Où se cachent les chenilles processionnaires du pin dans un logement
Vous saurez repérer les essences les plus exposées, l'endroit exact du nid sur l'arbre et les zones de jardin les plus à risque. Vous saurez aussi pourquoi certains sites, comme les arbres isolés en lisière sud, sont bien plus concernés que le cœur d'un boisement dense.
Vous avez repéré des chenilles en file sur une allée, ou un nid en forme de boule de soie dans un arbre du jardin, et vous cherchez maintenant où elles se trouvent exactement. La chenille processionnaire du pin, Thaumetopoea pityocampa, ne vit ni dans les murs, ni dans les combles, ni dans aucune pièce du logement : elle passe tout son cycle larvaire sur un arbre.
Le bon réflexe n'est donc pas d'inspecter l'intérieur de la maison, mais les résineux qui l'entourent : le jardin, la haie, les arbres d'alignement de la rue. Certains de ces arbres sont des hôtes fréquents, d'autres ne le sont qu'à l'occasion, et leur emplacement exact sur la parcelle change beaucoup la probabilité d'y trouver un nid.
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Les endroits à inspecter, du plus probable au plus rare
Chenille processionnaire du pinLes pins, l'hôte le plus fréquent
La chenille processionnaire du pin colonise toutes les essences de pins présentes en France : le pin noir d'Autriche, le pin laricio, le pin sylvestre, le pin d'Alep et le pin maritime. C'est sur ces arbres que la probabilité de trouver un foyer est la plus élevée, quel que soit le secteur. La chenille se nourrit la nuit directement sur les aiguilles : c'est donc ce niveau du feuillage qu'il faut inspecter en premier, plutôt que le tronc ou le sol.
Les cèdres, un hôte tout aussi habituel
Le cèdre figure au même rang que les pins parmi les hôtes habituels de l'espèce, en particulier le cèdre de l'Atlas, souvent planté comme arbre d'ornement dans les jardins, les parcs et le long des allées. Un cèdre isolé près d'une habitation mérite donc exactement la même attention qu'un pin, et ne doit pas être écarté de la recherche.
Le nid de soie, le repère le plus visible
Les chenilles sont grégaires et se déplacent en procession, d'où leur nom. En automne, elles tissent un nid d'hiver en soie qui accumule la chaleur nécessaire à leur développement. Ce nid se forme sur la partie de l'arbre la plus exposée au soleil, et généralement en hauteur, jamais dans les parties basses ou ombragées. C'est le signe le plus facile à repérer depuis le sol, à la jumelle si l'arbre est haut, en levant les yeux vers la cime plutôt qu'en cherchant au ras du tronc.
Les emplacements qui favorisent un foyer
Tous les pins et cèdres ne présentent pas le même risque. Les foyers apparaissent plus volontiers dans les peuplements ouverts, sur les lisières exposées au sud, dans les clairières au sein de peuplements par ailleurs fermés, et sur les arbres isolés situés en crête. Ce sont des emplacements qui reçoivent plus de soleil, ce qui correspond au besoin de chaleur du nid d'hiver. À l'inverse, le cœur d'un boisement dense et fermé, moins exposé, est un emplacement nettement moins probable.
Les hôtes plus rares
Si aucun pin ni cèdre n'est présent à proximité, il faut élargir la recherche à des essences occasionnellement concernées : le Douglas, le cyprès de Lambert, et de façon plus occasionnelle le sapin. Un nid a également déjà été observé sur mélèze, où il peut rester visible jusqu'au début de l'hiver. Ces hôtes restent secondaires : ils ne sont concernés qu'en l'absence de pin ou de cèdre dans le voisinage immédiat.
Une présence qui dépend de la région et qui progresse
L'espèce est originaire du pourtour méditerranéen. Elle est aujourd'hui présente sur une très large partie du territoire français, essentiellement dans le Sud, le Centre et l'Ouest, de la Bretagne jusqu'au sud du Jura, et elle s'étend vers le nord jusqu'au sud de Paris. Depuis les années 1960, son aire de répartition progresse vers le nord et l'ouest, avec un front de colonisation qui avance en moyenne de 5,6 kilomètres par an. Cette extension est liée au réchauffement climatique, mais aussi à des pratiques ornementales, comme l'implantation de grands pins issus de zones déjà colonisées, un phénomène déjà observé à Obernai, en Alsace.
La chenille processionnaire du pin est d'ailleurs retenue depuis 2006 par l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique comme espèce bioindicatrice, et elle a été citée par le GIEC dans son quatrième rapport en 2007. Autrement dit, si un secteur semble aujourd'hui épargné, ce n'est pas une garantie durable : la recherche doit rester ouverte sur les arbres du voisinage, même dans des zones jusque là peu concernées.
Efficace, inutile
DépartageCe qui marche
- Inspecter en priorité les pins du jardin, de la haie ou des arbres d'alignement : pin noir d'Autriche, pin laricio, pin sylvestre, pin d'Alep, pin maritime.
- Vérifier aussi les cèdres, notamment le cèdre de l'Atlas, hôte aussi habituel que les pins.
- Chercher le nid de soie en hauteur, sur la face la plus ensoleillée de l'arbre, à partir de l'automne.
- Regarder les aiguilles elles-mêmes, c'est là que les chenilles se nourrissent la nuit.
- Élargir la recherche au Douglas, au cyprès de Lambert, au sapin et au mélèze si aucun pin ni cèdre n'est présent à proximité.
- Accorder plus d'attention aux arbres isolés, aux lisières sud et aux clairières qu'au cœur d'un boisement dense.
Ce qui ne marche pas
- Se concentrer sur l'intérieur du logement : les murs, les combles ou les pièces ne sont pas des refuges pour cette espèce.
- Limiter l'inspection au cœur d'un boisement dense et fermé, où les foyers sont moins fréquents que sur les lisières et les arbres isolés.
- Écarter les cèdres de la recherche sous prétexte que seuls les pins seraient concernés, alors que les deux sont des hôtes habituels.
- Chercher le nid côté nord ou à l'ombre : il se forme sur la partie de l'arbre la plus exposée au soleil.
- Considérer qu'une région est définitivement à l'abri : l'aire de présence de l'espèce progresse vers le nord et l'ouest depuis les années 1960.
Sources. Fiche Forêts, Processionnaire du pin, Thaumetopoea pityocampa, biologie, symptômes et diagnostic, dégâts, Département de la santé des forêts (DSF), ministère chargé de l'agriculture, publiée sur le portail Ephytia de l'INRAE, position systématique, hôtes, biologie et facteurs de sensibilité, consulté le 11 septembre 2026
