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Bostrichidae · Repères pour reconnaître
Fiche d'identification

Lyctus brun

Lyctus brunneus

Le lyctus brun est un petit coléoptère xylophage qui s'attaque au bois des feuillus, en particulier aux parquets, meubles et contreplaqués récemment mis en œuvre. Il se reconnaît à sa tête large et bien visible, et laisse derrière lui une vermoulure extrêmement fine, comparable à de la fleur de farine. Il ne représente aucun risque sanitaire documenté, mais peut évider un bois riche en amidon en quelques années s'il n'est pas repéré à temps.

Pic : avril à septembre Diagnostic préalable et sondage mécanique
Lyctus brun
Les repères biologiques · 11 septembre 2026
Taille adulte
4 à 6,5 mm
Incubation
7 à 14 jours
Ponte
20 œufs par ponte
Activité
Activité crépusculaire.
Ce qu'il faut retenir

Seul insecte xylophage courant dont la tête reste entièrement visible, non cachée sous le pronotum, le lyctus brun trahit sa présence par une vermoulure si fine qu'elle s'envole comme de la farine, et jamais dans un bois résineux.

Ne pas confondre

2 espèces proches
EspèceCe qui la distingueTailleOù on la trouve
Capricorne des maisons
Hylotrupes bajulus
Son trou de sortie ovale, de 6 à 10 mm selon le FCBA (jusqu'à 8 mm selon le CICRP), le distingue d'un coup d'œil des trous ronds et bien plus petits laissés par les vrillettes et le lyctus. 10 à 25 mm
Petite vrillette
Anobium punctatum
Sa tête est entièrement dissimulée sous le pronotum et ses trous d'envol dans le bois mesurent de 1 à 3 mm de diamètre, nettement plus petits que les trous de 2 à 4 mm de la grosse vrillette. 2 à 5 mm charpentes, planchers et meubles

Comparaison établie sur les caractères visibles à l'oeil nu. Un doute persistant se lève sur photo, auprès d'un professionnel ou d'un service d'hygiène communal.

Reconnaître une infestation

Classé par gravité
Signe déterminant
Signes d'une infestation de lyctus brun : ce qui se voit avant l'insecte
Le signe le plus fiable d'une infestation de lyctus brun est une vermoulure très fine, comme de la farine, associée à des trous ronds de 1 à 2 mm creusés dans le sens du bois.
Mise en relation

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Les risques réels

Aucune des sources consultées n'attribue au lyctus brun de piqûre, de morsure, de pouvoir urticant, d'allergie ni de transmission d'agent pathogène : le risque sanitaire direct n'est pas documenté.

Le risque est matériel. La larve se développe dans l'aubier sec des feuillus riches en amidon, souvent dans les premières années suivant la mise en œuvre du bois, et peut évider un parquet, un meuble ou un contreplaqué avant même que les trous de sortie ne deviennent visibles. Une infestation peut ainsi être introduite dans un bâtiment sain avec un ouvrage neuf.

Avant d'appeler quelqu'un

Ce qui dépend de vous

Ce qui est utile

  • Examiner la finesse de la vermoulure : une poudre impalpable, en petits cônes, d'aspect fleur de farine oriente vers le lyctus.
  • Vérifier l'essence du bois touché : le lyctus n'attaque que l'aubier des feuillus et certains bois tropicaux, jamais les résineux.
  • Observer l'orientation des galeries, creusées dans le sens du fil du bois.
  • Noter l'ancienneté de l'ouvrage : les bois récemment mis en œuvre, encore riches en amidon, sont les plus exposés.
  • Sonder le bois autour des zones suspectes pour évaluer l'étendue de la dégradation sous la surface.

Ce qui aggrave

  • Ne pas conclure à une infestation active sur la seule vue de trous ou de galeries anciens, parce que ces traces persistent longtemps après la fin de l'attaque.
  • Ne pas traiter avant d'avoir identifié l'espèce, parce que le lyctus, les vrillettes et le capricorne des maisons n'attaquent pas les mêmes bois et n'appellent pas le même traitement.
  • Ne pas se fier au seul diamètre du trou de sortie pour écarter une confusion, parce que le lyctus et la petite vrillette percent des trous de taille proche.
  • Ne pas attendre l'apparition de nombreux trous d'envol pour agir, parce que leur visibilité signale généralement un bois déjà presque évidé.
  • Ne pas utiliser un produit de traitement sans vérifier sa certification, parce qu'il existe une certification distincte pour les entreprises et pour les produits.

Ce que fait un professionnel

Et quand c'est le seul recours

Le professionnel commence par un diagnostic et un sondage mécanique de l'ensemble des bois, seul moyen de révéler l'étendue réelle de la dégradation sous une surface souvent intacte. Il procède ensuite au bûchage des parties vermoulues, puis au brossage et au dépoussiérage des galeries et de la surface des bois, des étapes indissociables de l'efficacité du traitement.

