Chenille processionnaire du pin : à quelle période de l'année elle est active
Ce calendrier détaille, mois par mois, les périodes où la chenille processionnaire du pin expose le plus les personnes et les animaux, à partir des données des centres antipoison et des agences sanitaires françaises. Il explique aussi pourquoi ce risque retombe à zéro l'été sans jamais disparaître totalement du paysage.
Un vent de panique traverse souvent les propriétaires de pins ou de cèdres à l'approche de l'hiver, au moment où un nid soyeux apparaît en hauteur dans le feuillage. Ce nid n'est pas anodin : il abrite les chenilles pendant leur période la plus active de l'année, celle où le risque d'urtication pour les personnes et les animaux est le plus élevé.
D'autres lecteurs se demandent, à l'inverse, pourquoi un pin infesté au printemps semble redevenu inoffensif en plein été. La chenille processionnaire du pin ne suit pas un rythme constant toute l'année : son activité dépend directement de son cycle de développement et de la présence des chenilles dans l'arbre.
Connaître ce calendrier permet d'anticiper les périodes où la vigilance doit être maximale, autour des arbres hôtes, dans les jardins, les cours d'école ou les zones de promenade avec des animaux.
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Le calendrier d'activité, mois par mois
Chenille processionnaire du pinNovembre à mars, la période de risque maximal
Les chenilles processionnaires du pin entrent dans leur période la plus active entre novembre et mars. L'agence régionale de santé Centre-Val de Loire situe précisément cette fenêtre : les chenilles sont urticantes et allergisantes de novembre à mars. L'ANSES élargit légèrement cette période en indiquant qu'on les croise majoritairement entre janvier et mai, avec une présence supplémentaire entre octobre et décembre dans les régions océaniques.
À l'intérieur de cette fenêtre, un mois se détache nettement : mars. Les Centres antipoison, dans leur base SICAP analysée par l'ANSES sur la période du 1er janvier 2012 au 31 juillet 2019, enregistraient en moyenne 30 dossiers d'exposition symptomatique à la processionnaire du pin en mars. Ce mois concentre à lui seul une part importante d'une saisonnalité marquée : 85 % des dossiers recensés sur l'ensemble de l'année surviennent entre janvier et avril.
Pourquoi l'activité grimpe en hiver
Cette montée en puissance hivernale suit le rythme du nid d'hiver. En automne, les chenilles tissent un nid de soie sur la partie la plus ensoleillée de l'arbre, généralement en hauteur. Ce nid accumule la chaleur nécessaire à leur développement pendant les mois froids. À l'intérieur, les chenilles restent grégaires et se déplacent en procession ; elles sortent la nuit pour se nourrir des aiguilles de leur arbre hôte, qu'il s'agisse d'un pin noir d'Autriche, d'un pin laricio, d'un pin sylvestre, d'un pin d'Alep, d'un pin maritime ou d'un cèdre de l'Atlas.
C'est aussi durant cette période que la chenille grandit le plus, passant d'à peine 3 mm au premier stade larvaire à près de 5 cm au dernier stade, où elle devient roussâtre avec des soies latérales blanches, celles qui provoquent les réactions urticantes et allergisantes. Cette croissance et cette activité nocturne intense expliquent pourquoi le risque de contact, direct ou par les poils dispersés dans l'air, atteint son maximum en plein hiver et au tout début du printemps.
Avril et mai, une décroissance progressive
Le risque ne s'arrête pas net après le pic de mars. Il redescend progressivement en avril, puis en mai, tout en restant dans la fenêtre large signalée par l'ANSES, qui court jusqu'en mai. C'est la fin de la période où les chenilles quittent leur nid et où les expositions restent possibles, avant que l'activité ne s'éteigne pour l'été.
Juin à septembre, un creux qui ne veut pas dire absence de danger
Entre juin et septembre, aucune période de risque documenté n'apparaît dans les données sanitaires disponibles. Cette accalmie correspond à l'absence de chenilles actives dans les nids à cette période de l'année. Elle ne signifie pas pour autant qu'un jardin ou un pin est sans risque : un nid d'été reste urticant, et les poils urticants restent actifs longtemps après avoir été libérés dans l'environnement, indépendamment du calendrier d'activité des chenilles elles-mêmes.
Octobre à décembre, la reprise, plus précoce sur le littoral
La fin de l'année marque le retour de l'activité, avec la construction des nouveaux nids d'hiver. L'ANSES signale que, dans les régions océaniques, les chenilles processionnaires du pin sont déjà présentes entre octobre et décembre, en plus de la fenêtre janvier à mai valable pour le reste du territoire. Cette avance côtière colle au calendrier de tissage du nid d'hiver, qui démarre en automne dès que les conditions le permettent.
Les peuplements les plus exposés à cette reprise sont les peuplements ouverts, les lisières orientées au sud, les clairières situées dans des massifs plus fermés et les arbres isolés en crête, des emplacements identifiés comme plus sensibles par le Département de la santé des forêts.
Efficace, inutile
DépartageCe qui marche
- Surveiller les pins et cèdres, notamment le pin noir d'Autriche, le pin laricio, le pin sylvestre, le pin d'Alep, le pin maritime et le cèdre de l'Atlas, dès l'automne, quand le nid d'hiver commence à se tisser sur les parties les plus ensoleillées de l'arbre.
- Redoubler de prudence de novembre à mars, période où l'ARS Centre-Val de Loire signale les chenilles comme urticantes et allergisantes, avec un pic en mars selon les Centres antipoison.
- Éviter tout contact avec un nid même en été : un nid d'été reste urticant même si l'intensité documentée retombe à zéro entre juin et septembre.
- Rester attentif dans les régions océaniques dès octobre, où l'ANSES signale une reprise de l'exposition entre octobre et décembre.
- Inspecter en priorité les peuplements ouverts, les lisières sud, les clairières et les arbres isolés en crête, plus sensibles selon le Département de la santé des forêts.
- Garder les animaux à distance des arbres hôtes pendant toute la période de novembre à mai, quand 85 % des dossiers d'exposition sont enregistrés selon les Centres antipoison.
Ce qui ne marche pas
- Ne pas attendre le pic de mars pour agir : le nid se tisse dès l'automne et le risque commence déjà à monter en novembre.
- Ne pas toucher ou faire tomber soi-même un nid, quelle que soit la saison, y compris en plein creux estival.
- Ne pas conclure qu'un jardin est sûr en été simplement parce que l'intensité documentée tombe à zéro entre juin et septembre.
- Ne pas se fier uniquement au calendrier valable pour l'ensemble du pays : les régions océaniques connaissent une reprise dès octobre, plus tôt qu'ailleurs.
- Ne pas négliger les cèdres au profit des seuls pins : le cèdre de l'Atlas est un hôte habituel au même titre que les pins.
- Ne pas s'approcher sans vigilance des arbres en lisière sud ou en crête pendant la période à risque, ces emplacements étant identifiés comme plus sensibles.
