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Signes d'une infestation de chenille processionnaire du chêne : ce qui se voit avant l'insecte

À la fin de cet article, vous saurez repérer les signes visibles d'une infestation de chenille processionnaire du chêne, du nid sur le tronc jusqu'aux plaques d'oeufs les plus discrètes. Vous saurez aussi lesquels imposent d'agir sans attendre.

50 mmTaille maximale
30 mmEnvergure papillon
6Signes documentés
Avril-juilletPériode à risque

Vous avez repéré quelque chose sur un chêne du jardin, dans un parc ou en bordure de chemin : une masse suspecte sur le tronc, des poils qui vous ont irrité au passage, ou simplement un arbre qui perd ses feuilles trop tôt dans la saison. Vous ne savez pas si c'est la chenille processionnaire du chêne, Thaumetopoea processionea, ou un autre problème.

Le signe qui saute aux yeux n'est pas toujours celui qui compte le plus. Un nid vide ou des exuvies peuvent sembler anodins alors qu'ils restent urticants ; à l'inverse, un feuillage clairsemé peut avoir une tout autre cause. La suite détaille chaque signe, ce qu'il indique réellement et ce qu'il ne prouve pas à lui seul.

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Les signes, dans l'ordre où on les remarque

Chenille processionnaire du chêne

Nid soyeux en forme de plaque ou de sac plaqué sur le tronc ou sous les grosses branches

C'est le signe le plus caractéristique de la chenille processionnaire du chêne, et celui qui permet de la distinguer de la processionnaire du pin. Chez le pin, le nid est une bourse suspendue au bout des branches. Chez le chêne, il prend la forme d'une plaque ou d'un sac plaqué directement sur le tronc ou sous les grosses branches. Ce nid grossit à mesure que les chenilles vieillissent et que leur nombre augmente. Il reste urticant même vide, y compris en hiver, car les poils qui s'y accumulent conservent leur pouvoir irritant longtemps après le départ des chenilles.

Chenilles urticantes en procession sur le tronc

La chenille processionnaire du chêne, Thaumetopoea processionea, se reconnaît à sa tête noire ou brun noir, son corps foncé à flanc brun clair, ses longs poils gris argentés, ses plaques rouge brun sur le dessus du corps et ses lignes oranges. Elle mesure jusqu'à 50 mm en fin de développement selon l'ARS Centre-Val de Loire, plus de 5 cm selon le Département de la santé des forêts, ou jusqu'à 4 cm selon l'ANSES : les sources varient sur le chiffre exact, mais toutes situent la taille maximale autour de 4 à 5 cm. Elle se déplace en procession entre le nid et les rameaux qu'elle va consommer. Contrairement à la processionnaire du pin, elle ne descend pas au sol pour s'enfouir et se nymphoser : toute sa vie larvaire et sa nymphose se déroulent sur l'arbre. Voir une file de chenilles remonter ou descendre un tronc de chêne est donc un signe fort, à ne pas confondre avec une simple chenille isolée.

Amas de soies et de chenilles sur les charpentières et le tronc

À partir des stades larvaires L4 à L6, les chenilles deviennent beaucoup moins mobiles et se regroupent en colonies qui forment de gros amas visibles sur les charpentières et le tronc. C'est à ce stade que la densité de soies urticantes est la plus forte à hauteur d'homme, donc le moment où le risque de contact est le plus élevé pour quelqu'un qui passe sous l'arbre ou qui travaille dessus.

Défeuillaison partielle du houppier, d'avril à début juillet

Les chenilles consomment le feuillage du chêne d'avril à début juillet, et peuvent aussi s'attaquer à la pousse de la Saint-Jean. Dans un peuplement ouvert et en période de forte présence, la défoliation peut devenir quasi totale. Ce signe seul ne prouve rien : un chêne isolé peut perdre ses feuilles pour d'autres raisons. Mais associé à un nid ou à des chenilles visibles, il confirme l'ampleur de l'infestation. Un arbre vigoureux résiste à une défoliation totale une seule année ; ce sont les défoliations répétées sur plusieurs saisons qui finissent par l'affaiblir durablement.

Exuvies persistantes sur les troncs après la nymphose

Une fois la nymphose terminée, les enveloppes vides laissées par les chenilles, les exuvies, restent collées sur les troncs. Leur présence ne signifie pas qu'il n'y a plus de danger : le risque d'urtication demeure tant que ces exuvies sont là, car elles portent encore les poils urticants accumulés pendant la vie larvaire. C'est un signe qui trompe souvent, car l'absence de chenilles vivantes est prise à tort pour la fin du problème.

Plaques d'oeufs grises (ooplaques) sur de fins rameaux en haut du houppier

C'est le signe le plus précoce, présent de la fin de l'été jusqu'au printemps suivant, avant même l'apparition des chenilles. C'est aussi le plus difficile à repérer depuis le sol, car les ooplaques se trouvent sur de fins rameaux dans la partie supérieure du houppier. Le papillon adulte qui les pond est un petit papillon de nuit discret, d'environ 30 mm d'envergure ; le mâle porte des antennes en forme de plumeaux qui lui permettent de capter le bouquet phéromonal émis par la femelle. Repérer ces plaques d'oeufs avant l'éclosion est le moyen le plus précoce d'anticiper une infestation, mais demande souvent un examen à la jumelle ou par un professionnel.

Efficace, inutile

Départage

Ce qui marche

  • Observer le tronc et les grosses branches d'un chêne pour repérer un nid en forme de plaque ou de sac
  • Garder ses distances face à un nid, même vide ou en hiver, car il reste urticant
  • Signaler toute procession de chenilles sur un tronc de chêne avant d'approcher l'arbre
  • Surveiller le houppier d'avril à début juillet pour repérer une défeuillaison anormale
  • Faire inspecter les fins rameaux du houppier en fin d'été pour repérer d'éventuelles ooplaques
  • Traiter les exuvies présentes sur le tronc avec la même prudence qu'un nid actif

Ce qui ne marche pas

  • Toucher ou décrocher un nid soi-même, même s'il paraît vide
  • Penser qu'un arbre sans chenille visible est sans risque à cause des exuvies restées sur le tronc
  • Confondre le nid en plaque du chêne avec la bourse en bout de branche de la processionnaire du pin
  • Se fier uniquement à la défeuillaison du houppier pour diagnostiquer une infestation
  • Laisser des enfants ou des animaux s'approcher d'un tronc portant un amas de chenilles
  • Attendre l'automne pour agir, alors que les ooplaques sont déjà en place dès la fin de l'été

Sources. Fiche Forêts, Processionnaire du chêne, Thaumetopoea processionea, biologie, symptômes et diagnostic, dégâts, Département de la santé des forêts (DSF), ministère chargé de l'agriculture, publiée sur le portail Ephytia de l'INRAE, rubrique symptômes et éléments de diagnostic, consulté le 11 septembre 2026 La processionnaire du chêne, mieux la connaître pour mieux s'en protéger, livret à destination du grand public, auteurs A.-S. Brinquin, C. Bailly, J.-C. Martin, H. Schmuck, INRAE, centres Provence-Alpes-Côte d'Azur et Grand-Est, chapitre 1, chenilles, consulté le 11 septembre 2026 Agiir, fiche ravageur Processionnaire du chêne, INRAE, Ephytia, portail d'information de l'INRAE, auteurs J.-C. Martin (INRA) et E. Pal (INRA), Le nid de nymphose, consulté le 11 septembre 2026

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