Le traitement en profondeur se fait par injection dans des puits forés à intervalles réguliers, ou par application d'un gel, complété par une application de surface sur toutes les faces accessibles. En traitement préventif, sur bois sain, seuls les ancrages et les bois en contact avec les maçonneries sont injectés. Dans le neuf, la protection des bois participant à la solidité de l'ouvrage est une obligation réglementaire sur l'ensemble du territoire ; dans le bâti existant, aucune réglementation n'impose de traitement, mais l'opérateur qui intervient doit être titulaire d'un certificat biocide.

En détail

Bostrichidae

Identification et morphologie

L'adulte du lyctus brun mesure de 4 à 6,5 mm de long, pour un corps brun foncé à brun rougeâtre. Son trait le plus utile pour l'identifier est la tête : large et bien visible, elle n'est pas recouverte par le pronotum, contrairement à celle de la petite vrillette où elle disparaît sous ce bouclier. Une autre source, le FCBA, situe la taille de l'insecte adulte entre 2,5 et 6 mm pour le genre lyctus en général, sans distinguer les deux espèces présentes en France ; les deux valeurs sont publiées côte à côte.

La larve mesure de 4 à 8,5 mm. L'œuf, translucide et rond, atteint environ 1 mm.

Cycle de vie et reproduction

La femelle pond une vingtaine d'œufs en moyenne, déposés par groupes de 2 à 6 directement dans les vaisseaux du bois, à condition que leur diamètre dépasse 0,05 mm. L'incubation dure de 7 à 14 jours, la nymphose de 14 à 21 jours. L'adulte séjourne ensuite environ 4 jours dans une logette avant de percer son trou d'envol.

Le cycle complet s'étend de 80 à 300 jours, et peut atteindre deux ans ; en local chauffé, deux à trois générations se succèdent chaque année. Le mâle vit environ 2 mois, la femelle environ 4 mois selon le CICRP. Le FCBA, de son côté, donne une longévité de l'adulte comprise entre 8 et 12 mois : les deux valeurs sont publiées sans arbitrage entre les deux sources.

Où et quand le rencontrer en France

Le lyctus brun ne s'attaque qu'à l'aubier des feuillus : chêne, châtaignier, frêne, noyer, orme, saule, cerisier, ainsi qu'aux bois tropicaux riches en amidon et au contreplaqué. Il ne touche jamais les résineux. Sa condition déterminante est l'amidon : le bois doit être sec et intact, et cette richesse en amidon disparaît progressivement avec l'âge du bois, si bien que l'insecte infeste le plus souvent des ouvrages dans leurs premières années d'utilisation. Le développement est impossible en dessous de 7 % d'humidité du bois ; les conditions optimales se situent dans des locaux chauffés entre 17 et 23 °C, avec une humidité relative extérieure de 40 à 60 % et une humidité du bois autour de 14 %. Son activité est crépusculaire.

Les adultes émergent d'avril à septembre, sans pic identifié à l'intérieur de cette période par les sources consultées. Le GBIF recense 146 occurrences géolocalisées en France, contre 1596 dans le monde ; ce chiffre mesure un effort d'observation naturaliste et non une densité de population. Aucune source ne publie de répartition géographique française détaillée pour cette espèce.

Signes d'infestation

  • Vermoulure très fine, en petits cônes, d'aspect fleur de farine : c'est le signe qui tranche, volatile et impalpable, à distinguer de la vermoulure granuleuse des vrillettes.
  • Galeries creusées dans le sens du fil du bois, alors que les vrillettes creusent dans toutes les directions.
  • Trous de sortie circulaires, de 1 à 2 mm de diamètre selon le FCBA ; le CICRP décrit des galeries de 1 à 3 mm.
  • Trous d'envol visibles en nombre : le matériau est alors généralement déjà presque évidé.

Confusions possibles

La confusion la plus fréquente est avec la petite vrillette (Anobium punctatum). Le critère qui tranche reste la tête, large et visible chez le lyctus, cachée sous le pronotum chez la vrillette ; trois indices secondaires convergent, la vermoulure fleur de farine contre une vermoulure granuleuse, les galeries dans le sens du fil contre des galeries en tous sens, et l'essence attaquée, puisque le lyctus ignore les résineux. Avec le capricorne des maisons, c'est l'essence et la taille du trou qui séparent les deux espèces : le lyctus ne touche que des feuillus et perce des trous de 1 à 2 mm, le capricorne ne touche que des résineux et perce des trous ovales de 6 à 10 mm. Il existe enfin une seconde espèce de lyctus en France, le lyctus linéaire ; aucune des sources consultées ne publie le critère morphologique qui distingue les deux espèces.

