une blatte américaine, la taille seule tranche : au-delà de 3 cm, ce n'est jamais une germanique. La confusion la plus fine se fait avec la blatte rayée (Supella longipalpa), de taille voisine (11 à 14 mm), mais ses bandes claires sont transversales sur l'abdomen, alors que celles de la germanique sont deux bandes longitudinales sur le pronotum seul. La blatte rayée occupe aussi les placards en hauteur, la germanique les points chauds et humides bas.

L'orientale

Connue aussi sous les noms de cafard noir, blatte des caves ou kakerlac, la blatte orientale (Blatta orientalis) mesure 25 à 30 mm. Sa couleur brun très sombre à noir brillant est uniforme, sans bande. La femelle a des ailes rudimentaires et ne vole pas.

Elle occupe aussi bien l'intérieur que l'extérieur : végétation dense, regards de compteurs d'eau, vides sanitaires, sous-sols, caves, chaufferies et gaines de chauffage. Elle recherche l'humidité et la fraîcheur, à l'inverse de la germanique, et tolère une température de 20 à 29 °C.

Son cycle de génération dure 185 à 216 jours, soit cinq fois plus long que celui de la germanique. L'oothèque, environ 16 œufs, mesure 10 mm. Une population d'orientales s'installe plus lentement, mais elle est aussi plus difficile à assécher par un traitement unique.

  • Blattes noires remontant des siphons, caves et vides sanitaires : les caches typiques sont la cave, la chaufferie et les gaines de chauffage.
  • Oothèques de 10 mm déposées peu après leur formation, grandes par rapport à celles des autres espèces domiciliaires.
  • Individus lents, incapables de grimper sur les surfaces lisses verticales : un signe de détermination plutôt que d'ampleur.

À ne pas confondre

Face à une germanique, 25 à 30 mm noir uniforme contre 10 à 15 mm brun clair à deux bandes ne laisse aucune ambiguïté sur un adulte. Face à une américaine, la couleur tranche : roux acajou et volante pour l'américaine, noire et non volante pour la femelle orientale. Une autre espèce du même genre, la blatte du Turkestan (Blatta lateralis), signalée localement problématique, se distingue par la bordure claire des ailes du mâle. Sa détermination précise doit être confiée à un entomologiste.

L'américaine

Surnommée grand cafard, cafard des égouts ou periplanète américaine, la blatte américaine (Periplaneta americana) mesure 34 à 40 mm, plus du double de la germanique. Sa couleur roux acajou brillant, avec un pronotum bordé de jaune pâle, et sa capacité à voler la distinguent immédiatement.

Elle vit dans les réseaux d'égouts, les galeries techniques de vapeur, les parcs zoologiques et les serres, tout local combinant chaleur et humidité, avec une préférence pour 24 à 31 °C. C'est l'espèce des réseaux collectifs, pas celle du logement isolé.

Son cycle de génération, 150 à 450 jours, est très variable. L'oothèque, environ 18 œufs, mesure 8 mm. La femelle résiste 90 jours avec de l'eau et sans nourriture. Cette résistance, associée au développement nymphal très long, explique la persistance des populations dans les réseaux souterrains.

  • Très grands individus roux remontant par les canalisations et les vide-ordures : le point d'entrée est le réseau collectif, pas le logement.
  • Présence simultanée dans plusieurs logements d'un même immeuble : signe caractéristique d'une population de réseau plutôt que d'une infestation domestique isolée.
  • Oothèques de 8 mm déposées et collées près des sources de chaleur.

À ne pas confondre

Face à l'orientale, la couleur et la taille tranchent : roux acajou et 34 à 40 mm contre noir uniforme et 25 à 30 mm. Une espèce du même genre, la blatte fuligineuse (Periplaneta fuliginosa), de taille voisine (25 à 38 mm), s'en distingue par une teinte brun sombre acajou uniforme, sans bordure jaune sur le pronotum, et par un milieu différent, plutôt les arbres, les souches et les pots de fleurs. La blatte australienne (Periplaneta australasiae) porte une bande jaune vif sur le bord antérieur de chaque élytre, absente chez l'américaine, et reste localement problématique en conditions tropicales ou sous serre.

Ce que l'identification change

Une population de germaniques se traite à l'intérieur, dans les caches basses, chaudes et humides où elle vit : sous les appareils électroménagers, derrière les plinthes de cuisine, dans les interstices de salle de bains. Son cycle de génération de 40 à 41 jours impose un suivi rapproché, car une nouvelle génération peut apparaître avant qu'un premier passage ait produit son plein effet.

Une population d'orientales oblige à sortir du logement : traiter uniquement la pièce où l'insecte a été vu ne sert à rien si la source est un regard de compteur d'eau, un vide sanitaire ou une cave qui communique avec l'extérieur. Son cycle de 185 à 216 jours rend l'éradication plus lente et plus difficile à obtenir avec un traitement unique.

Une présence de blattes américaines signale un problème de réseau, pas de logement. Traiter un seul appartement sans agir sur les canalisations, les vide-ordures ou en coordination avec les logements voisins ne traite pas la source. La résistance de la femelle, 90 jours avec de l'eau seule et sans nourriture, explique pourquoi une population de réseau survit à une intervention limitée.

Reconnaître l'espèce avant d'agir évite de traiter le mauvais endroit et de sous-estimer le temps que prendra le retour à zéro.

À retenir

  • La blatte germanique mesure 10 à 15 mm, présente deux bandes sombres sur le pronotum et vit uniquement à l'intérieur, dans les zones chaudes et humides.
  • La blatte orientale mesure 25 à 30 mm, noir uniforme, vit en cave, sous-sol ou vide sanitaire, avec un cycle de génération de 185 à 216 jours.
  • La blatte américaine mesure 34 à 40 mm, roux acajou, et signale un problème de réseau d'égouts ou de canalisations plutôt qu'une infestation du seul logement.
  • Au-delà de 3 cm, un cafard n'est jamais une blatte germanique.

Sources. Public Health Significance of Urban Pests (Bonnefoy X., Kampen H., Sweeney K.), Organisation mondiale de la santé, Bureau régional de l'Europe, 2008, ISBN 978-92-890-7188-8, consulté le 11 septembre 2026

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