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Chenille processionnaire du chêne : quels risques réels pour la santé

Vous saurez quels symptômes sont réellement rapportés par les Centres antipoison, à quelle fréquence ils sont graves, et à partir de quel stade la chenille processionnaire du chêne devient urticante. Vous saurez aussi ce qui reste non chiffré par les sources sanitaires officielles.

1274 casCas documentés
2 cas sur 1022Gravité forte
3e stade larvaireStade urticant
Plusieurs annéesPersistance nid

Un chêne colonisé par la chenille processionnaire du chêne inquiète surtout à cause des poils urticants, pas de la chenille elle-même. Le contact direct n'est pas nécessaire : les soies se détachent, voyagent avec le vent et se déposent sur une terrasse, une pelouse, du linge ou un jouet resté dehors.

Les données recueillies par les Centres antipoison entre 2012 et juillet 2019 permettent de mesurer ce risque plutôt que de le supposer. Sur cette période, 1 274 cas d'exposition symptomatique ont été enregistrés, toutes espèces de processionnaires confondues, dont 345 attribués spécifiquement à la processionnaire du chêne.

Cette page distingue ce que ces sources sanitaires ont mesuré, chiffré et publié, de ce qui relève de la prudence générale sans donnée chiffrée associée.

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Ce qui est documenté, ce qui ne l'est pas

Chenille processionnaire du chêne

Réactions cutanées, oculaires, respiratoires et digestives dues aux soies urticantes

Les soies urticantes de la chenille processionnaire du chêne sont des soies détachables en forme de harpon, d'environ 200 micromètres, qui se plantent dans la peau et libèrent en se cassant une toxine, la thaumétopoéine. Sur la peau, elles provoquent rougeurs, démangeaisons, douleur, oedème localisé, urticaire et parfois de petites cloques. Sur les yeux, elles causent conjonctivite, larmoiement et douleur oculaire, plus rarement une kératite. Sur les voies respiratoires, elles entraînent toux et gêne respiratoire.

Allergie en cas d'exposition répétée

Une exposition répétée au venin des soies urticantes peut provoquer une allergie, avec un risque de baisse brutale de la tension artérielle, de malaise ou de perte de connaissance. Cette allergie s'aggrave progressivement à chaque nouvelle exposition et peut devenir très invalidante, en particulier pour les professionnels qui travaillent régulièrement en forêt.

Exposition sans contact direct avec la chenille

Il n'est pas nécessaire d'avoir touché une chenille pour présenter des symptômes. Sur les cas des Centres antipoison où l'information était précisée, 51,5 % des personnes exposées n'avaient eu aucun contact direct avec la chenille, mais avec des poils transportés par le vent, déposés sur une terrasse, une pelouse, un objet, des vêtements ou un animal domestique. 37,5 % avaient eu un contact direct, et 11 % les deux.

Volume et gravité des cas déclarés en France

Entre le 1er janvier 2012 et le 31 juillet 2019, les Centres antipoison ont enregistré 1 274 cas d'exposition symptomatique, répartis dans 888 dossiers. La processionnaire du chêne représentait 345 cas (27,1 %), contre 753 (59,1 %) pour la processionnaire du pin. Sur les 1 022 cas documentés individuellement, la gravité était faible dans 96,3 % des cas, moyenne dans 3,5 % et forte dans 0,2 %. Ce sont des cas déclarés, pas une mesure de l'ensemble des expositions réelles.

Population la plus touchée

Sur les cas documentés individuellement, le sex-ratio hommes/femmes était de 1,17, l'âge allait de 2 mois à 87 ans, avec un âge médian de 11 ans. Un quart des personnes exposées (25,8 %) avait moins de 5 ans, une proportion comparable à celle observée pour l'ensemble des intoxications accidentelles, tous agents confondus. Les jeunes enfants ne sont donc pas spécifiquement ciblés par ce risque.

Voies d'exposition

Près de 90 % des personnes exposées l'ont été par une seule voie, et 9,7 % par plusieurs voies associées. L'exposition était majoritairement cutanée, dans 92,7 % des cas, puis oculaire (6,9 %), orale (6,3 %) et respiratoire (3,8 %).

Deux cas graves documentés

Sur 1 022 cas documentés, deux ont été classés de gravité forte. Le premier concernait un enfant de 3 ans ayant ingéré une chenille processionnaire du pin, avec oedème de la langue et des lèvres et hypersalivation, hospitalisé deux jours avec une évolution favorable. Le second concernait un homme de 51 ans allergique aux hyménoptères, exposé à des cocons de chenilles, avec urticaire géante, dysphonie et dysphagie, traité à l'hôpital avec une évolution rapidement favorable.

Persistance du danger après le départ des chenilles

Les soies urticantes restent présentes dans les nids même vides, avec un potentiel urticant qui peut durer plusieurs années. Manipuler un nid vide reste donc dangereux, longtemps après la disparition des chenilles.