Réglementation française

Dans le neuf, les bois et matériaux à base de bois participant à la solidité de l'ouvrage doivent être protégés contre les insectes à larves xylophages sur l'ensemble du territoire, pour les permis de construire déposés après le 1er novembre 2006 (articles L. 112-17 et R. 112-2 à R. 112-4 du code de la construction et de l'habitation, arrêté du 27 juin 2006). La protection peut être naturelle, apportée par un traitement, ou assurée par un système constructif permettant de surveiller et de remplacer facilement les bois contaminés.

Dans le bâti existant, aucune réglementation particulière n'impose de traitement préventif ou curatif contre le lyctus. En revanche, l'opérateur qui intervient sur un chantier de traitement doit être titulaire d'un certificat biocide depuis juillet 2015.

Méthodes de traitement professionnelles

Le traitement commence toujours par un diagnostic et un sondage mécanique de l'ensemble des bois. Suivent le bûchage des parties vermoulues, puis le brossage et le dépoussiérage des galeries et de la surface, des étapes considérées comme indissociables de l'efficacité du traitement. Le traitement en profondeur se fait ensuite par injection dans des puits forés à intervalles réguliers, ou par application d'un gel, complété par une application de surface sur toutes les faces accessibles ; en préventif, sur bois sain, seuls les ancrages et les bois en contact avec la maçonnerie sont injectés.

Des méthodes physiques existent par ailleurs, documentées pour la conservation d'objets patrimoniaux en aubier de feuillus, comme l'anoxie, le froid ou la chaleur contrôlée : elles décrivent l'état de l'art pour les collections culturelles, et non un protocole à appliquer soi-même dans l'habitat.

Où on la trouve en France

Aucune des sources consultées ne publie de répartition française pour cette espèce. Le FCBA indique seulement que deux espèces de lyctus sont présentes en France.

Le nombre d'occurrences GBIF mesure un effort d'observation naturaliste, pas une densité de population ni une fréquence d'infestation. Il n'est publié ici que comme indicateur de présence documentée sur le territoire.

Ce que dit la réglementation

Protection obligatoire des bois dans la construction neuve. Articles L. 112-17 et R. 112-2 à R. 112-4 du code de la construction et de l'habitation, et leur arrêté d'application du 27 juin 2006. Les bois et matériaux à base de bois participant à la solidité de l'ouvrage doivent être protégés contre les insectes à larves xylophages, sur l'ensemble du territoire national.

Absence de réglementation dans le bâti existant. Il n'existe pas de réglementation particulière concernant les traitements préventifs ou curatifs contre les insectes à larves xylophages dans le bâti existant. Aucune obligation de traitement ne pèse sur le propriétaire d'un bâtiment ancien infesté par ces insectes, à la différence du régime applicable aux termites.

Certificat biocide obligatoire pour les opérateurs. Le certificat biocide est obligatoire pour les opérateurs intervenant sur le chantier depuis juillet 2015, en application de l'arrêté du 9 octobre 2013.

Certification de services de l'entreprise. Le cahier des clauses techniques particulières du FCBA exige que l'entreprise en charge du marché soit titulaire de la certification de services CTB-A+ délivrée par FCBA, ou de toute autre certification de services équivalente.

Anoxie à l'azote généré sur place, statut européen. Le règlement (UE) n° 528/2012 interdit l'emploi d'azote auto-généré à des fins insecticides. Une décision d'exécution de la Commission européenne du 15 juillet 2020 (Bruxelles, C(2020) 4715, article 1) autorise la France à y recourir pour la protection du patrimoine culturel. Les bouteilles d'azote, elles, sont restées autorisées.

Sources. GBIF Backbone Taxonomy, fiche Lyctus brunneus, Global Biodiversity Information Facility, consulté le 11 septembre 2026 Fiche Lyctus brunneus, rubrique Les insectes de A à Z (site d'origine http://insectes-nuisibles.cicrp.fr en erreur HTTP 500 le 11 septembre 2026, consultation par l'archive Wayback Machine), CICRP, Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine, Marseille, base Insectes nuisibles et dangereux pour les oeuvres du patrimoine culturel, constituée avec l'INRA, consulté le 11 septembre 2026 Insectes à larves xylophages : réglementation, diagnostic et traitement, fiche technique, mars 2015, Institut technologique FCBA, marque de certification de services CTB-A+, organisme certificateur reconnu par le COFRAC, consulté le 11 septembre 2026 Cahier des clauses techniques particulières (CCTP), traitement curatif des bois contre les insectes à larves xylophages, Institut technologique FCBA, marque de certification de services CTB-A+, organisme certificateur reconnu par le COFRAC, consulté le 11 septembre 2026 Tableau comparatif des traitements de désinsectisation, fiche méthodologique de conservation préventive, rubrique Infestation, C2RMF, Centre de recherche et de restauration des musées de France, ministère de la Culture, consulté le 11 septembre 2026 GBIF Occurrence Search, filtre country=FR, taxonKey=10470364, Global Biodiversity Information Facility, consulté le 11 septembre 2026

Traiter, méthode par méthode

1 pages

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