Ne pas confondre la chenille processionnaire du chêne avec une autre espèce
À la fin de cette page, vous saurez distinguer la chenille processionnaire du chêne de la processionnaire du pin et du bombyx disparate à partir de critères simples à vérifier sur place. Vous saurez aussi pourquoi une erreur d'identification change la manière de traiter le problème.
Vous avez repéré des chenilles velues sur un arbre, en groupe ou isolées, et vous cherchez à savoir si elles appartiennent à la processionnaire du chêne, Thaumetopoea processionea. La confusion est fréquente car plusieurs espèces de chenilles urticantes ou grégaires vivent sur les mêmes essences, aux mêmes saisons, avec une silhouette proche.
Deux espèces reviennent le plus souvent dans les signalements erronés : la processionnaire du pin, Thaumetopoea pityocampa, et le bombyx disparate, Lymantria dispar. Chacune a un mode de vie, un cycle et des risques différents.
Se tromper d'espèce ne change rien à la prudence à observer face à des poils urticants, mais cela change complètement l'arbre à traiter, la période d'intervention et la méthode retenue.
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Les critères qui tranchent, un par un
Chenille processionnaire du chêneAvant de comparer avec les espèces voisines, il faut d'abord vérifier les caractéristiques de la processionnaire du chêne elle-même. Selon le Département de la santé des forêts, la chenille mesure plus de 5 cm en fin de développement. L'Agence régionale de santé Centre-Val de Loire retient une longueur maximale de 50 mm, et l'ANSES indique que les chenilles processionnaires, du pin comme du chêne, mesurent jusqu'à quatre centimètres à la fin de leur croissance. Ces trois valeurs ne se recoupent pas exactement, ce qui montre que la taille seule ne suffit jamais à identifier l'espèce. Retenez ce point avant toute comparaison avec une autre espèce : la taille ne permet jamais, à elle seule, de conclure.
La couleur est plus fiable : tête noire ou brun noir, corps foncé avec un flanc brun clair, longs poils gris argentés, plaques rouge brun sur le dessus du corps et lignes oranges. Le papillon adulte, discret, ne mesure que 30 mm d'envergure, et le mâle porte des antennes en forme de plumeaux qui lui servent à capter le bouquet phéromonal émis par la femelle.
Processionnaire du pin, Thaumetopoea pityocampa
Le critère qui tranche est l'arbre hôte. La processionnaire du chêne ne s'attaque qu'aux chênes à feuilles caduques. La processionnaire du pin s'attaque à toutes les espèces de pins, aux cèdres et à quelques espèces de sapins. Regardez d'abord l'arbre avant de regarder la chenille.
Le calendrier confirme ensuite l'identification. Les chenilles processionnaires du pin se développent durant l'hiver, dans leur nid. Celles du chêne se développent durant le printemps et l'été. Si vous observez une procession de chenilles au sol en hiver ou au printemps, voire à l'automne en climat océanique, il s'agit de processionnaires du pin qui partent se nymphoser dans la terre, pas de processionnaires du chêne.
Deux critères secondaires permettent de confirmer : la couleur, gris argenté pour le chêne contre brun orangé pour le pin, et le nid, une plaque ou un sac plaqué sur le tronc et les grosses branches pour le chêne, contre une bourse de soie blanche aux extrémités des branches pour le pin. Le stade hivernal diffère aussi : oeuf pour le chêne, chenille pour le pin.
Confondre les deux espèces conduit à traiter le mauvais arbre au mauvais moment. Un traitement pensé pour une processionnaire du pin en hiver n'a aucun effet sur une processionnaire du chêne qui se développe au printemps sur un chêne, et inversement.
Bombyx disparate, Lymantria dispar
Le comportement tranche en premier. Les chenilles du bombyx disparate ne sont pas grégaires. Elles peuvent se laisser suspendre dans le vide par un fil de soie, ce qu'une processionnaire du chêne, toujours en groupe et en procession, ne fait pas.
Aux derniers stades larvaires, le bombyx disparate porte des paires de taches rouges et bleues sur le corps, absentes chez la processionnaire du chêne. Les pontes diffèrent aussi nettement : celles du bombyx disparate sont recouvertes d'écailles, généralement en forme de poire, et déposées sur le tronc mais aussi sur n'importe quel support, pierres, rochers, murs et murets. Les pontes de la processionnaire du chêne, elles, sont disposées en manchon autour d'un petit rameau.
L'enjeu d'une confusion ici est différent de celui avec la processionnaire du pin : le bombyx disparate n'a pas le même statut ni les mêmes risques sanitaires, et un traitement anti-processionnaire appliqué sur un nid de bombyx disparate ne traite rien du tout. Si le nid a été détruit sans certitude sur l'espèce, mieux vaut faire confirmer l'identification avant d'aller plus loin.
Efficace, inutile
DépartageCe qui marche
- Identifier d'abord l'essence de l'arbre : chêne à feuilles caduques pour la processionnaire du chêne, pin, cèdre ou sapin pour la processionnaire du pin.
- Noter la période d'observation : printemps et été pour la processionnaire du chêne, hiver pour la processionnaire du pin.
- Comparer la couleur des poils : gris argenté pour le chêne, brun orangé pour le pin.
- Repérer la forme du nid : plaque ou sac sur le tronc et les grosses branches pour le chêne, bourse de soie blanche aux extrémités des branches pour le pin.
- Observer si la chenille se déplace seule et se suspend par un fil de soie, signe d'un bombyx disparate et non d'une processionnaire.
- Examiner la forme et l'emplacement des pontes : manchon autour d'un rameau pour la processionnaire du chêne, forme de poire sur tronc, pierres ou murs pour le bombyx disparate.
Ce qui ne marche pas
- Se fier uniquement à la taille de la chenille : les sources donnent des longueurs maximales différentes selon les espèces et les organismes.
- Confondre une procession au sol en hiver avec une attaque de processionnaire du chêne : c'est le signe d'une processionnaire du pin qui part se nymphoser.
- Traiter un pin, un cèdre ou un sapin en pensant intervenir sur une processionnaire du chêne, qui ne vit que sur les chênes caducs.
- Toucher une chenille ou un nid pour vérifier l'espèce : le risque de poils urticants existe pour la processionnaire du chêne comme pour la processionnaire du pin.
- Détruire un nid de bombyx disparate en pensant traiter une processionnaire : ni le comportement, ni le risque, ni le traitement ne sont les mêmes.
- Se contenter de la couleur sans vérifier l'arbre hôte et la période de l'année.
Sources. La processionnaire du chêne, mieux la connaître pour mieux s'en protéger, livret à destination du grand public, auteurs A.-S. Brinquin, C. Bailly, J.-C. Martin, H. Schmuck, INRAE, centres Provence-Alpes-Côte d'Azur et Grand-Est, chapitre 3, ne pas confondre avec la processionnaire du pin, consulté le 11 septembre 2026 Agiir, fiche ravageur Processionnaire du chêne, INRAE, Ephytia, portail d'information de l'INRAE, auteurs J.-C. Martin (INRA) et E. Pal (INRA), Ne pas confondre avec, bombyx disparate, consulté le 11 septembre 2026
