Où se cachent les chenilles processionnaires du chêne dans un logement
Vous saurez précisément où porter votre attention sur les chênes du jardin ou de la rue, du houppier au tronc, pour repérer les chenilles et leurs nids. Vous comprendrez aussi pourquoi cette espèce ne s'installe jamais à l'intérieur d'un logement.
Vous avez repéré une chenille couverte de longs poils gris sur un chêne du jardin, ou un nid soyeux plaqué contre le tronc, et vous vous demandez si le problème peut gagner l'intérieur de la maison.
La chenille processionnaire du chêne, Thaumetopoea processionea, ne colonise pas les logements. Elle a besoin de feuilles de chêne pour se nourrir et reste sur son arbre hôte, principalement le chêne pédonculé et le chêne sessile, du stade larvaire jusqu'à la formation du nid.
Le point de vigilance se situe donc autour de l'habitation, pas dedans: un chêne dans le jardin, sur le trottoir ou dans une haie voisine, avec un nid sur le tronc ou les grosses branches, et une procession qui peut traverser une allée ou une terrasse.
Parlez-nous de ce qui se passe chez vous.
Décrivez votre problème et laissez un moyen de vous joindre. STRATINET reçoit votre demande pour vous recontacter. C’est gratuit et sans engagement.
Les endroits à inspecter, du plus probable au plus rare
Chenille processionnaire du chêneLe houppier du chêne, la zone d'alimentation
C'est l'endroit le plus probable pour trouver les chenilles processionnaires du chêne. Cette espèce se nourrit du feuillage du chêne pédonculé et du chêne sessile, les deux hôtes principaux identifiés par le Département de la santé des forêts. Elle se reconnaît à sa tête noire ou brun noir, son corps foncé à flanc brun clair couvert de longs poils gris argentés, ses plaques rouge brun sur le dessus du corps et ses lignes oranges, pour une longueur qui dépasse 5 cm en fin de développement selon le Département de la santé des forêts, ou 50 mm selon l'Agence régionale de santé Centre-Val de Loire. Les chenilles vivent en colonies grégaires, constituées des individus issus d'une même ponte, et restent regroupées dans le houppier tant qu'elles se nourrissent. Si un chêne se trouve dans le jardin, sur le trottoir devant la maison ou dans une haie voisine, c'est le houppier qu'il faut observer en premier, aux jumelles si besoin, plutôt que les abords du logement.
Le tronc et les grosses branches, où se fixent les nids
Le jour, les chenilles ne restent pas exposées sur les feuilles. Elles se réfugient dans des nids soyeux plaqués sur le tronc ou sous les branches charpentières. La taille de ces nids grossit avec l'âge de la colonie et le nombre de chenilles qu'elle rassemble: un nid naissant peut passer inaperçu, un nid en fin de développement devient une masse soyeuse visible depuis le sol. C'est le deuxième endroit à inspecter, en observant le tronc sur toute sa hauteur accessible et la face inférieure des grosses branches, là où le nid trouve un appui stable.
Le trajet entre le nid et les feuilles
Entre le nid et le houppier, les chenilles se déplacent en procession, d'où leur nom. Le Département de la santé des forêts décrit une activité nocturne, tandis qu'un livret publié par l'INRAE en 2020 indique que les chenilles se nourrissent aussi bien de jour que de nuit. Les deux sources ne s'accordent pas sur ce point précis, mais convergent sur l'essentiel: le trajet entre le nid et les rameaux est un moment où la colonie entière est visible en file, sur l'écorce du tronc ou des branches. C'est un lieu de passage, pas un refuge fixe, donc un endroit moins fiable à surveiller que le nid lui même.
Pourquoi la présence varie selon les années et les régions
La chenille processionnaire du chêne est présente en Europe de l'Ouest, surtout dans le nord-est de la France, en région parisienne et dans le nord-ouest, avec une extension progressive vers l'ouest et une présence possible dans certaines régions du sud. En Centre-Val de Loire par exemple, la présence a surtout été identifiée en Eure-et-Loir et dans le Loiret. La base GBIF recense 3491 occurrences géolocalisées en France, un chiffre qui mesure l'effort d'observation naturaliste et non la densité réelle de population. D'une année sur l'autre, l'espèce peut aussi être plus ou moins visible: les gradations, ces cycles de population, s'étalent sur 3 à 5 ans jusqu'à une phase de culmination suivie d'une chute brutale due à l'intervention des ennemis naturels, avant qu'un équilibre ne s'installe pour plusieurs années.
Le papillon adulte, discret et rarement observé
Le stade papillon est le moins probable à repérer. L'adulte est un petit papillon de nuit discret, d'environ 30 mm d'envergure. Le mâle porte des antennes en forme de plumeaux qui lui permettent de capter le bouquet phéromonal émis par la femelle. Ce stade ne forme pas de refuge identifiable comme le nid des chenilles: il passe largement inaperçu, ce qui explique pourquoi la plupart des repérages se font au stade chenille ou au stade nid, jamais au stade papillon.
Efficace, inutile
DépartageCe qui marche
- Observer le houppier du chêne pédonculé ou sessile en premier, c'est la zone d'alimentation des chenilles
- Inspecter le tronc et la face inférieure des grosses branches à la recherche de nids soyeux
- Évaluer l'ancienneté d'une colonie à la taille du nid, qui grossit avec l'âge et le nombre de chenilles
- Repérer tous les chênes présents à proximité du logement, dans le jardin, la rue ou une haie voisine
- Se renseigner sur la présence de l'espèce dans son département avant d'inspecter
- Observer un éventuel trajet en procession entre le nid et les rameaux pour confirmer l'identification
Ce qui ne marche pas
- Chercher les chenilles à l'intérieur du logement, alors qu'elles restent sur leur arbre hôte
- Toucher un nid soyeux ou une chenille à mains nues
- Confondre le stade papillon, discret et nocturne, avec le stade chenille responsable des nids
- Se contenter d'un seul passage, un nid naissant grossit avec l'âge de la colonie et peut passer inaperçu au départ
- Négliger les chênes du voisinage proche sous prétexte qu'ils sont hors de la propriété
- Se fier à un seul horaire d'observation, les sources ne s'accordent pas sur une activité strictement nocturne ou diurne
Sources. Fiche Forêts, Processionnaire du chêne, Thaumetopoea processionea, biologie, symptômes et diagnostic, dégâts, Département de la santé des forêts (DSF), ministère chargé de l'agriculture, publiée sur le portail Ephytia de l'INRAE, position systématique, hôtes, biologie, consulté le 11 septembre 2026
