Ne pas confondre la chenille processionnaire du pin avec une autre espèce
À la fin de cette page, vous saurez distinguer la processionnaire du pin de ses trois sosies les plus fréquents à partir de l'arbre attaqué, du nid et de la période d'observation. Vous saurez aussi ce que change une erreur d'identification sur la conduite à tenir.
Vous avez repéré des chenilles en file les unes derrière les autres, ou un nid de soie dans un arbre, et vous n'êtes pas certain qu'il s'agisse bien de la processionnaire du pin. La ressemblance avec d'autres chenilles urticantes ou grégaires entretient le doute, surtout si l'arbre concerné n'est pas un pin, un cèdre ou un sapin.
Ce doute n'est pas anodin. La processionnaire du pin passe l'hiver au stade chenille dans un nid en bourse de soie blanche, alors que ses sosies passent l'hiver au stade oeuf ou vivent sans nid visible. Se tromper d'espèce, c'est risquer de surveiller le mauvais arbre, au mauvais moment, ou de croire à un risque urticant qui ne correspond pas à ce que vous avez sous les yeux.
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Les critères qui tranchent, un par un
Chenille processionnaire du pinAvant de comparer, un rappel des traits propres à la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa). La chenille mesure 3 mm au premier stade, jaune vert, et près de 50 mm au dernier stade, alors roussâtre avec des soies latérales blanches. Le papillon, gris et au thorax velu, a une envergure de 30 à 50 mm et porte des antennes pectinées. C'est à partir de ces repères qu'on peut écarter les trois espèces les plus souvent confondues avec elle.
Processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea)
Le premier critère qui tranche est l'arbre attaqué. La processionnaire du pin s'installe sur toutes les espèces de pins, sur les cèdres et sur quelques sapins. La processionnaire du chêne ne s'attaque qu'aux chênes à feuilles caduques. Si les chenilles ou le nid se trouvent sur un chêne, il ne s'agit pas de la processionnaire du pin.
Le second critère est le calendrier. Une procession au sol observée en hiver ou au printemps, parfois à l'automne en climat océanique, correspond à la processionnaire du pin qui quitte son nid pour aller s'enterrer et se nymphoser. La processionnaire du chêne, elle, passe l'hiver au stade oeuf et non au stade chenille. La couleur diffère aussi : brun orangé pour la chenille du pin, gris argenté pour celle du chêne. Le nid confirme l'identification : une bourse de soie blanche fixée en bout de branche chez le pin, une plaque ou un sac plaqué contre le tronc ou les grosses branches chez le chêne.
Confondre les deux espèces change surtout la cible du traitement. Intervenir sur un pin alors que le nid est sur un chêne voisin ne traite rien, et inversement.
Processionnaire d'été (Thaumetopoea pinivora)
Cette espèce se distingue par son cycle biologique. Elle passe tout l'hiver au stade oeuf, les chenilles n'éclosent qu'au printemps et se nymphosent dès le début du mois de juillet. La processionnaire du pin, elle, a une évolution larvaire qui se déroule pendant l'hiver, avec des pontes qui éclosent en cours ou en fin d'été.
Conséquence directe sur le terrain : les chenilles de la processionnaire d'été vivent au printemps à l'air libre, sur les branches ou les aiguilles, sans nid d'hiver visible. L'absence de nid hivernal en bourse de soie blanche est donc un indice fort contre la processionnaire du pin. Cette espèce reste présente dans les pins d'altitude mais rare en France, ce qui rend la confusion peu fréquente en pratique. L'erreur, si elle survient, conduirait à chercher un nid d'hiver qui n'existe pas chez cette espèce, et donc à manquer la vraie fenêtre d'intervention, située au printemps sur les chenilles à l'air libre.
Bombyx disparate (Lymantria dispar)
Le comportement des chenilles est ici le critère le plus simple à observer. Les chenilles du bombyx disparate ne sont pas grégaires : elles ne se déplacent pas en file, contrairement à la processionnaire du pin. Elles peuvent aussi se laisser suspendre dans le vide par un fil de soie, un comportement que la processionnaire du pin n'a pas. Aux derniers stades, elles portent des paires de taches rouges et bleues sur le dessus du corps.
Les pontes permettent de trancher en dernier recours. Chez le bombyx disparate, elles sont recouvertes d'écailles et peuvent se trouver sur n'importe quel support : troncs, pierres, rochers, murs et murets. Chez la processionnaire du pin, les pontes forment un long manchon disposé autour des aiguilles, jamais sur un mur ou une pierre.
Prendre un bombyx disparate pour une processionnaire du pin conduit à s'inquiéter à tort d'un risque urticant lié aux soies de Thaumetopoea pityocampa, alors que la biologie et le calendrier de traitement de ces deux espèces n'ont rien à voir.
Efficace, inutile
DépartageCe qui marche
- Identifier l'arbre attaqué en premier : pin, cèdre ou sapin pour la processionnaire du pin, jamais un chêne à feuilles caduques.
- Repérer le nid : une bourse de soie blanche en bout de branche signe la processionnaire du pin, une plaque ou un sac plaqué sur le tronc signe la processionnaire du chêne.
- Noter la période d'observation : une procession au sol en hiver, au printemps ou à l'automne en climat océanique correspond à la processionnaire du pin.
- Vérifier la couleur au dernier stade : roussâtre avec des soies latérales blanches pour la processionnaire du pin, gris argenté pour la processionnaire du chêne.
- Observer le comportement des chenilles isolées : un déplacement en file signe la processionnaire du pin, un fil de soie suspendu et des taches rouges et bleues signent le bombyx disparate.
- Regarder l'emplacement des pontes : un manchon autour des aiguilles pour la processionnaire du pin, des écailles sur troncs, pierres ou murs pour le bombyx disparate.
Ce qui ne marche pas
- Se fier à la seule couleur des très jeunes chenilles, trop proche entre les espèces à ce stade (3 mm, jaune vert).
- Traiter un chêne pour processionnaire du pin sans avoir vérifié l'essence de l'arbre.
- Chercher un nid d'hiver chez la processionnaire d'été, une espèce qui vit à l'air libre au printemps sans nid visible.
- Manipuler une chenille suspendue à un fil de soie en pensant à une processionnaire du pin, ce comportement est celui du bombyx disparate.
- Confondre le stade oeuf hivernant de la processionnaire du chêne avec le stade chenille hivernant de la processionnaire du pin pour juger de l'urgence.
- Négliger l'emplacement des pontes, un manchon autour des aiguilles n'est pas la même espèce que des pontes recouvertes d'écailles sur un mur.
Sources. Agiir, fiche ravageur Processionnaire du pin, INRAE, Ephytia, portail d'information de l'INRAE, auteurs A.-S. Brinquin (INRAE), Ne pas confondre avec, processionnaire du chêne, consulté le 11 septembre 2026