Intoxications chez les animaux domestiques

Les cas d'exposition animale déclarés concernent presque exclusivement la processionnaire du pin : les chiens représentent 92 % des cas et les chats environ 7 %. Les lésions se situent surtout dans la bouche, par léchage ou prise en gueule. La complication la plus grave est une nécrose de la langue, qui peut être limitée par une prise en charge très rapide.

Stade à partir duquel la chenille devient urticante

Les chenilles ne sont pas urticantes durant leurs deux premiers stades. À partir du troisième stade larvaire, vers fin mai, apparaissent des poches de soies microscopiques en forme de harpon, libérées dans l'atmosphère en cas de stress et véhiculées par le vent. Il est donc préférable d'intervenir avant ce troisième stade.

Érucisme, dermite de la chenille

La réaction cutanée provoquée par les poils urticants porte un nom : dermite de la chenille, ou érucisme. Le risque persiste après la disparition des chenilles, du fait des poils urticants présents dans les nids de mue, et l'allergie associée s'aggrave progressivement chez les personnes exposées de manière répétée.

Dissémination estivale et persistance hivernale

Les soies urticantes sont disséminées par le vent pendant tout l'été. Les reliquats de nids de nymphose accrochés sur les grosses branches et les troncs conservent leur potentiel d'urtication même pendant l'hiver.

Impact sur l'arbre

Les chenilles provoquent d'importantes défoliations sur les chênes jeunes et adultes, ralentissant leur croissance. Une défoliation totale ne tue pas directement l'arbre, mais des défoliations répétées sur plusieurs années l'affaiblissent et le rendent plus sensible aux stress hydriques et à d'autres attaques, comme l'oïdium.

Efficace, inutile

Départage

Ce qui marche

  • Faire intervenir avant le troisième stade larvaire, fin mai, quand la chenille n'est pas encore urticante.
  • Ne pas toucher les nids, même vides : les soies urticantes y restent actives plusieurs années.
  • Rincer immédiatement la peau et les yeux exposés, sans frotter.
  • Consulter un médecin en cas de gêne respiratoire, de gonflement ou de réaction après une exposition, même sans contact direct avec la chenille.
  • Surveiller un animal domestique qui a reniflé ou léché une chenille : la nécrose de la langue s'installe vite chez le chien.
  • Laver les vêtements, jouets et surfaces extérieures potentiellement exposés aux soies portées par le vent.

Ce qui ne marche pas

  • Manipuler ou déplacer un nid vide à mains nues : les soies urticantes y restent actives plusieurs années.
  • Laisser un chien ou un chat approcher une chenille ou un nid tombé au sol : les chiens représentent 92 % des cas d'intoxication animale déclarés.
  • Se croire à l'abri sans contact direct avec la chenille : 51,5 % des cas recensés par les Centres antipoison concernaient une exposition par des poils déposés sur des surfaces, des objets ou des vêtements.
  • Attendre que les chenilles soient grosses et visibles pour intervenir : elles ne deviennent urticantes qu'à partir du troisième stade larvaire.
  • Sous-estimer une gêne respiratoire ou un gonflement après exposition sous prétexte que la plupart des cas sont bénins : 3,5 % des cas documentés sont de gravité moyenne et 0,2 % de gravité forte.

Sources. Chenilles processionnaires : gare aux poils urticants, article d'information, Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES), mis à jour le 15 mai 2025, section Quels sont les symptômes, consulté le 11 septembre 2026 Vigil'Anses n° 9, dossier Toxicovigilance, Chenilles processionnaires : des expositions symptomatiques enregistrées par les Centres antipoison entre le 1er janvier 2012 et le 31 juillet 2019, ANSES, réseau des Centres antipoison, base SICAP, novembre 2019, Des expositions le plus souvent sans contact direct avec les chenilles, consulté le 11 septembre 2026 Agiir, fiche ravageur Processionnaire du pin, INRAE, Ephytia, portail d'information de l'INRAE, auteurs A.-S. Brinquin (INRAE), les soies urticantes sont aussi très présentes dans les nids d'hiver, même après plusieurs années, consulté le 11 septembre 2026 Agiir, fiche ravageur Processionnaire du chêne, INRAE, Ephytia, portail d'information de l'INRAE, auteurs J.-C. Martin (INRA) et E. Pal (INRA), Cycle de vie, apparition des soies urticantes au 3e stade, consulté le 11 septembre 2026 Fiche Forêts, Processionnaire du chêne, Thaumetopoea processionea, biologie, symptômes et diagnostic, dégâts, Département de la santé des forêts (DSF), ministère chargé de l'agriculture, publiée sur le portail Ephytia de l'INRAE, rubrique dégâts, dommages sanitaires, consulté le 11 septembre 2026 La processionnaire du chêne, mieux la connaître pour mieux s'en protéger, livret à destination du grand public, auteurs A.-S. Brinquin, C. Bailly, J.-C. Martin, H. Schmuck, INRAE, centres Provence-Alpes-Côte d'Azur et Grand-Est, chapitre 2, les risques sanitaires, consulté le 11 septembre 2026

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