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Chenille processionnaire du chêne : à quelle période de l'année elle est active

Ce calendrier situe les mois où la rencontre avec les chenilles processionnaires du chêne et leurs poils urticants devient la plus probable, et ceux où le risque retombe. Il explique aussi pourquoi la vigilance ne doit jamais totalement s'arrêter, même en dehors de cette période.

JuinPic d'exposition
Avril à juilletFenêtre à risque
8,5 dossiersMoyenne CAP juin
90,7 %Part avril-juillet

Un chêne couvert de nids soyeux plaqués sur le tronc ou sous les grosses branches inquiète à n'importe quel moment de l'année, mais le risque réel pour la peau et les voies respiratoires ne se joue pas aux mêmes mois. Savoir quand les chenilles processionnaires du chêne quittent leurs nids, grossissent et libèrent le plus de poils urticants permet d'agir au bon moment plutôt que de réagir dans l'urgence.

Le Département de la santé des forêts et l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) situent la période d'observation la plus fréquente entre avril et juillet. Les Centres antipoison, via le réseau suivi par l'ANSES, ont enregistré une concentration nette des dossiers d'exposition sur ces mêmes mois.

Mais un jardin, une cour d'école ou un parking bordé de chênes ne redevient pas sûr le reste de l'année pour autant : les nids abandonnés après la nymphose gardent leurs poils urticants accrochés au tronc pendant l'hiver.

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Le calendrier d'activité, mois par mois

Chenille processionnaire du chêne

Le pic d'avril à juillet

L'ANSES indique qu'on observe les chenilles processionnaires du chêne majoritairement entre avril et juillet. L'Agence régionale de santé (ARS) Centre-Val de Loire précise que les chenilles sont urticantes et allergisantes de mai à juillet. Ces deux fenêtres se recoupent sur un même noyau de trois mois, celui où le contact avec les chenilles ou leurs poils devient le plus probable.

Sur ces mois, les chenilles ont grossi. Elles atteignent en fin de développement plus de 5 cm selon le Département de la santé des forêts, jusqu'à 50 mm selon l'ARS Centre-Val de Loire, l'ANSES avançant de son côté jusqu'à 4 cm pour les chenilles processionnaires en général. Plus une chenille est développée, plus elle porte de poils urticants, ce qui explique que le risque grimpe avec les mois du printemps.

Juin, mois de pic mesuré par les Centres antipoison

Le réseau des Centres antipoison, dans le dossier Vigil'Anses n°9 de l'ANSES publié en novembre 2019, a analysé les expositions symptomatiques enregistrées entre le 1er janvier 2012 et le 31 juillet 2019. Résultat, une moyenne de 8,5 dossiers par mois en juin, le mois le plus chargé de l'année, et 90,7 % de l'ensemble des dossiers concentrés entre avril et juillet. En dehors de cette fenêtre de quatre mois, les expositions symptomatiques documentées deviennent marginales.

Un risque qui ne redescend jamais à zéro

Le calendrier retombe après juillet, mais il ne s'annule pas. Les nids de nymphose, ces poches soyeuses accrochées au tronc et aux grosses branches, restent en place après le départ des chenilles adultes et conservent leur potentiel d'urtication pendant l'hiver, selon le livret de l'INRAE consacré à la processionnaire du chêne. Les poils urticants, une fois détachés, sont aussi disséminés par le vent pendant tout l'été, ce qui prolonge le risque au delà du pic de contact direct avec les chenilles.

C'est pourquoi janvier, février, mars, septembre, octobre, novembre et décembre restent des mois de vigilance basse mais pas nulle. Un nid apparemment vide ou une branche récemment touchée par le vent peut encore libérer des poils urticants.

Ce qui explique cette courbe

Le Département de la santé des forêts décrit une espèce nocturne et grégaire : les chenilles vivent en colonies issues d'une même ponte, restent le jour dans leur nid soyeux et se déplacent en procession vers les rameaux pour se nourrir. Le livret de l'INRAE nuance ce point en indiquant que les chenilles se nourrissent aussi bien de jour que de nuit. Ce mode de vie concentre l'essentiel de l'activité visible, et donc du risque de contact, sur la période où les chenilles sont sorties du nid et en croissance, soit le printemps et le début de l'été.

À l'échelle de plusieurs années, le Département de la santé des forêts signale que les populations suivent des gradations qui s'étalent sur 3 à 5 ans jusqu'à une phase de culmination, suivie d'une chute brutale liée à l'intervention des ennemis naturels. Un équilibre s'installe ensuite, avec une population maintenue à un niveau peu dommageable pendant de longues années. Cette dynamique pluriannuelle explique pourquoi l'intensité du risque peut varier d'une année sur l'autre sur un même site, sans changer la période de l'année où il se concentre.

Efficace, inutile

Départage

Ce qui marche

  • Faire inspecter les chênes dès la fin de l'hiver, avant que les chenilles ne grossissent et ne deviennent plus urticantes au printemps.
  • Renforcer la surveillance entre avril et juillet, la période où l'ANSES situe la majorité des observations et l'ARS Centre-Val de Loire le pic d'urtication.
  • Traiter les nids identifiés avant juin, le mois où les Centres antipoison enregistrent en moyenne le plus de dossiers d'exposition.
  • Continuer à éviter tout contact avec les nids en automne et en hiver, car les nids de nymphose restent urticants sur le tronc.
  • Rester prudent même sans chenille visible en été, le vent disperse les poils urticants détachés des nids.

Ce qui ne marche pas

  • Attendre le pic de juin pour agir : à ce stade, les chenilles ont déjà atteint leur taille maximale et le nombre de poils urticants est au plus haut.
  • Considérer qu'un nid vidé après le passage des chenilles ne présente plus aucun danger.
  • Toucher ou faire tomber un nid soi-même, même hors saison, pour vérifier s'il est encore actif.
  • Se fier uniquement à la présence visible de chenilles : les poils urticants circulent dans l'air porté par le vent sans qu'aucune chenille ne soit visible.
  • Relâcher la vigilance dès la fin juillet en pensant que le risque retombe à zéro.
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