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Signes d'une infestation de chenille processionnaire du pin : ce qui se voit avant l'insecte

Vous saurez repérer les nids, la procession et les traces sur les aiguilles qui annoncent une infestation de processionnaire du pin, dans l'ordre où elles apparaissent au fil de l'année. Vous saurez aussi quel signe impose une action immédiate et lequel se contente d'une surveillance.

6Signes recensés
40 à 50 mmTaille chenille max
4 à 5 cmManchon de ponte
30 à 50 mmEnvergure papillon

Vous avez repéré quelque chose d'inhabituel sur un pin du jardin, d'un parc ou d'une allée : une masse blanche dans les branches, des chenilles alignées sur le sol, ou simplement des aiguilles qui brunissent sans raison apparente. Vous ne savez pas encore si c'est vraiment la processionnaire du pin, Thaumetopoea pityocampa, ou un autre problème sur l'arbre.

La chenille elle-même est difficile à observer isolément. Au premier stade, elle mesure à peine 3 mm et reste cachée dans les jeunes pousses. Elle atteint ensuite une longueur maximale située, selon les sources, entre 40 mm, valeur donnée par l'ARS Centre-Val de Loire et l'ANSES, et près de 50 mm, valeur donnée par le Département de la santé des forêts, au dernier stade, roussâtre avec des soies latérales blanches. C'est pour cela que les signes indirects, le nid, la procession, les dégâts sur les aiguilles, sont souvent ce qu'on remarque en premier.

Les signes ci-dessous se succèdent au fil du cycle annuel de l'insecte, du plus discret en été au plus visible et au plus dangereux en hiver et au printemps.

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Les signes, dans l'ordre où on les remarque

Chenille processionnaire du pin

Le manchon de ponte autour des aiguilles, en été

En été, le premier signe visible n'est pas la chenille mais l'endroit où le papillon a pondu. Le manchon de ponte forme un fourreau de 4 à 5 cm de long, enroulé autour de deux aiguilles de pin. Il est facile à confondre avec un simple renflement de l'écorce ou une déformation naturelle du feuillage. C'est pourtant le signe le plus précoce du cycle de la processionnaire du pin : il apparaît des mois avant le nid d'hiver et avant l'apparition des chenilles urticantes. Repérer et faire enlever un manchon de ponte à ce stade permet d'intervenir sur l'insecte sans aucun contact avec des chenilles ou des soies urticantes, puisqu'elles ne sont pas encore écloses.

Les aiguilles à l'aspect frisé brun paille, en automne

Dès l'automne, les jeunes chenilles commencent à se nourrir des aiguilles de pin. Le signe n'est pas un trou net mais un aspect particulier : des groupes d'aiguilles prennent une teinte brun paille et un aspect frisé, comme desséché. Ce grignotage partiel, dû aux tout premiers stades larvaires, est souvent le tout premier indice visible sur l'arbre lui-même, avant même que le nid d'hiver ne se forme. Il passe facilement inaperçu si l'arbre est grand ou si le feuillage est dense en hauteur. C'est un signe d'alerte, pas encore un signe d'urgence : il indique qu'une colonie s'installe, sans préjuger de son ampleur.

Les pré-nids soyeux abandonnés le long des rameaux

Toujours en automne, les jeunes chenilles s'abritent dans des pré-nids : de petits amas soyeux, moins denses et moins visibles que le nid d'hiver définitif. Elles les abandonnent au fur et à mesure de leurs déplacements sur les rameaux, à la recherche de nouvelles aiguilles à consommer. Voir plusieurs de ces pré-nids successifs le long d'une même branche signale une colonie active qui progresse vers son installation définitive. Ce signe reste discret et se confond facilement avec des toiles d'araignée ou des débris végétaux, surtout observé depuis le sol.

La défoliation du pin, jusqu'à la défoliation totale en hiver

Au fur et à mesure que la colonie grossit, les dégâts deviennent visibles à l'échelle de l'arbre entier : des branches, puis des houppiers se dégarnissent, jusqu'à une défoliation totale possible en hiver dans les cas les plus avancés. Ce signe ne dit rien à lui seul sur l'urticance de l'infestation, mais il indique sa gravité. Un pin fortement défolié ne meurt généralement pas de cette seule attaque, mais il est affaibli et devient plus sensible aux ennemis de faiblesse comme les scolytes ou le pissode. Une défoliation marquée justifie une inspection de l'arbre dans son ensemble, pas seulement la recherche d'un nid isolé.

Le nid d'hiver en bourse de soie blanche

C'est le signe le plus caractéristique et le plus facile à identifier : une bourse de soie blanche, dense, bien visible dans la partie de l'arbre la plus exposée au soleil. Les nids s'individualisent nettement à la fin de l'automne. Un nid, même abandonné ou vide, reste une source de soies urticantes : il ne perd pas sa dangerosité avec le temps et ne doit jamais être touché ni approché sans protection. Sa présence confirme sans ambiguïté une infestation de processionnaire du pin sur l'arbre concerné, et impose une intervention avant la période de procession.

La procession de chenilles au sol, en hiver ou au printemps

C'est le signe le plus alarmant et le moment le plus critique en termes d'exposition : les chenilles quittent l'arbre en file indienne, au sol, en hiver ou au printemps, pour aller s'enterrer et se transformer en chrysalide. Cette procession traverse pelouses, allées, terrasses et espaces de jeu, exactement les zones fréquentées par les habitants et les animaux domestiques. Voir une procession au sol signifie que l'infestation est à son stade le plus urticant et le plus mobile. C'est le signe qui impose d'agir immédiatement : écarter toute personne et tout animal, sans toucher ni écraser les chenilles.

Efficace, inutile

Départage

Ce qui marche

  • Repérer et faire enlever les manchons de ponte dès l'été, avant l'apparition des chenilles urticantes.
  • Surveiller l'aspect des aiguilles dès l'automne, frisées et brun paille, pour détecter une attaque précoce.
  • Observer les parties les plus ensoleillées de l'arbre à la fin de l'automne pour repérer un nid d'hiver dès sa formation.
  • Traiter tout nid repéré, même vide ou abandonné, comme une source de soies urticantes.
  • Faire inspecter un pin fortement défolié, plus sensible aux scolytes et au pissode.
  • Écarter immédiatement enfants et animaux dès qu'une procession est visible au sol.

Ce qui ne marche pas

  • Ne pas toucher ni manipuler un nid, même vide, ni une chenille isolée au sol.
  • Ne pas brûler un nid ou des chenilles en procession, cela disperse les soies urticantes.
  • Ne pas laisser un enfant ou un animal s'approcher d'une procession au sol.
  • Ne pas attendre l'apparition du nid d'hiver pour agir si un manchon de ponte est déjà visible en été.
  • Ne pas confondre une simple défoliation avec la disparition du problème, l'arbre reste affaibli et exposé.
  • Ne pas tenter d'enlever seul un nid situé en hauteur sans protection adaptée.

Sources. Fiche Forêts, Processionnaire du pin, Thaumetopoea pityocampa, biologie, symptômes et diagnostic, dégâts, Département de la santé des forêts (DSF), ministère chargé de l'agriculture, publiée sur le portail Ephytia de l'INRAE, rubrique symptômes et diagnostic, consulté le 11 septembre 2026 La processionnaire du pin, page de l'Unité expérimentale entomologie et forêt méditerranéenne (UEFM), rédaction A.-S. Brinquin, INRAE, centre Provence-Alpes-Côte d'Azur, La période de procession de nymphose est la plus critique en termes d'exposition, consulté le 11 septembre 2026

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